Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 13:45

AxiomatiqueAxiomatique, de Greg Egan

Le Livre de Poche, octobre 2009, 496 pages, 7,50 €

 

Synopsis
Est-il possible de reproduire dans la réalité des tableaux fantastiques célèbres en créant des chimères ? Une drogue permet-elle de rejoindre et de joindre tous les possibles ? Le temps qu'onlui reconstruise un corps, un homme peut-il confier au ventre de sa femme le soin d'accueillir son cerveau ? Autant de questions, avec bien d’autres, que Greg Egan soulève dans dix-huit nouvelles.

 

Mon avis

Voilà un livre qui commençait à se faire vieux dans ma PAL ! En effet, je l'ai depuis mon inscription au challenge de l'imaginaire des 5 continents que je vais enfin pouvoir boucler !

Pour la petite histoire, il faut savoir qu'en cherchant un auteur australien, j'ai confondu Greg Bear (US) et Greg Egan (AUS), tous deux auteurs de SF costaude ! Une fois l'erreur résolue, j'ai eu envie de découvrir ce qu'est capable d'écrire un diplômé en maths (parce que même si j'aime pas ça, je veux voir).

 

J'ai aimé / J'ai adoré

- me replonger dans un univers de Hard Science (oui ça faisait vraiment longtemps que ça ne m'était pas arrivé) et le suivre. En effet, même si ce sont des nouvelles, on retrouve plusieurs fois les mêmes points comme le Seuil ou le Cristal et du coup on a des nouvelles avec des points de vue « différents » sur la chose.

- être perdue dans les méandres des explications quantiques (au final ce n'est pas plus mal que je ne comprenne rien), même si des fois ça rend ardu la lecture.

- la longueur des nouvelles : suffisamment longue pour en dire beaucoup mais pas trop et nous faire chuter pile quand il le faut.

- la présence de sentiments tout en profondeur (réflexion sur le moi, le nous, le…) au milieu d'un univers parfois étrange qui pourrait peut-être exister.

 

Je n'ai pas aimé / J'ai détesté

- la 1ère nouvelle. J'ai rien compris ou presque rien… Je me suis à moitié endormie dessus (2x) et pour commencer un recueil de nouvelles c'est pas super encourageant… D'ailleurs j'ai remarqué que je n'aime pas souvent la 1ère nouvelle d'un recueil d'un même auteur.

 

Je regrette

- de ne pas avoir pris de quoi noter pour faire une chronique plus détaillée (parce que partir en vacances avec des livres et sans rien pour noter c'est pas malin de ma part !).

 

En conclusion

Un recueil prenant avec des nouvelles parfois compliquées mais toujours suffisamment intrigantes pour passer outre la difficulté des explications quantiques et tout le tintouin.

 

Cette Lecture entre dans le cadre du Challenge SFFF (6/10) et du défi Littérature de l'Imaginaire sur les 5 continents (5/5 -> fini enfin).

 

Cette chronique de lecture est originellement parue le 30 août dans Bulle de livre, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Snow.

 


Repost 0
Published by Snow - dans Océanie
commenter cet article
11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 17:27

VoleuseOmbre.jpgLa voleuse sans ombre, d'Emily Gee
Bragelonne, 2009, 403 pages, ISBN 978-2-35294-264-1
Genre : Romantic Fantasy

L'auteur
Emily Gee est née en Nouvelle-Zélande, d'une mère bibliothécaire et d'un père romancier.
Elle fit des études de Sciences et voyagea pendant plusieurs années (Chine, Moyen-Orient, Scandinavie...) avant de se lancer dans l'écriture de son premier roman.
(source : Google / pour en savoir plus site de l'auteur en anglais)

L'histoire
Grâce à la magie qui coule dans ses veines, la jeune Melke sait se rendre invisible.
Un don partagé par son frère Hantje et qui ferait d'eux des voleurs hors pair, s'ils n'avaient renoncé à cet héritage et refusé de devenir de véritables « spectres » s'enrichissant grâce à des larcins faciles.
Pourtant, un matin, Hantje a franchi l'interdit. Tandis qu'il dérobait les trésors des salamandres, cruelles créatures avides d'or et de pierreries, il s'est fait capturer. En échange de la liberté de son frère, Melke doit à son tour enfreindre sa promesse et voler pour le compte des salamandres un collier détenu par les descendants d'une famille autrefois fière et puissante. Mais ce faisant, elle déchaîne sur eux une horrible malédiction.
Un insupportable dilemme commence alors pour Melke, tiraillée entre la vie de son frère et celle des gens qu'elle doit condamner pour le sauver...
(source : 4ème de couverture)

Mon avis
Bon, disons-le tout net, ce roman m'a laissée un brin perplexe...
Certes, il est agréable à lire avec un style d'écriture fluide. L'histoire est prenante même s'il n'y a pas énormément d'action et les personnages sont attachants. En fait, je l'ai lu en une journée...
Ce qui m'a un peu désorientée, c'est le « genre » de ce roman...
Je m'explique.
Au premier abord, on peut affirmer que l'on se trouve bien devant un roman de Fantasy.
Pour preuve, on y trouve de la magie, ici exprimée par les dons que peuvent avoir les humains (celui de guérir, de communiquer avec les animaux, de se rendre invisible...), qui fait partie de la vie quotidienne – même si en fait, seuls les personnages principaux on l'air d'en être doués. Tout le long du roman, je n'ai trouvé personne d'autre qui en présente le moindre signe – à par la malédiction pesant sur la famille Val Sere.
On y trouve aussi un bestiaire fantastique composé de 4 types (les Lamies, les Psaarons, les Griffons et les Salamandres) associés aux 4 éléments naturels (Terre, Eau, Air et Feu). Par contre, on ne sait trop quels rapports exacts ils entretiennent avec les humains à part ceux de les faire souffrir...
En fait, c'est justement ce qui change par rapport aux romans Fantasy que j'ai pu lire auparavant...
Ici, pas de carte, pas de représentation géographique précise de ce monde – tout juste sait-on qu'on se trouve dans la région de Bresse, territoire apparemment plutôt rural situé près de la mer, et que Melke et Hantje viennent de loin, d'une région appelée Stenrik, terre froide et rocailleuse.
De même, pas de description détaillée des sociétés qui le peuplent, de leurs croyances, de leurs dieux et de leur culture en général – on apprend seulement qu'à Stenrik, ils brûlent les « Spectres » (ceux qui ont le don d'invisibilité) alors que les « Bressois (?) » sont plus tolérants même s'ils trouvent cette magie méprisable.
En fait, en lisant ce livre, j'ai eu l'impression de regarder une photographie, un instantané où l'on voit relativement bien un lieu que l'on devine appartenir à un monde plus vaste mais sans avoir la possibilité d'en apprendre plus...
Mais en réalité, ce que j'ai ressenti au terme de ma lecture, c'est qu'avant d'être un roman de Fantasy, La voleuse sans ombre est surtout un roman d'amour – ceci sans aucun jugement péjoratif, la « Romance » étant un genre littéraire à part entière, très populaire quoique très peu respecté – où les « codes » de la Fantasy ne sont là que pour « encadrer » cette histoire qui aurait pu se passer n'importe où...
En effet, ici se sont les protagonistes principaux, leurs sentiments, leur psychologie qui sont mis en avant.
Bastian et Melke.
Il la déteste et la méprise les 2/3 du roman mais il apprend peu à peu à la connaître, notamment grâce à son chien Endal avec qui il peut communiquer et qui sait reconnaître les émotions humaines. Après qu'elle eu accepté de se sacrifier pour que soit levée la malédiction, celui-ci subit aussi mille tourments pour la sauver.
À la fin, il reconnaît qu'il éprouve une véritable affection pour elle, qui est bien sûr réciproque...
Liana (sœur de Bastian) et Hantje.
Elle l'a soigné sans le juger et grâce à son don qui lui permet de lire dans les cœurs, a apprit à l'aimer et le fait qu'il accepte de subir la torture du Psaaron à sa place n'a fait que renforcer ses sentiments...
Bien sûr, il ne se trouve pas digne d'elle, la repousse avant d'accepter son amour avec la bénédiction de Bastian.
On peut quand même être un peu déstabilisé par le hiatus entre les scènes de questionnements amoureux des protagonistes qui ont plutôt un style « fleur bleue » et les scènes des épreuves qu'ils doivent traverser qui sont un tantinet plus « hard » (viols, tortures...).
En conclusion, je dirais que pour un premier roman c'est plutôt une bonne surprise même si le genre « romantique » n'est pas mon préféré. Voici une histoire pleine de fraîcheur, de bons sentiments et résolument optimiste. On peut espérer que la partie « Fantasy » se développe au fur et à mesure de ses prochains livres...
E. Gee en a apparemment écrit deux autres mais je ne sais pas s'ils ont été traduits en français.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 4 février 2011 dans Le petit monde de LucilleA, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de LucilleAnne.

Repost 0
Published by LucilleAnne - dans Océanie
commenter cet article
3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 13:21

ProphetieLur1.jpgLa prophétie du royaume de Lur, de Karen Miller
Fleuve noir, collection Fantasy
Tome 1 : Le mage du prince, octobre 2008, 545 pages
Tome 2 : Le retour du sorcier, mars 2009, 593 pages

Quatrième de couverture
Au royaume de Lur, une immense barrière magique protège les habitants des ravages du sorcier Morg depuis six cents ans. Les Doranens gouvernent le royaume grâce à la magie, tandis que les Olkens ont interdiction de l'utiliser... sous peine de mort. Le jeune Asher a quitté sa famille de pêcheurs pour faire fortune à Dorana, la capitale. Très vite, il devient l'assistant du prince Gar et apprend la vie de château. Ses origines modestes et sa gouaille lui valent l'inimitié de bon nombre de nobles à la cour. Heureusement dans l'ombre, ses amis veillent sur lui. Ils font partie d'une confrérie secrète qui attend l'avènement d'un mage innocent qui sauvera Lur des Derniers Jours. Mais Asher a déjà bien du mal à éviter les pièges que lui tend, jour après jour, l'entourage de la famille royale...

Biographie de l'auteur
Karen Miller est née au Canada mais vit à Sydney, en Australie, depuis son enfance. Diplômée en littérature, elle a exercé toutes sortes de métiers avant d'ouvrir sa propre librairie spécialisée en polar, fantasy et science-fiction. Quand elle n'écrit pas, elle gère une troupe de théâtre dans laquelle elle joue et met en scène. Elle est également journaliste pour diverses publications spécialisées en équitation. Le Mage du Prince, son premier roman, a été propulsé en tête des ventes aux Etat-Unis et en Angleterre dès sa sortie.

ProphetieLur2.jpgMon avis
Je fais un seul billet pour les deux tomes, je n'ai pas envie de perdre mon temps pour ces deux livres que je n'ai pas appréciés du tout !
Le premier tome était moyen mais bon, je me suis dis que l'auteur mettait les choses en places, seules les 100 dernières pages sont un peu captivantes ! Pour le reste, c'est le train train quotidien d'un prince, d'un pêcheur devenu son assistant et de la cour.
J'avais un minimum d'espoir qu'avec le tome 2, je serais plongée au plus profond de la fantasy avec des personnages et un monde extraordinaire de noirceur, bref je pensais qu'il se passerait plein de choses et que le livre se déroulerait derrière le mur... Hélas, non !!!! Nous restons au même endroit avec les mêmes personnages alors qu'il y a tout un monde horrible à explorer derrière le mur, alors que cela aurait été tellement génial si l'auteur nous avait dit dès le début ce qui c'était passé avant le mur.
La manière dont cette histoire a été racontée m'a fortement déplu, je n'ai pas aimé du tout, je me suis profondément ennuyée.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 27 août dans Le boudoir des livres, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Sylvie.

Repost 0
Published by Sylvie - dans Océanie
commenter cet article
11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 00:06

SoeurCygnes1.jpgComme tu as pu le constater, Cher Lecteur Improbable, ce blog tourne un peu au ralenti... Et oui, c'est l'été et comme tout le monde, je suis atteinte d'une flémmardite aiguë...

Mais, « tout vient à point à qui sait attendre », voilà donc pour toi en exclusivité une p'tite note de lecture, toujours pour le défi Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents.

Sœur des Cygnes, de Juliet Marillier
L'Atalante, 2009
Tome 1 : 350 pages, ISBN 978-2-84172-476-5
Tome 2 : 381 pages, ISBN 978-2-84172-477-2

Fantasy féérique

L'auteur
Juliet Marillier est née le 27 juillet 1948 à Dunedin, en Nouvelle-Zélande.
Sa famille est originaire d'Écosse et d'Irlande.
Elle fit des études de musique avant de devenir professeur et enseigner en Nouvelle-Zélande et en Australie.
Elle a aussi une formation de chanteuse d'opéra et en direction de chorale.
Elle a rejoint le service public d'Australie en 1989 et y a travaillé pendant treize ans.
Son premier roman Daughter of the Forest (titre original de Sœur des Cygnes que je trouve d'ailleurs bien plus approprié) a été achevé alors qu'elle travaillait encore pour la fonction publique, et a été publié en 1999 par Pan Macmillan Australie.
Elle a ensuite abandonné son emploi pour devenir écrivain à plein temps en 2003.
Elle fut mariée à Glyn Marillier, un universitaire et un musicien.
Elle a quatre enfants adultes et quatre petits-enfants.
Elle vit aujourd’hui en Australie occidentale, où elle partage sa maison avec trois chiens et un chat.
(Source : résumé et traduction – à peu près correcte j'espère – d'après le site officiel de l'auteur, ici)

SoeurCygnes2.jpgL'histoire
La base de l'histoire est en fait une réécriture d'un conte de Grimm ou d'Andersen, au choix (clic-clic pour relire les contes originaux).
Au Domaine de Septenaigue, au cœur de la forêt, vivait une fratrie de sept enfants dont Sorcha, la benjamine, était la seule fille. Leur mère était morte, leur père toujours en campagne militaire contre les Britons. Mais un jour il décida de se remarier...
Ainsi commence l'aventure de Sorcha. De l'Irlande aux côtes britanniques, une longue et douloureuse épreuve l'attend pour sauver ses frères d'une cruelle malédiction.
(source : 4e de couverture)

Mon avis
Mythes et fées, héroïne pleine de courage et héros au grand cœur, aventures initiatiques, drames et joies, romantisme sans mièvrerie.
Tout dans ce roman m'a plu !
Mais, attention, on est loin d'un 'conte à la Disney' !
Les épreuves que traversent Sorcha sont très dures – la scène de viol m'a particulièrement perturbée – et les 'méchants' le sont réellement même si on découvre aussi que tout n'est pas 'tout blanc' ou 'tout noir' et qu'il y a toujours deux faces à une même pièce.
Les deux tomes sont bien sûr à lire d'une traite. De toute façon, il n'y a que dans l'édition française que c'est le cas puisqu'à l'origine, le livre n'est qu'un seul et même volume...
Chaque personnage est précisément décrit, avec ses forces et ses faiblesses qui influenceront donc le cours de l’histoire.
Le décor comme l'ambiance celtique et 'guerrière' dans lesquels évoluent les sept enfants sont aussi extrêmement bien rendus.
Le style est fluide et facile à lire.
Bref, très bon roman à découvrir.

Seul point noir : mes recherches sur le Web m'ont appris que ce(s) livre(s) est en fait le premier tome de la série Sevenwaters Forest qui en comprend quatre (donc 8 pour la France qui s'obstine toujours à diviser les volumes, allez savoir pourquoi !).
Que le tome 2 (enfin les tomes 3 et 4, vous m'suivez ?!) est sorti cette année et comme je suis une parfaite quiche en anglais (Ah !!! que je regrette mon jmenfoutisme en cours d'anglais, honte à moi) et donc incapable de lire la version originale, je devrai attendre 2012 pour connaître la fin de cette saga !! (Oui, tu peux pleurer avec moi !).
Allez ! S'pas grave !!
Je vais de ce pas me consoler en commençant un autre bouquin.
À bientôt.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 4 août dans Lucille a dit, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de LucilleAnne.

[Lien vers le nouveau blog de LucilleAnne]

Repost 0
Published by LucilleAnne - dans Océanie
commenter cet article
26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 23:52

Otori1-copie-1.jpgTales of the Otori - Book 1 : Across the nightingale floor
Le clan des Otori - Tome 1 : Le silence du rossignol

Lian Hearn est le pseudonyme d'un auteur féminin pour la jeunesse, célèbre en Australie où elle vit avec son mari et leurs trois enfants. Elle est diplômée en littérature de l'université d'Oxford et a travaillé comme critique de cinéma et éditeur d'Art à Londres avant de s'installer en Australie. Son intérêt de toujours pour le Japon l'a conduite à en apprendre la langue, à en découvrir l'histoire et la poésie et à y effectuer de nombreux voyages. C'est au cours de l'un de ses voyages que lui sont apparus de façon saisissante les personnages du Clan des Otori.

Très très agréable surprise que ce premier tome d'une série, au départ une trilogie qui a évolué en pentalogie.

Je m'attendais à un récit pour gamins vu que je l'avais vu catégorisé jeunesse, et j'étais surprise de l'histoire qui a du fond, de l'ampleur, du corps, qui présente une intrigue solide tournant autour de la rivalité entre clans dans un Japon médiéval imaginaire, avec une petite pointe de surnaturel qui trouve tout à fait sa place dans cette histoire, de façon assez réaliste, malgré mes craintes de départ.

Le style est d'une grande fluidité, c'est un roman vraiment très agréable à lire. L'intrigue se tient bien, il y a assez de palpitant, de rebondissements, d'événements pour éveiller l'intérêt du lecteur, l'auteur ne s'appesantit pas sur des détails mais les informations sont suffisantes, les événements aussi. Le rythme du récit m'a vraiment plu, tout m'a semblé si bien dosé, ni trop ni pas assez de tous ces ingrédients qui font une chouette histoire !

Je déplorerai juste la romance un peu mièvre entre Takeo et Kaede, la cuillerée de sucre en trop dans un dessert qui aurait pu être parfait, sinon tout m'a tenue en haleine, sans non plus que j'halète derrière, mais le récit était assez prenant pour que je tourne les pages.

Otori1English.jpgJ'ai adoré le dénouement, pas aussi simpliste que je m'attendais, ainsi que l'idée d'une Tribu avec cette histoire de 'Kikuta', et dans l'ensemble, je trouvai même que ce n'était pas si jeunesse que ça dans certains propos et thèmes abordés en cours d'intrigue (ou alors jeunesse à partir de l'adolescence) (ou alors je me fais vieille, pour ne plus savoir apprécier ce qui peut être sympa pour les plus jeunes... ).

J'aurais vraiment embrayé sur les tomes suivants de suite si ce n'est que je crains d'avoir à suivre la continuité de l'histoire un peu trop romanesque entre Takeo et Kaede, et que ce tome se suffit à lui-même si l'on veut bien compléter par l'imagination ce qui aurait pu suivre. Par ailleurs, ATTENTION SPOILER mes personnages préférés ont disparu (quel choc ! ), j'aurais à la limité préféré que l'histoire se poursuive avec eux, mais bon, je continuerai quand même à l'occasion car je garderai un très bon souvenir du style narratif de l'auteur et ça m'intéresse quand même de savoir ce qu'il advient de Takeo au sein de la Tribu.

À noter qu'une adaptation de ce livre à l'écran est en préparation et je suis assez curieuse du résultat !  

Cette chronique de lecture est originellement parue le 20 juillet dans Lecture sans frontières, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'A Girl from Earth.

Repost 0
Published by A Girl from Earth - dans Océanie
commenter cet article
5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 12:22

AxiomatiqueAxiomatique, de Greg Egan
Le Livre de Poche, octobre 2009, 496 pages, 7,50 €

 

Lorsque Lelf m'a proposé cette lecture commune, je n'étais pas très chaude... Le livre ne me tentait pas vraiment.
Mais comme c'était Lelf, que je connaissais un peu de Livraddict et que j'aimais bien son blog et ses lectures, je me suis lancée dans l'aventure.
Aujourd'hui, je ne peux que remercier Lelf d'avoir eu cette bonne idée.

Une fois n'est pas coutûme, je ne mettrai pas de résumé de l'histoire car, il faut être honnête, le quatrième de couverture ne rend pas du tout justice à l'histoire, il donne même envie de ne pas se lancer !!
Cette œuvre est composée de 18 nouvelles que je vais résumer et critiquer une à une.

Nouvelle 1 : L'assassin infini = Excellent
Une drogue agit sur la réalité et la brouille provoquant un vortex qui induit des univers parallèles... Un homme essaie de rétablir les choses.
On commence sur les chapeaux de roue avec cette nouvelle qui, vraiment, mériterait un livre complet tellement elle est intéressante.
Quand on voit débarquer le héros, on a l'impression de se retrouver, un peu, dans Matrix.
Cet homme est un peu comme un cowboy solitaire. L'ambiance est par moment sombre et dangereuse. L'écriture est fluide, on est le héros. On ne peut lâcher le bouquin avant la fin. Bref, 34 pages d'intense émotion.

Nouvelle 2 : Lumière des événements = Bien
Grace à un astronome renommé, et à la théorie des galaxies à temporalité inversée, le futur est déjà écrit...
J'ai beaucoup aimé cette nouvelle, même si au début, je ne comprenais pas pourquoi le héros savait exactement à quel moment il rencontrerait sa futur femme. Le problème qui se pose alors, c'est de savoir si finalement, il est bien d'avoir un futur déjà écrit (on peut quand même éviter des guerres !) et également si on a été honnête dans ces écrits... 26 pages à méditer.

Nouvelle 3 : Eugène = Très bien
Grâce à la génétique, un couple peut non seulement avoir un enfant mais aussi choisir quel enfant.
« De quel enfant peut-on attendre qu'il évite, qu'il répare - qu'il transcende totalement - les erreurs de ses parents ? ».
Dans cette nouvelle-là, Greg Egan montre les dérives de l'eugénisme, avec un couple qu'on apprécie, simple, heureux et généreux... 26 pages à se demander quel choix nous ferions nous-mêmes.

Nouvelle 4 : La caresse = Pas trop mal
Un meurtre. Une créature hybride découverte, des expériences sur des êtres humains et des animaux. Le génie d'un homme peut-il engendrer toutes ces horreurs pour son simple plaisir ?
C'est sans doute une des nouvelles avec laquelle j'ai le moins accroché.
Pas parce qu'elle est mauvaise, mais parce elle ne fait que survoler les événements, sans profondeur, et qu'on reste sur sa faim. Mais je suis sûre que développé sur plus des 46 pages qu'elle fait, elle pourrait être très prenante.

Nouvelle 5 : Sœurs de sang = Pas trop mal
Deux sœurs sont infectées par un virus.
J'ai assez aimé cette nouvelle, même si elle est un peu triste. Après l'avoir lue, on se demande si on ne vit pas déjà ça... 32 pages.

Nouvelle 6 : Axiomatique = Pas trop mal
Un homme achète un implant pour concrétiser un désir.
Pendant 24 pages, j'ai rêvé que ces implants étaient possibles et qu'on pouvait arriver à des désirs aussi simple que « ne plus être timide». Le tout est de savoir si on pourrait un jour s'arrêter d'en prendre...

Nouvelle 7 : Le coffre-fort = Excellent
Une personne se réveille tous les matins dans le corps d'une personne différente. Mais qui est vraiment cet homme ?
J'ai adoré cette histoire !
Peut-être parce qu'elle semble invraisemblable, mais peut-être aussi parce qu'elle est pleine de sentiments et se fait l'écho d'une peur irraisonnée : et si je n'étais personne ?
Le héros du livre n'est personne mais tout le monde à la fois.
Ce jour-là, il est John, travaillant dans un hôpital psychiatrique. Et il a un bien étrange patient qui apporte peut-être un début de réponse à son errance. Du moins, on l'espère car en lisant ces 32 pages, notre plus grand souhait, c'est de comprendre !
Quelques pages de plus auraient fait de cette nouvelle un livre admirable.

Nouvelle 8 : Le point de vue du plafond = Bof...
Suite à une blessure, un homme fait une expérience extra-corporelle.
Je n'ai pas trop accroché avec cette nouvelle.
Pour je ne sais quelle raison, le héros m'a été un peu antipathique. Je l'ai trouvé un peu froid face à ce qu'il lui arrivait et un peu suffisant.
Et puis l'histoire ne m'a pas laissé un souvenir impérissable car même s'il se passe un truc (dur dur de ne pas mettre de spoilers ^^), ça n'est pas développé, ni expliqué.
Peut-être aurait-elle mérité plus que ses 28 pages...

Nouvelle 9 : L'enlèvement = Pas trop mal
Un homme reçoit une demande de rançon de ravisseurs qui affirment retenir sa femme en otage.
Au début, j'avoue ne pas avoir beaucoup accroché avec cette histoire. Mais la fin m'a beaucoup plu.
Il est très difficile de parler de cette histoire sans donner des spoilers... Les sentiments du héros sont complexes, mais en fin de compte, je suis bien arrivée, au bout des 26 pages, à me mettre à sa place et à comprendre sa réaction.

Nouvelle 10 : En apprenant à être moi = J'ai aimé moyen...
« J'avais 6 ans lorsque mes parents m'ont dit que j'avais dans le crâne un petit cristal sombre qui apprenait à être moi... ».
Un thème que l'auteur reprend plusieurs fois.
Je l'ai trouvé intéressant, mais l'histoire est un peu lente et pas très bien définie.
Au bout des 28 pages, j'avoue que je n'ai pas très bien compris tout les tenants et aboutissants de ce cristal.

Nouvelle 11 : Les douves = Bof...
Des humains avec un ADN alternatif, afin d'échapper aux virus, sur fond de racisme...
Je n'ai pas trouvé cette histoire intéressante. Le héros est 'mou' et n'agit pas. Le seul point positif : l'histoire de sa femme qui aurait mérité un approfondissement plus important que ces 20 pages.

Nouvelle 12 : La marche = Excellent
Un tueur à gage remplit un contrat.
J'ai adoré cette histoire ! Elle est assez courte, c'est sûr (18 pages), mais elle est très intéressante. Peut-être parce que c'est une action continue en quelque sorte. On n'attend qu'une chose, que le tueur appuie sur la détente pour en connaître les conséquences. Et la chute est intéressante, c'est toute une perception de la vie que l'on remet en cause.

Nouvelle 13 : Le p'tit-mignon = J'ai aimé mais...
Un homme, en mal d'enfant, décide d'adopter un bébé un peu particulier...
Cette histoire m'a laissée un peu perplexe. J'ai aimé le principe, mais je lui ai trouvé un côté malsain.
Pendant 20 pages, on suit la vie de cet homme et on se dit qu'une telle technologie ne devrait jamais exister. Peut-être que la morale de cette histoire, c'est de dire que nos choix ont toujours des conséquences qui changent le monde.

Nouvelle 14 : Vers les ténèbres = Excellent
Un homme faisant partie des services de secours s'élance vers un dôme géant où l'espace et le temps semblent déréglés.
Cette nouvelle rejoint un petit peu la 1e, même si l'histoire est différente.
Le dérèglement espace/temps est un des sujets qui me passionne le plus. Et j'ai été servi pendant 30 pages !  
L'histoire est presque 'tout en action' (à croire que c'est ce que je préfère ! ^^).
Les conséquences du déréglement sont assez complexes. Il est difficile de se projeter dans une telle anticipation car je crois que tant que ça n'est pas arrivé, on ne peut pas imaginer ce que c'est.
Par contre, imaginer que cela pourrait arriver, fait frissonner.

Nouvelle 15 : Un amour approprié = Bien
Un homme a un grave accident : son cerveau est sauf, mais pas son corps...
L'histoire est très intéressante en elle-même : imaginer, dans un futur plus ou moins proche, que l'on puisse sauver des personnes simplement en 'reconstruisant' leur corps.
Cela donne plein d'espoir.
Là où je n'ai pas aimé, c'est la réaction de la femme du blessé, que j'ai trouvé égoïste, indifférente et trop hésitante pour quelqu'un qui est censée aimer son mari.
Bien sûr la méthode est singulière et il peut être dur de faire ce choix. Mais quand on aime vraiment la personne, je crois qu'on serait prêt à sacrifier 2 ans de sa vie pour le faire 'revivre'... En tout cas, je le ferais moi !!
Mais je pense que les 28 pages de cette nouvelle ne servaient pas à montrer la manière dont on pourrait sauver un être cher, comment le système pourrait utiliser cette performance...

Nouvelle 16 : La morale et le virologue = Très bien
Un vieux scientifique passionné essaie de mettre un virus au point.
Cette nouvelle est intéressante du point de vue éthique : a-t-on le droit de juger les erreurs (ou les différences) des autres et surtout n'a-t-on omis aucune conséquence de nos actes ?
Cette histoire est prenante jusqu'au bout de ses 16 pages, tant le scientifique est fanatique.

Nouvelle 17 : Plus près de toi = Bof... mais pas forcément justifié
Un jeune-homme se demande comment connaître l'autre...
Pourquoi n'ai-je pas aimé cette nouvelle ? Je ne sais pas trop.
Peut-être parce qu'elle est pessimiste et qu'elle n'amène pas vraiment de conclusion.
Le sujet m'est passé loin au-dessus de la tête sans avoir pu m'y attacher.
Et c'est aussi pour ça que mon résumé est assez succint : difficile de résumer les 26 pages de cette histoire.
Les idées du héros ne m'ont pas paru captivantes. D'autant plus que la finalité de l'histoire, c'est de dire qu'il ne sert à rien de devenir l'autre, que ce n'est pas ainsi qu'on le comprendra mieux.
À méditer avec d'autres pour vraiment comprendre.

Nouvelle 18 : Orbites instables dans la sphère des illusions = Très bien
Le monde a subi une fusion et est sous l'emprise d'attracteurs.
J'ai beaucoup aimé cette nouvelle.
Le héros, vagabond libre, ne cherche qu'à échapper aux attracteurs qui asservissent les croyances de l'homme.
Le problème c'est qu'il tourne autour de ces attracteurs sans jamais s'en éloigner.
Alors, est-il vraiment libre, ou est-il lui aussi prisonnier de son propre attracteur.
Il est dommage que cette nouvelle n'ait pas fait plus de 25 pages, afin de savoir si le héros, qui reprend la route finira par trouver une sortie.

Pour conclure, je dirais que Greg Egan est un novateur dans ce genre-ci.
Je n'avais encore jamais lu d'histoires sur les thèmes abordés ici, et c'est ce qui rend magique la science-fiction : on peut tout créer, tout inventer.
Ce livre est d'autant plus intéressant que l'auteur s'appuie sur des concepts scientiques, biologiques et informatiques plausibles et réalisables.
Il n'invente rien, il imagine juste comment pourrait se dérouler les choses si on détournait quelques faits scientifiques.

Les théories déployées tout au long du livre sont assez complexes.
J'ai eu quelques difficultés à comprendre certains principes, pourtant, comme le contexte général était largement compréhensible, je n'ai pas du tout eu du mal à suivre les histoires (^_^).

Et ce qui est largement appréciable, c'est que l'auteur, même en montrant les dérives d'une meilleure technologie, ne se pose pas en juge et en Dieu tout-puissant.
Il montre ce qui pourrait arriver, mais pas ce qu'il va forcément arriver si on continue comme ça.
Comme il le dit à un certain moment du livre, une technologie future, mieux aboutie, qui va plus loin ne sera pas forcément pour le mal de l'humanité, mais au contraire pour son amélioration.

Lecture commune avec : Traqueur Stellaire qui a été beaucoup plus perspicace que moi ^^, Val, Charmante Lova, Cachou, Lelf, Isleene, Anudar, Gromovar.

Livre lu dans le cadre de ma 1e lecture commune, de mon challenge Objectif PAL (2/97), de mon World Books Challenge (4/187), de mon défi Littérature de l'imaginaire sur les 5 continents (2/5), de mon Challeng'ô Swap (1/21).

Cette chronique de lecture est originellement parue le 25 juin dans Books@Lot, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Lady Scar.

Repost 0
Published by Lady Scar - dans Océanie
commenter cet article
28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 22:58

KiwisLelfAxiomatique.jpgAxiomatique, de Greg Egan
Le Livre de Poche, octobre 2009, 496 pages, 7,50 €

Axiomatique est un recueil de 18 nouvelles de science-fiction, écrites par Greg Egan, auteur australien très remarqué ces dernières années. En France, son recueil Océanique vient de recevoir le prix du Cafard Cosmique après avoir obtenu le prestigieux Prix Hugo et le Prix Locus en 1999. Greg Egan est spécialisé en Hard Science, ses nouvelles sont empruntes des connaissances scientifiques actuelles, utilisées pour expliquer des sociétés futuristes.


Axiomatique, où l'on trouve des assassins marchant entre les mondes parallèles, des artistes fous prêts à tout pour faire vivre l'Art, un cristal qui permet l'immortalité, des implants qui modifient les convictions profondes, des vortex temporels instables ou encore des savants qui jouent au Tout-Puissant.


De la hard-science au service d'une réflexion sur la condition humaine


La plongée dans ce recueil n'est pas des plus aisée, le style de Greg Egan étant très poussé, notamment dans la théorie scientifique. Physique, chimie, biologie ou mathématiques sont les supports des nouvelles et l'auteur se sert de connaissances avérées pour imaginer les évolutions et dérives possibles de ces sciences. Le lecteur scientifique reconnaîtra ainsi du vocabulaire et des principes connus, mais que les non-scientifiques se rassurent, il n'est pas facile, quoi qu'il en soit, de suivre la pensée de l'auteur. Néanmoins, selon les nouvelles la théorie est accessible ; et même en renonçant à une compréhension totale le message passe bien et l'aventure est un plaisir à suivre.
La science sert de prétexte à une profonde réflexion sur l'humain. L'auteur soulève notamment de nombreuses questions d'éthique (eugénisme, tests pharmaceutiques, définition d'une entité intelligente, les scientifiques qui jouent au Tout-Puissant...), ainsi que sur la nature profonde de l'Homme (où commence et s'arrête la liberté, comment définir une personnalité – notamment si on la copie, qu'est-ce qui définit un couple et sa longévité...). Ces interrogations philosophiques sont relativement poussées et abordées de différentes façons, certains textes se faisant parfois écho entre eux. La science-fiction est le moyen idéal pour soulever ces thématiques et Greg Egan l'utilise de manière subtile, proposant différents niveaux de lecture, le lecteur n'étant pas obligé de voir toutes ces analyses derrière l'aventure, mais la percevant néanmoins.


Des récits d'aventure riches


Côté intrigue, le suspense est de mise. Les héros sont souvent amenés à faire des choix dont les conséquences bouleversent leur quotidien, ou celui de leur entourage immédiat, voire celui de la société entière. Le déroulement est parfois prévisible, ce qui n'entache pas vraiment l'intérêt de la lecture, étant donné la profondeur de réflexion qu'il est possible de développer. Le petit détail amusant à souligner est le décor évoqué : l'Australie. Il est assez inhabituel de parcourir les rues des villes de ce pays ou d'avoir des histoires qui utilisent ses caractéristiques (comme par exemple dans Eugène, où l'on apprend que les gens choisissent d'avoir la peau noire, ce qui est plus pratique au soleil et fait chuter le taux de cancers de la peau).

Quelques nouvelles appréciées, plus en détail :
Lumière des événements : Les hommes reçoivent le journal de leur vie à l'avance, écrit par leur moi futur. Quelle place reste-t-il pour l'imprévu, ne peut-il y avoir de mensonges et comment peut-on s'écarter de cette route toute tracée ?
Le coffre-fort : Une conscience qui passe de corps en corps, habitant les gens pour 24 h. Plutôt comique au départ et intéressant de voir cet homme projeté dans des inconnus et s'approprier leur vie.
En apprenant à être moi : Pour prévenir la dégradation du cerveau et garantir l'immortalité de la conscience, les hommes ont tous un cristal qui enregistre une copie de leur cerveau. Cristal et cerveau sont-ils une seule personne ou deux entités qui pourraient se différencier et qui cohabitent ? Une belle question d'identité, des réponses qui pourraient bien faire froid dans le dos.
Orbites instables dans la sphère des illusions : Un couple marche entre les bulles d'attractions qui renferment des croyances. S'ils s’approchent de trop près d'une de ces bulles, ils pourraient malgré eux adopter la croyance qui la caractérise et ne plus jamais repartir. J'ai une petite affinité personnelle pour la réflexion qu'elle propose, autour de la définition de liberté. Même quand on se croit en liberté, l'est-on vraiment. Quand on se rebelle et refuse les sentiers battus, ne suit-on pas également un chemin établi par avance. Jusqu'à quel point est-on libre de ses choix et de ses mouvements ? La prise de conscience suffit-elle à changer cet état ? De bons souvenirs de philo en somme, et une nouvelle qui conclut bien le recueil.

En bref, Axiomatique est un bon recueil, une bonne surprise de retrouver toute cette réflexion éthico-philosophique et de voir les sciences utilisées de manière aussi pointue. Mais c'est également une lecture un peu exigeante. Avis aux amateurs.

Ce livre a été lu en LC, retrouvez les chroniques des autres blogueurs : Guillaume44, Anudar, Valunivers, Cachou, Charmante Lova, Nadège.

Axiomatique constitue également la deuxième étape de mon tour des 5 continents en nouvelles et en imaginaire, pour l'Océanie.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 25 juin dans Imaginelf, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Lelf.

Repost 0
Published by Lelf - dans Océanie
commenter cet article
14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 17:21

Otori1.jpgLe clan des Otori, de Lian Hearn
Gallimard Jeunesse
Tales of Otori, traduit de l'anglais (Australie) par Philippe Giraudon
 
L'auteur
Gillian Rubinstein est née en 1942 à Potten End en Angleterre et partagea son enfance entre ce pays et le Nigéria. Diplômée en littérature de l'université d'Oxford, elle a travaillé comme critique de cinéma et éditeur d'art à Londres, avant de s'installer en Australie avec son mari en 1973. Son œuvre se constitue de huit pièces de théâtre, de nouvelles et articles, et de plus de trente romans, littérature fantastique pour la jeunesse dans sa majeure partie (Space Demons, Foxspell, Galaxy-Arena...). Son intérêt pour la civilisation et la langue japonaise a trouvé son apogée dans la publication en 2002 du Clan des Otori, publié sous pseudonyme afin qu'il soit jugé pour sa qualité et non d'après sa renommée d'auteur.


Les romans


Tome 1 : Le silence du rossignol (Across the Nightingale Floor, 2002) : le jeune Takeo grandit au sein d'une communauté paisible qui condamne la violence, mais elle est massacrée par les hommes d'Iida, chef du clan des Tohan. Takeo, sauvé par sire Shigeru, du Clan des Otori, se trouve plongé au cœur de luttes sanglantes entre les seigneurs de la guerre. Il doit suivre son destin. Mais qui est-il ? Paysan, seigneur ou assassin ? D'où tient-il ses dons prodigieux ? Lorsqu'il rencontre la belle Kaede, un amour fou naît entre les deux jeunes gens : devra-t-il choisir entre cet amour, sa dévotion à sire Shigeru et son désir de vengeance ? Sa quête le mènera jusqu'à la forteresse d'Inuyama, lorsqu'il marchera sur le 'parquet du Rossignol'. Cette nuit-là, le rossignol chantera-t-il ?


Otori2.jpgTome 2 : Les neiges de l'exil (Grass for his Pillow, 2003) : Takeo, désormais héritier du puissant clan des Otori, s'est engagé à rejoindre les rangs criminels de la Tribu, reniant ainsi son éducation pacifique, abandonnant ce qui lui revient de droit, territoire, fortune et pouvoir, renonçant aussi à son amour pour Kaede. Mais la Tribu peut-elle éloigner Takeo de son destin ? Le chemin qu'il choisit le conduira au paroxysme du danger, de l'épreuve et du sacrifice, au cœur des montagnes glacées du Pays du Milieu. Kaede, pion utile dans le jeu des seigneurs de la guerre, devra quant à elle mettre en œuvre toute son intelligence, sa beauté et sa ténacité pour s'imposer dans le monde des hommes tout-puissants et garder son précieux secret.


Tome 3 : La clarté de la Lune (Brilliance of the Moon, 2004) : « Tu conquerras la paix en cinq batailles : quatre victoires et une défaite. » Takeo parviendra-t-il à apporter la paix sur les Trois Pays comme l'annonce la prophétie ? Après leur union secrète au temple de Terayama, Takeo et Kaede sont plus résolus que jamais à prendre possession de leur héritage et venger sire Shigeru. Tandis que le jeune homme tente de rallier à sa cause le pirate Fumio Terada, Kaede est victime d'un chantage diabolique. Lorsque enfin la lune se lève sur la dernière et terrible bataille, l'issue est plus que jamais incertaine...
 
Mon avis
Avis aux amoureux du Japon (dont je suis) : ce livre est un petit bijou. Tout y est brillant et la passion de l'auteur pour le pays du Soleil Levant transparaît à chaque ligne, ce qui ne peut que ravir les nippophiles. Attention ce n'est pas pour autant œuvre japonaise, mais bien un roman d'Occidental se déroulant dans une région fictive du japon médiéval. Tout y est, du cerisier printanier aux torrents de montagne, en passant par les temples taoïstes et les sociétés secrètes ; l'exotisme est imparable et la retranscription d'un mode de pensée médiéval impeccable. Car c'est sans conteste le point fort de cette série : la fidélité à une culture médiévale non occidentale. Les personnages, pensent, vivent, travaillent différement.
Otori3.jpgLeur sens de l'honneur et leur idée de la destinée semblent parfois décalés. Sous des dehors laqués, pronant le calme, la poésie (quelques haïkus parsèment le texte), la peinture, la sagesse, ils sont terribles, violents, passionnés, tiraillés par des besoins obsessionnels terrifiants. Et quand le vernis lache, gare à vous ! J'ai été marqué par cette scène du père de Kaede, rendu fou par la déchéance financière, qui retourne sa haine contre sa propre fille et tente de la violer, après avoir partagé un thé des plus serein. Car la recherche de la sérénité, au sens large et entier du terme, n'est pas une gageure : c'est un combat de tous les instants, et toutes les ambiguités de la lutte pour la survie sont posées. Le paradoxe de la guerre pour atteindre la paix, de la révolte nécessaire à l'obtention de la liberté, de la blessure avant le repos, transparaît pleinement. La quête est loin d'être de tout repos.
Mais les codes sont tous prêts à se briser : c'est le système tout entier que notre héros est appelé à briser en détruisant sa famille, la révolte des femmes dans cette société terriblement mysogine est incarnée par la belle Kaede qui en impose à bien des personnages masculins sans caractère... Et en fond transparaît l'inexorable marche de l'Histoire : la fin du pouvoir des Seigneurs de la Guerre et l'unification des provinces, la centralisation de l'administration à la cour impériale, l'arrivée des échanges avec l'Occident (par le biais des pirates et des armes à feu, qui bouleversent l'ordre guerrier), l'influence religieuse des Invisibles, dans lesquels on reconnaît clairement les chrétiens... C'est toute la mélancolie d'un passé glorieux mais injuste s'effaçant devant une ère prospère mais moins mystérieuse qui s'étale, attitude fondamentalement japonaise.

 

Extrait
« Je pensai à elle, endormie contre sa mère, forcée de choisir entre mourir de faim ou subir un véritable esclavage. Je pensai aussi à la famille de Furoda, chassée de sa maison aussi délabrée que confortable, à l'homme que j'avais tué dans son champ secret, au village qui allait mourir par ma faute.
Personne ne se souciait de ces choses, c'était le cours normal du monde - mais elles me hantaient. Et bien sûr, comme toutes les nuits je me mis à examiner les pensées qui m'avaient habité secrètement pendant le jour.
Yuki attendait un enfant de moi. Il serait élevé par la Tribu, et je n'aurais sans doute même pas l'occasion de le voir une fois en ma vie.
Les Kikuta avaient tué mon père pour avoir enfreint les règles de la Tribu et ils n'hésiteraient pas à faire de même avec moi.
Je ne décidais rien, je ne concluais rien, au cours de ces longues nuits sans sommeil. Je restais simplement étendu dans la nuit, seul avec mes pensées semblables à des cailloux noirs que j'aurais tenus dans ma main pour les regarder. ».


[Une chronique de lecture de Jeff]

Repost 0
Published by Jeff - dans Océanie
commenter cet article
21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 16:54

LogoLand.jpgLogo land / Jennifer Government, de Max Barry
2003 en Australie (Penguin/Abacus)
2004 en Italie (Piemme) et en France (Calmann-Lévy)


Un jour. On ne sait pas quand.

En Europe. Il y a des lois, des gouvernements, des taxes [droit public].

Mais partout ailleurs c'est « États Unis », « America » : « Avec le mot America, on désigne le plus grand groupe de nations libres dans le monde. Dans les pays européens comme la France, les gens doivent payer des taxes et faire ce que veut le gouvernement. Ici, au contraire, on respecte le droit privé et chacun fait ce qu'il veut... L'État empêche que les gens volent ou se fassent du mal avec l'aide de compagnies privées qui sont beaucoup plus efficaces ».

Une jeune étudiante d'une école MacDonald dans les territoires australiens des États Unis.

Et bientôt, une étudiante tuée pour une « campagne publicitaire » un peu hard.

JenniferGovernment.jpgLe monde est tellement dominé par les grandes marques que personne n'a de nom : nous connaissons comme ça Healey MacDonald (comme le sponsor de son école), Hack Nike, John Nike, Bill Bechtel qui devient Billy NRA (car il ne travaille plus à Bechtel mais avec NRA), et Jennifer Government qui, naturellement travaille pour le gouvernement.

Dans ce monde-là, tout est permis aux Grandes Marques, campagnes publicitaires avec snippers, sabotages informatiques, attentats aux Présidents des pays, intrusion dans le Parlement... Mais Jennifer Government arrivera à vaincre l'ennemi (aussi personnel ?).

SF genre 1984 ou Fahrenheit 451, dans l'ensemble agréable, ça fait réfléchir mais c'est certainement plus faible  que les deux grands exemples.

[Une chronique de lecture de Gaspara]

Repost 0
Published by Gaspara - dans Océanie
commenter cet article
25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 13:27
Teranesie.jpgTéranésie, de Greg Egan
Ailleurs et Demain, science-fiction, 2001, traduit par Pierre-Paul Durestanti, ISBN 2-221-09378-X
Le Livre de poche, 345 pages, ISBN  9782253114819
 
Né le 20 août (comme Lovecraft !) 1961 à Perth, Greg Egan est diplômé de mathématiques. Il publie son premier roman, An unusual angle, en 1983. Débutant par des nouvelles d'horreur, il se tourne ensuite vers la science-fiction écrivant des nouvelles explorant la nature, la conscience, la nature de la conscience, et sa virtualisation.

TeranesiePocheSur des îles de l'archipel indonésien, de nouvelles espèces apparaissent qui jettent le trouble dans bien des esprits. Prabir et Madhusree Suresh, frère et sœur vivent au Canada, chez une lointaine cousine Amita (A-Mytha ?) qui tente de leur inculquer des principes religieux que leurs parents combattaient au sein de l'Indian Rationalists Association et qu'elle n'est visiblement pas capable de comprendre, pour autant qu'il y ait matière à !
Ainsi se souviennent-ils de l'enfance qu'ils vécurent dans la région, sur une île appelé Téranésie, avec leurs parents, biologistes étudiant d'étranges et improbables papillons avant qu'une guerre ne vienne tout bouleverser, l'offensive de l'armée indonésienne au Timor Oriental. Les enfants purent s'enfuir à temps mais le jeune garçon emporte avec lui l'impression d'avoir causé la mort de ses parents.

C'est d'abord la jeune fille qui, héritière de la curiosité parentale et biologiste elle aussi, profite d'une expédition montée par son université pour partir dans la région des Moluques.
Incapable de surmonter son inquiétude son frère la suit, il se croit responsable et devant remplacer le père perdu. L'étrange étant que la source des mutations semble venir de Téranésie...

TeranesieMutation.jpg
Sur place ils vont être confrontés à des découvertes inquiétantes, sinon pas de roman ! Les règnes végétaux et animaux semblent s'être combinés sous l'influence d'une protéine mutagène dont je ne peux rien dire sans trop en dire justement, comme une dévolution de l'évolution que Greg Egan n'explique pas se contentant de décrire le monde que (re)découvre Prabir et Madhusree, pendant leur enquête pour découvrir ce qui se passe. Quels intérêt sont en jeu, autant sur les découvertes elles-mêmes et leurs implications que sur leur utilisation dans un but pharmaceutique et financier. Sans parler de l'affrontement frère-soeur, la seconde voulant exister par elle-même, le premier ayant du mal à assumer sa sexualité.

Le découvrir plus que le comprendre puisque l'auteur se contente de regarder ce qui se passe sans paraître vouloir l'expliquer, soit par incapacité imaginative ce que je ne crois pas, soit pour éviter de se retrouver dans l'étau du duel darwinisme/créationnisme. Si je ne craignais de donner mon avis je dirais que dans ce dernier mot il y a des lettres en trop, mais s'il s'en trouve qui parcourt cet article, ce qui m'étonnerait, je m'en voudrais de les pousser à la réflexion. De fait Egan semble refuser de rajouter sa voix aux chœurs des « penseurs » prêt à élaborer de fumeux discours censés corroborer leurs idées. De plus, clin d'œil de l'auteur, la ville servant de point de départ au héros est Darwin...

GregEgan.jpgUn bon livre, lu dans le cadre du défi de l'imaginaire, sans doute pas le meilleur de l'auteur, la fin m'a laissé un peu sur la mienne, tant pis, néanmoins un bon moment, dépaysant et inquiétant, un bon cocktail !
Est-ce un hasard mais un des principaux protagonistes de la série Heroes porte ce nom, son père était un scientifique explorant les mutations possibles du génome humain, mutations déjà en cours. Voyons là un hommage de Tim Kring à l'œuvre de G.E.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 24 février dans Lire au nid, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Lee Rony.
Repost 0
Published by Lee Rony - dans Océanie
commenter cet article

Présentation

  • : Littératures de l'imaginaire
  • Littératures de l'imaginaire
  • : Ce blog consacré au défi 'Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents', regroupe les notes de lecture des participants qui veulent partager leur amour des littératures de l'imaginaire (SF, anticipation, fantastique, fantasy, conte...).
  • Contact

Recherche

Catégories