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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 14:34
EnfantsVolcan2.jpgLes enfants du volcan, de Bernard Simonay
France Loisirs, 526 pages

Lu pour le défi Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents - Europe

Quatrième de couverture (source pressedelacite.com)
« Une angoisse sourde s'était emparée de Noï-Rah. Elle adressa une vibrante prière à Gaenha pour que le sorcier ne reconnût pas en elle la fille de la prophétie. »
La chaîne des puys, en Auvergne, il y a environ huit mille ans... Noï-Rah, dont le nom signifie « celle-qui-apporte-la-lumière », a dix ans et vit dans un village de pasteurs agriculteurs. À sa naissance, une prophétie l'a désignée comme devant accomplir de grandes choses. Enlevée, torturée puis bannie par une tribu ennemie, la jeune fille vit de multiples aventures. Dotée d'une remarquable intelligence, elle va même découvrir les secrets de l'écriture. Mais, surtout, un lien étrange la relie à un volcan, l'impressionnant Pa'hav, dont tous redoutent les colères. Cette relation singulière fera d'elle une femme hors du commun, appelée à devenir la mère de tout un peuple.

Mon avis
J'ai beaucoup aimé Noi-Rah une héroïne que l'on renconte lorqu'elle n'est encore qu'une fillette. Elle deviendra une jeune fille et une femme au caractère bien trempé.
Il lui arrivera maintes péripéties, elle subira l'humiliation, la loi injuste des hommes de sa tribu mais sera protégée par sa chevelure rousse, marque du dieu volcan.
EnfantsVolcan1.jpgQuelqu'un veillera aussi sur elle, Ar'Ham, le beau et fort Ar'Ham, un Grand personnage avec un grand G parce qu'il est un peu le Prince Charmant comparé aux rustres qui l'entourent. Il est quelqu'un de droit, d'intègre, celui sur qui on peut compter.
Nous sommes au cœur du pays des volcans, la belle Auvergne il y a environ sept millénaires. Les paysages sont superbes et grandioses, de grandes étendues sauvages, les forêts et bien sûr les imposants, effrayants et majestueux volcans.
Ce que j'ai aimé aussi dans ce livre, ce sont tous les autres personnages, bons ou mauvais ils ont tous des caractères bien particulers à chacun, forts et bien ciselés.
Il ne faut pas oublier le côté historique même si cela remonte à un passé très lointain !
Quelques notes en bas de page (peu nombreuses ne vous inquiétez pas !) sont là pour nous rappeler les vérités historiques.
C'est un dépaysement total, une histoire prenante, des personnages attachants ou franchement haïssables.
C'est bien écrit, agréable à lire, une fois le livre commencé, difficile de le poser.
Le seul petit regret que j'ai concerne le prologue qui enlève, du moins pour moi, le suspense que j'aurais aimé avoir en tout début de livre. Cela n'enlève en rien sur le fait que j'ai passé un excellent moment avec les enfants du volcan.

Ma note
8/10

Cette chronique de lecture est originellement parue le 29 janvier dans Le boudoir des livres, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Sylvie.
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 06:05
MouseThatRoared.jpgLa souris qui rugissait, de Leonard Wibberley
The mouse that roared, 1955
Publié en français en 1955 aux éditions Fasquelle
Traduit de l'anglais par J.M. Daillet - Illustré par Siné
 
L'auteur

Leonard Francis Wibberley est un écrivain irlandais, né en 1915 à Dublin, ayant aussi publié sous les pseudonymes de Leonard Holton, Patrick O'Connor ou Christopher Webb. Son œuvre se partage principalement entre le journalisme, la littérature enfantine et des romans moralistes, dans lesquels il traite avec un humour fin de sujets politiques ou éthiques. Sa plus célèbre création demeure le Duché du Grand-Fenwick, contrée imaginaire typiquement britannique vivant au XXe siècle comme en plein Moyen-Âge, cadre de cinq romans : The mouse that roared (1955), Beware of the mouse (1959), The mouse on the moon (1962), The mouse on Wall Street (1969), Mouse that saved the West (1981) (les deux premiers seulement ont été traduits en français). Ses ouvrages les plus célèbres ont été publié en français aux éditions Fasquelle ; on retiendra Feu l'indien de Madame (1957), Passez-moi le président (1958), Vers une île lointaine (1960) ou Le dernier safari (1971). Leonard Wibberley est mort en 1983.
 
Le livre
Le duché du Grand-Fenwick est un petit État indépendant créé au cœur des Alpes en 1370 par une bande d'archers anglais menée par le téméraire chevalier Roger Fenwick. Peu peuplé et étalé sur trois vallées, il n'attira jamais les convoitises de ses voisins et développa son économie autour du Pinot Grand-Fenwick, un vin prisé des connaisseurs. Mais une formidable expension démographique (de 4000 âmes en 1900 à 6000 en 1950) met en péril l'indépendance financière du pays, qui se divise en deux partis : ceux qui soutiennent le baptême du Pinot, afin d'augmenter le volume à vendre, et les anti-dilutionnistes, farouches conservateurs. La duchesse Gloriana XII tranchera en faveur d'un plan audacieux : déclarer la guerre aux États-Unis, qui ont la curieuse tendance à faire la fortune de leurs ennemis vaincus. Mais, par un concours de circonstance pour le moins burlesque, l'armée d'invasion du Grand-Fenwick débarquera à New York pour une bataille aussi courte qu'épique et dérobera la bombe Q, la plus fantastique arme nucléaire, capable de pulvériser un continent entier. Devenant ainsi la plus puissante nation du monde, le Duché imposera la paix universelle et le désarmement général.
 
WibberleyLeonard.jpgMon avis
J'ai parcouru ce livre avec ce sourire de délectation que seuls les humoristes anglais savent faire naître. Certes on n'est pas au niveau de PG Wodehouse ou de Pratchett, mais la bouffonnerie développée, avec en fond une critique sociale à la limite du cynisme, rappelle ces films anglais des années 50 tels que Passeport pour Pimlico ou Noblesse oblige (un film a d'ailleurs été tiré de ce roman, avec Peter Sellers !). L'histoire est délicieusement amusante et les détails sont savoureux ; tout le monde passant au crible de l'humour de Wibberley : les grandes nations qui imposent leurs guerres aux petites, les petites qui arrivent enfin à faire entendre leur voix, les Américains qui deviennent des paranos ridiculisés par des chevaliers du XIVe... Je conçois ce court roman comme un petit bijou voltairien, un conte philosophique invitant, par le biais des aventures d'une contrée imaginaire, au pacifisme en pleine Guerre Froide. Et comme d'habitude un peu d'intelligence en ce bas monde fait toujours du bien, surtout quand ça ne se prend pas au sérieux.
 
Extrait
« Le comte Mountjoy avait espéré qu'il serait inutile d'envoyer les troupes au-delà des murs, et pensait qu'une déclaration de guerre suffirait. On pourrait la faire suivre immédiatement d'un appel au monde entier, puis d'une reddition rapide, et le miraculeux relèvement par le dollar pourrait commencer.
Mais la déclaration de guerre avait été suivie de quatre semaines d'un silence injurieux. N'importe quelle réponse des États-Unis eût été la bienvenue. N'en recevoir aucune était intolérable. [...] Comme il n'y avait pas de représentant américain au Grand-Fenwick, il obtint finalement la permission de la duchesse de se rendre à Lyon, où se trouvait le plus proche consulat des États-Unis en France, afin d'exiger une réponse en bonne et due forme.
Tout le personnel avait paru prendre la chose pour une plaisanterie. La réaction officielle des États-Unis à la déclaration de guerre solennelle du Grand-Fenwick avait été un gros rire du consul, qui avait reconduit Mountjoy à la porte avec une bonne claque dans le dos et cette question pour le moins humiliante :
- Vous connaissez celle de l'éléphant qui rencontre une souris ? »
 
[C'était une chronique de Jeff].
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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 16:03
JonathanStrange.jpgJonathan Strange & Mr Norrell, de Susanna Clarke
Robert Laffont, 2007 - Le Livre de Poche (n° 30955), 2008
ISBN 978-2-253-1283-9
Traduction : Isabelle D. Philippe (2004)
Couverture : Portia Rosenberg
 
Sur le fond historique d'une Angleterre en guerre contre Napoléon 1er, un magicien entre dans la danse pour faire pencher la balance du côté de la perfide Albion. Ainsi en quelques jours notre ennemi de toujours voit-il la fortune lui sourire, il fallait bien cela pour que cette contrée triomphe.

À York existe une société de magiciens, ces messieurs se réunissent le troisième mercredi du mois et devisent de choses et d'autres sans rien faire de plus. Arrive un gentilhomme du nom de John Segundus, qui, prenant la parole lors d'une réunion de ses pairs, s'interroge sur le fait que les magiciens fussent-ils nombreux et fort diserts, nul fait de magie n'était plus visible nulle part. On lui répondit que connaître la magie n'impliquait pas l'aptitude à l'exercer. Inutile de dire que sa question lui apporta peu de sympathie, sinon celle de Mr Honeyfoot avec lequel il entreprend de redonner son lustre à leur art. Ainsi finissent-ils par rencontrer Mr Norrell, vieux sorcier ermite et secret, à qui ils demandent conseils... C'est lui qui ménera l'offensive contre l'Empereur !

Ainsi commence le roman de Susanna Clarke, roman magistorique donc, volumineux, comme c'est souvent le cas dans ce genre de littérature, riche en personnages et en descriptions de ceci, cela, et même du reste. Ce livre était depuis un moment sur mon bureau, caché, puisqu'il me fut offert pour Noël, 2008 ! Sans le défi Littérature de l'imaginaire sur les 5 continents, je doute m'être jamais attaqué à lui, les 1140 pages du volume m'ayant rebuté sur le moment. Non que je regrette maintenant de l'avoir lu mais sans une incitation je l'aurais laissé gésir sous un voile de poussière.

Avançons, rapidement, dans la lecture : après son succès Mr Norrell rencontre à Londres un jeune magicien, Jonathan Strange ; associés, ils vont faire démonstration de leur art. Ainsi se confirme une ancienne prophétie affirmant que deux magiciens rétabliraient le rôle de la magie dans le pays.

Bien sûr l'affrontement est inévitable, le jeune, et curieux, Strange (un nom éculé s'il en est !) n'a pas la sagesse pantouflarde de son partenaire, plus âgé, l'impétuosité de la jeunesse le pousse à céder à l'appel du côté obscur représenté par le Roi Corbeau, roi-elfe mythique et détenteur d'une puissance inégalée...
L'élève se dresse contre le maître, le mal affronte le bien, de l'inédit !

SusannaClarke.jpgL'intérêt de l'ouvrage réside dans son écriture, sa construction, l'historicité de son cadre, on y croise Lord Byron, on assiste à Waterloo, les héros sont à la fois mystérieux et profonds, le bien est imparfait et le mal non démuni de qualité bien que parfois je me pris à désirer taper sur l'épaule de l'un ou de l'autre pour lui dire : « Regarde, c'est juste devant toi ! ».

Surfant sur le succès de Harry Potter le livre, encadré par un marketing implacable, connaît un grand succès, eut-il été débarrassé des pages inutiles qu'il m'eut plu davantage, avec une fin différente... Pourquoi Susanna ne m'a-t-elle pas demandé mon avis ? Un miroir magique permet pourtant tellement de choses.
Au final un bon livre, couronné par de multiples prix, dont le Hugo 2004, les amateurs ne seront pas déçus. Un film devrait venir, réalisé par Christopher Hampton, j'en ignore encore la distribution, nous en entendrons parler le moment venu, j'en profiterai pour rallonger cet article, j'irai probablement le voir tant l'histoire se prête à la mise en images comme une espèce de Potterie pour adultes. Dix ans auraient été nécessaire à Susanna Clarke pour mener son entreprise à bien, mis à part sa longueur je ne lui vois pas de défaut, et même, après coup, c'est un moyen de rester plus longtemps en compagnie de ses héros.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 21 janvier dans Lire au nid, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Lee Rony.
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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 00:02
ArcanesMM1.jpgLes arcanes du Midi-Minuit, de Gaudin/Trichet/Cézano/Guillo
Soleil, 47 pages, 12,901 €
Tome 1 : L'affaire du Nalta P312, de Gaudin, Trichet et Cézano - SBN 978-2845652156
Tome 2 : L'affaire de la ligne 11, de Gaudin, Trichet et Cézano -  ISBN 978-2845654785
Tome 3 : L'affaire « Collossos », de Gaudin, Trichet et Cézano - ISBN 978-2845657489
Tome 4 : L'affaire du Oungan, de Gaudin, Trichet et Cézano - ISBN 978-2849460597
Tome 5 : L'affaire Sylvak, de Gaudin de Trichet et Cézano - ISBN 978-2849465004
Tome 6 : L'affaire du détenu 3491, de Gaudin, Trichet et Cézano - ISBN 978-2302000032
Tome 7 : L'affaire Rivendalwn, de Gaudin, Trichet et Guillo -  ISBN 978-2302006331

Je continue sur ma lancée et je vous fais une nouvelle présentation qui entre dans le cadre du défi des Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents. Oui je sais, pour l'instant c'est le seul défi sur lequel j'ai posté, deux raisons à ça : la première c'est que j'ai choisi dans le cadre de ces défis des bandes dessinées, du coup ça va forcément beaucoup plus vite à lire que des romans. La seconde raison, c'est le fait que les autres challenges portent sur 2010, donc même si je sais que GeishaNellie n'a rien contre le fait qu'on commence dès maintenant, mais j'ai envie de faire les choses dans les règles.

Bon sans plus tarder, je vous présente, mon choix de livre pour l'Europe. Il s'agit de la bande bessinée Les arcanes du Midi-Minuit réalisée par Jean-Charles Gaudin (scénario), Cyril Trichet (dessin), Angélique Cézano et Yoann Guillo (couleur - Angélique pour les 6 premiers tomes). Les arcanes du Midi-Minuit sont éditées chez Soleil depuis 2002, à l'heure actuelle 7 tomes sont sortis (je n'ai lu que les 6 premiers pour le moment).

C'est une BD fantastique, se déroulant dans un univers steampunk. On y suit les enquêtes de Jim Mc Kalan et sa cousine Jenna. Jim et Jenna sont liés ensemble, si bien qu'ils ne peuvent pas cohabiter (on ne les voit jamais ensemble) et lorsque l'un des deux atteint la fin du temps qui lui est imparti dans le monde, il doit poser ses mains sur une surface réfléchissante, afin que l'autre puisse prendre sa place.

Chaque tome de la série est consacré à une affaire (il arrive que certaines affaires soient liées ensemble, il est donc préférable de lire les tomes dans l'ordre).

Mon avis
Pour ma part, j'aime énormément cette BD et ce pour plusieurs raisons. Tout  d'abord, le dessin de Trichet colle bien avec l'ambiance steampunk, en bref ça passe tout seul.
Le concept des héros interchangeables est super sympa et bien exploité, puisque chacun des personnages à son rôle à jouer et des méthodes qui lui sont propres. Comme personne ne connaît leur secret ça entraîne parfois des quiproquos, des situations loufoques, etc., qui détendent l'atmosphère.
En bref, je vous recommande chaudement Les arcanes du Midi-Minuit, c'est vraiment que du bonheur.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 8 décembre dans Les lectures de Mr. Zombi, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Johan.
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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 15:12
Des milliards de tapis de cheveux, d'Andreas Eschbach
Traduit de l'allemand par Claire Duval
J'ai lu - SF, 2004, 316 pages, ISBN 978-2-290-33013-5

« Quelque part aux confins de l'Empire se niche une petite planète que seule une curieuse coutume distingue de ses consœurs : depuis des temps immémoriaux, les hommes, tisseurs de père en fils, y fabriquent des tapis de cheveux destinés à orner le palais des étoiles de l'Empereur.
Pourtant, certains, tel cet homme au passé nébuleux qui prétend venir d'une lointaine planète, racontent que l'Empereur n'est plus. Qu'il aurait été tué par des rebelles.
Mais alors, à quoi - ou à qui - peuvent donc bien servir ces tapis ? »

J'attendais pas mal de ce livre au résumé intriguant, et au final, j'ai été assez déçue.
Plutôt qu'un roman, on a plutôt l'impression d'une succession de chapitres/nouvelles, racontant chacun un pan de l'histoire, la faisant avancer et progresser, mais sans passion aucune. Au fur et à mesure on avance dans le temps et dans l'intrigue, avec quelques personnages que l'on recroise plusieurs fois (enfin en général pas plus de deux fois), on commence à voir la trame, par bribes, mais que c'est froid...
C'est extrêmement bien écrit, merveilleusement construit, et même si on s'attend effectivement à ce que la révélation finale soit du style « Oh mon Dieu, tout ça pour ça, mais c'est terrible » - ce qu'elle est ^^ - j'ai trouvé qu'elle passait très bien. C'est cohérent, on en sait suffisament tout en gardant énormément de mystère sur cet univers particulier, sur l'Empire et pourtant... L'alchimie ne s'est pas faite pour moi.
J'ai lu le livre avec intérêt, mais sans aucune passion.
Je me rends compte que pour apprécier un livre, j'ai vraiment besoin d'avoir des personnages auxquels me raccrocher. Que je les aime, qu'ils m'énervent et que j'aie envie de les secouer ou que je les déteste, la construction des personnages et leurs relations entre eux sont quand même une part non négligeable de ce qui me fait apprécier ou non un livre.
Ici il y a des personnages différents à chaque chapitre et pour moi, on n'a pas le temps de s'attacher ou de ressentir quoi que ce soit pour aucun d'eux. Ils ne sont là que pour faire partie d'une masse globale, que ce soit les tisseurs, les rebelles, ou les fidèles de l'Empereur, ou autres.
En gros c'est un bel exercice de style, très bien ficelé et même assez glaçant dans l'absolu, mais avec un supplément d'âme ça aurait été mieux ^^

« Mais qu'est-ce que vous croyez ? À votre avis, pourquoi tous, aux quatre coins du monde, consacrons-nous tous nos efforts et toute notre vie à tisser des tapis en cheveux ? Pensez-cous réellement que ce soit pour éviter à notre Empereur d'avoir à fouler de son pied la pierre nue ? [...] Voilà ce qu'il faut y voir. À chaque cheveu qu'un tisseur choisit et noue, il garde ceci présent à l'esprit : J'appartiens à l'Empereur. [...] » page 41.

«  - En confectionnant ces tapis, les Tisseurs servent l'Empereur. Ils les croient destinés à orner son palais.
Silence déconcerté.
- Son palais ?
- Oui.
- Mais il n'y a rien dans le palais qui ressemble de près ou de loin à un tapis de cheveux.
- Précisément. C'est là le mystère. [...] Sur le dernier rapport de l'expédition, poursuivit-il en se délectant de chacune de ses paroles, il apparait qu'à ce jour on a trouvé huit mille trois cent quarante-sept planètes productrices de tapis. » page 170.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 28 août dans La boîte de Pandora, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Pando.
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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 15:05
Abarat - tome 1, de Clive Barker
Le Livre de Poche, février 2008, 471 pages

Résumé
Candy Quackenbush s'ennuie à Chickentown, petite ville triste de l'Amérique profonde. Jusqu'au jour où elle pénètre par hasard dans le royaume magique d'Abarat, un archipel composé de vingt-cinq îles mystérieuses aux étranges habitants. Au fil de rencontres merveilleuses, émouvantes ou terribles, Candy va découvrir pourquoi cet univers lui semble curieusement familier et pourquoi elle se sent prête à y affronter tous les dangers...
Clive Barker signe avec Abarat une œuvre majeure dans la lignée du Magicien d'Oz. Un magnifique livre contenant plus de cent illustrations en couleurs réalisées par l'auteur lui-même. Disney, séduit par cet univers aussi bien graphique que romanesque, prévoit une adaptation cinématographique, une série télévisée, un jeu vidéo et la construction d'un espace interactif à Disneyworld.

Mon avis
Ce livre est « parsemé » de près de 100 illustrations. C'est à mon sens le gros plus de ce bouquin, elles sont en effet sublimes et m'ont permis de mieux m'imaginer ce monde ahurissant qu'est l'Abarat.
Cet univers bien à part est en effet plein de descriptions sur ses habitants et ses lieux. J'avoue que parfois, j'en faisais une overdose, tout était un peu trop... (je trouve pas le mot)... hallucinant, impossible, inimaginable. Tous les personnages sont plus étonnants les uns que les autres, ce qui est évidemment une qualité, mais au bout d'un moment, j'avais de la peine à me les imaginer. Les illustrations m'ont donc grandement servi, dès que je tournais la page et qu'il y en avait une, je me disais « Ouaaaahhhh ! Que représente-t-elle, celle-là ? ». Je me répète, mais elles sont magnifiques.
Sans elles d'ailleurs, je crois que je n'aurais que très moyennement apprécié l'histoire. Celle-ci est à mon goût un peu trop « naïve » : une fille de je ne sais plus quel âge se retrouve malgré elle dans un monde qui à première vue n'existait pas. Là-bas, elle va y rencontrer plein de créatures toutes plus surprenantes les unes que les autres et dont tout le monde sauf elle va penser qu'elle n'est pas arrivée là par hasard, mais bien pour accomplir son destin. Et au final, comme ce n'est que le premier tome (chose que j'ignorais lors de l'achat), on n'en découvre pas plus, bien que le tout premier chapitre m'a quand même fait tilter.
En résumé donc un livre qui vaut le détour pour ses illustrations, je n'ai par contre pas trouvé l'histoire extraordinaire bien que le monde d'Abarat m'a séduite.

Ma note : 7,5 / 10 (grâce aux illustrations)

Livre lu dans le cadre du défi Littératures de l'imaginaire des 5 continents, pour le continent Europe.
Ainsi que pour la lecture commune de Partage Lecture.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 15 août dans Carnet de lectures, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'Iani.
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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 08:54
Ayesha, la légende du Peuple Turquoise, d'Ange
Bragelonne, mai 2005, 611 pages, ISBN
978-2915549256

Résumé
Dans les Royaumes orientaux de Tanjor, le Peuple Turquoise est réduit en esclavage depuis des millénaires. Mais il chérit une légende qui lui donnera un jour le courage, l'étincelle, la flamme qui lui manquent pour se révolter : la légende d'Ayesha. La déesse qui viendra commander aux étoiles et lui rendre la liberté. Marikani, une reine déchue et pourchassée telle une esclave rebelle, est-elle la déesse Ayesha ? Elle qui sait pourtant que les dieux n'existent pas... Elle qui allumera le feu de la révolte et deviendra le guide de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, jetés sur les routes en quête d'un refuge impossible, à travers le chaos et la guerre. Ceci est l'histoire d'une femme indomptable, de ceux qui l'ont aimée et de ceux qui l'ont trahie. C'est l'histoire d'une révolution.

Mon avis
Je voulais lire ce livre depuis longtemps, et j'ai profité de mes vacances pour le lire. Je l'ai d'ailleurs fini à la lumière de mon portable, dans la voiture, sur le chemin du retour des vacances !
Alors, tout d'abord, j'ai un peu été déçue. Déçue, car je n'ai pas été transportée par ce livre. C'était très sympa, mais je l'ai trouvé un peu long, et je ne sais pas, il n'y a pas eu la petite étincelle qui fait que je n'arrive pas à décrocher du livre. Mais c'est tout de même une bonne lecture et elle est agréable, la preuve c'est que je l'ai terminé !
L'histoire en elle même est sympathique, même si l'omniprésence de la religion m'a un peu ennuyée. Le style des écrivains (eh oui, ils sont deux sous le pseudonyme d'Ange) est fluide, et assez facile à lire. Les phrases sont généralement courtes, et souvent, nous avons des successions de mini-phrases. Je trouve ça assez plaisant, ça nous met dans le rythme de l'action, ça fluidifie la lecture.
Les personnages sont attachants, notamment par le fait qu'ils ont tous plusieurs faces cachées. Rien n'est tout blanc ou tout noir, et l'évolution des personnages est flagrante. Cet aspect fait de ces personnages des êtres réels, et surtout, ça évite tous les clichés que l'on peut trouver dans les romans de fantasy, je trouve.
J'ai peur de résumer ce livre, et de donner de gros spoil quant à l'histoire. Je crois donc que je ne vais pas faire de résumé, ça m'évitera de gâcher l'histoire à certaines personnes !
Pour conclure, c'est une histoire sympathique à lire, mais il n'y a rien de transcendant non plus. Un bon moment a passer, mais c'est tout !

Ma note : 3/5

Cette chronique de lecture est originellement parue le 1er août dans Mes lectures de l'imaginaire, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Marion.

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 07:46
Jésus vidéo / Andreas Eschbach
Atalante, collection Dentelle du Cygne, mars 2001, 544 pages
Traduit de l'allemand par Claire Duval

L'auteur
Andreas Eschbach, né à Ulm en 1959, est considéré comme l'un des écrivains majeurs de la science-fiction allemande et l'un des rares à avoir été traduit dans plusieurs langues.

Accrocheur, cet extrait de quatrième de couverture (dans laquelle je découvre au passage, et avec stupeur, la francisation (?) du mot « thriller » en « frileur » !) !
Et comment ne pas être accroché ?! La découverte, dans le présent, de l'existence probable d'une caméra vidéo dont la sortie sur le marché est prévue, dans le futur, et qui contiendrait vraisemblablement des images de la Palestine du Ier siècle, soit il y a 2000 ans, période et lieu, au passage, peu anodins, voilà qui demande des explications !

Et des explications, l'auteur, Andreas Eschbach, n'en manque pas. Par le biais de personnages issus de convictions et de milieux différents, dont un archéologue britannique, trois étudiants, dont un Américain et deux Israëliens, un businessman américain, un écrivain de science-fiction allemand, et j'en passe, nous voilà embarqués dans les plus folles théories échafaudées tour à tour par nos protagonistes, et dans une course-poursuite trépidante après la vérité, tout le long de ce roman palpitant.

Mes nerfs ont été mis à rude épreuve par l'ingéniosité de l'auteur à faire durer le suspense, j'ai trouvé ça même limite trop travaillé, ce qui a failli avoir raison de ma patience, mais bon, l'enjeu était tel que je ne pouvais que subir le rythme imposé. Heureusement, l'action ne manque pas, les personnages sont d'un réalisme très appréciable, le roman se laisse lire vraiment agréablement et aisément, et on n'est pas rongé par l'ennui une seule seconde. Bon, je me serais peut-être passée de l'histoire entre Stephen, l'étudiant américain, et Judith, franchement j'ai trouvé tous ces passages un peu niaiseux, peut-être trop conventionnels et sans surprise pour être palpitant, mais bon, un peu de romance, ça trouve toujours son public...
 
En revanche, les différentes théories élaborées autour du voyage dans le temps pour expliquer la possibilité de l'existence de cette caméra m'ont littéralement passionnée !
C'est un roman foisonnant où les idées pour comprendre ce phénomène a priori impossible fusent dans tous les sens, on y prend part en se demandant comment l'auteur va se dépêtrer pour conclure ce récit de façon à ce que son histoire tienne la route et qu'elle soit même crédible, et au final, il s'en sort drôlement bien le bougre !
Les idées fusent, la possibilité d'un canular est même envisagée, le roman est foisonnant, mais en même temps c'est très limpide, pas embrouillant, les raisonnements sont sans faille et d'une logique implacable, et quand on croit être sur la bonne piste, persuadé de l'évidence des faits, une surprise nous attend souvent au détour du chemin !

Un très bon roman SF comme ça faisait longtemps que je n'en avais pas lu un, et puis quel fabuleux voyage dans Jérusalem !

Du même auteur, j'ai toutefois préféré Des milliards de tapis de cheveux http://lecture-sans-frontieres.over-blog.com/article-17892998.html, c'était une expérience de lecture particulièrement originale dans mon souvenir, il y avait quelque chose de vraiment fantastique dans cet univers et ce qui s'y passait, mais bon, ces deux romans ne sont pas tout à fait comparables, ce sont deux genres très différents dans le ton et le contexte, et un auteur à l'aise dans la diversité de styles, d'intrigues, de tons, d'histoires, d'imagination, qui n'a pas peur d'explorer différents horizons, est particulièrement admirable à mon sens !

Dans ce roman-ci, j'ai beaucoup aimé aussi la présence de l'écrivain de science-fiction, Peter Eisenhardt ! Sa participation à cette aventure - démonstration d'autodérision chez l'auteur - m'a énormément amusée !

Ici, un extrait où John Kaun, le businessman, s'adresse à lui :
« Voyez-vous, je suis un businessman. [...] Mais ce qui fait vivre un homme d'affaires, c'est son sens des réalités. [...] Un écrivain, et a fortiori un écrivain de science-fiction, se situe à l'extrême opposé. S'il avait un sens aigu des réalités, il commencerait déjà par ne pas écrire du tout, car la probabilité d'être un jour publié est inférieure aux chances de survie d'une boule de neige en enfer. Mais en matière d'imagination, par contre, il se doit d'être un géant, un artiste, un véritable acrobate, capable d'évoluer dans l'eau dans l'univers de l'impensable, de l'insensé, de l'absurde. Il faut qu'il puisse suivre de manière logique les raisonnements les plus aberrants, qu'il soit maître de l'espace et du temps, en transgressant toutes les règles si nécessaire. Rien ne doit lui sembler impossible. »

Et c'est pour ça que j'aime la science-fiction, parce que dans les livres, les films, bref, les histoires, ce que je recherche entre autres, c'est d'être épatée par l'imagination de l'auteur, et la science-fiction, c'est le terrain le plus propice au déploiement de l'imagination d'un auteur !

Cette chronique de lecture est originellement parue le 5 juillet dans Lecture sans frontières, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'A Girl from Earth.

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 13:14
Le seigneur des anneaux, 2 : Les deux tours / J.R.R. Tolkien
Pocket Fantasy ; 2005 ; 569 pages ; ISBN 978-2266154130

Avant l'année dernière, je n'avais pas encore lu ce pilier de la Fantasy...

Désormais, il ne me reste plus que le dernier tome de la trilogie à dévorer.

Oui, car là est le problème avec cette quête.

Il faut se rationner, ralentir la lecture pour ne pas voir se refermer un monde merveilleux...

Les presque six cents pages se lisent sans peine et sans ennui.

Le pays qu'a inventé Tolkien est très riche en couleurs, en odeurs, en personnages...

Ne perdez pas de temps ! Lisez-le !

Ce livre sur Bookcrossing, site sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Bilbi, ainsi que sur son blog Livres etc.
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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 07:44

Après avoir dévoré 1984 en une journée car je ne pouvais plus le lâcher, j'ai voulu lire un autre roman de George Orwell pour le défi Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents.

 

La ferme des animaux est un roman plus court écrit en 1945 (publié en Angleterre en 1945 et en France en 1947) soit 4 ans avant 1984.

Paru chez Gallimard dans la collection Folio (n° 1516, décembre 2008, 151 pages, ISBN 97862-07-037516-5), Animal Farm est traduit de l'anglais par Jean Quéval.

 

J'ai eu l'impression que La ferme des animaux était un galop d'essai avant 1984. George Orwell a imaginé un coup d'état fomenté par un petit groupe d'individus (des animaux) dans un milieu clos (une ferme) et a « observé » ce qu'il s'y passait. Il semblerait que l'auteur n'ait rien laissé au hasard et que, bien que bref, ce récit soit très complet !

 

Une nuit de mars, le cochon Sage l'Ancien - qui a fait un rêve la nuit précédente - convoque tous les animaux dans la grange et propose aux cochons, chiens, poules, pigeons, vaches, moutons, chevaux, canards, chèvre, âne, corbeau apprivoisé et chatte de faire une révolution pour devenir propriétaire de la ferme et de leur travail. « Nous avons une vie de labeur, une vie de misère, une vie trop brève » (page 11) et « L'Homme est notre seul véritable ennemi. Qu'on le supprime, et voici extirpée la racine du mal » (page 12) affirme Sage l'Ancien, entraînant à sa suite tous les animaux, même les plus attachés à l'Homme et même les plus sceptiques.

Trois nuit après, ce brave cochon meurt de vieillesse « paisiblement dans son sommeil » (page 20) mais ses idées demeurent et sont reprises par deux verrats, Boule de Neige et Napoléon ainsi que par un cochon à l'engrais, Brille-Babil qui élaborent « un système philosophique sans faille », l'Animalisme (page 21).

Le 21 juin, la Ferme du Manoir passe des mains de Mr. Jones aux pattes des animaux qui la peuplent et devient la Ferme des Animaux.

Mais tout n'est pas idéal, certains animaux apprennent plus vite que d'autres, certains travaillent plus que d'autres, et puis surtout « Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d'autres » !

 

Je suis sûre que l'auteur n'a pas choisi au hasard certains éléments.

La nuit, c'est le symbole du secret, des choses qui ne doivent pas être révélées, et c'est par un « rêve » que tout commence.

La ferme, c'est le symbole de la prospérité « Fertile est le sol de l'Angleterre et propice son climat » (page 11).

Le cochon est considéré comme un animal sale qui se roule dans la fange, pourtant le cochon Sage l'Ancien dénonce l'homme qui « ne donne pas de lait, [...] ne pond pas d'oeufs » et qui est « trop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pour attraper un lapin ». Mais n'est-ce pas le cas du cochon ? C'est pourtant lui l'instigateur de la révolution et de tout ce qui va en découler !

Tout y est, la doctrine et les Camarades à sauver, les slogans ou Sept Commandements (page 30), l'hymne « Bêtes d'Angleterre » (pages 17 et 18), l'endoctrinement et l'embrigadement, les réunions, le soulèvement, la victoire, les convaincus (cons vaincus ?), les fidèles disciples (qui d'ailleurs vont se tuer à la tâche), les idiots utiles (Bêêêê ! « Quatrepattes, oui ! Deuxpattes, non ! »), l'armée spéciale entraînée en secret (les 8 chiots arrachés à leurs mères et devenus de véritables tueurs dénués de sentiments), « l'émotion, la fièvre et la frénésie » (page 18), la rééducation (la chatte, plus indépendante, et refusant la rééducation, partira très vite : quel animal intelligent !), et même la foi en un autre monde, la Montagne de Sucrecandi, véhiculée par le corbeau (le seul animal qui voit ce qui se passe à l'extérieur de la ferme).

 

Lisez ce petit livre pour découvrir comment tout cela va se passer et... se finir (la chute est surprenante).

Un roman plein d'humour dans lequel George Orwell dénonce les totalitarismes tout comme dans 1984, mais qui est moins connu ce qui est vraiment dommage.

Ce texte est sûrement un conte fantastique mais il me semble qu'il peut être classé en SF prospective puisque c'est une « simulation faite sur l'évolution d'une société » (voir la page sur les genres et les sous-genres en littératures de l'imaginaire).

 

Cette chronique de lecture est originellement parue le 23 avril dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Catherine.

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