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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 13:04

EpeeShannaraL'épée de Shannara, de Terry Brooks

Shannara, tome 1

Le livre de poche, Hachette Jeunesse – Fantasy

317 pages, ISBN 978-2-01-321262-5

Quatrième de couverture
Le monde est au bord de la destruction !
Le maléfique Roi-Sorcier, que tous croyaient anéanti, est de retour, plus puissant que jamais.
Mais l'épée de Shannara peut encore le détruire.
Or, le seul qui puisse la retrouver et la brandir est un jeune demi-elfe sans histoire du nom de Shea. Désormais l'unique espoir espoir des peuples libres, c'est lui !

L'histoire, par moi contée
Ce premier tome retrace le périple de 8 aventuriers réunis autour d'Allanon, sans qu'il soit le héros de l'histoire. Le but de ces compagnons est de rejoindre la forteresse des druides à Paranor pour récupérer l'épée de Shannara. Ils se doivent d'être discrets, leurs ennemis sont nombreux et dirigés par le Roi-Sorcier qui ne compte pas leur laisser prendre possession de l'arme qui pourra le détruire.

Mon avis
Une histoire linéaire et facile à suivre, du grand classique dans le genre Fantasy. Un jeune héros innocent se voit confier une mission presque impossible qui devrait sauver le monde. En chemin, il croise de nouveaux compagnons, chacun très doué dans un domaine précis, et qui prouveront leur valeur chacun à leur tour.
L'histoire est portée par des scènes d'action bien écrites. Je regrette cependant le peu de travail qui a été fait sur la description du monde, et le peu d'informations que l'on a sur 'les temps passés', alors que cela pourrait expliquer bien des choses. Mais on ne reçoit que quelques détails qui ont du mal à former un tout réellement cohérent.
Si le suspense sur la fin de l'histoire n'existe pas vraiment (les gentils vont gagner), on est au moins tenu, dans ce premier tome, par le mystérieux Allanon et le secret qu'il cache aux autres. Il faudra attendre le tome suivant pour le savoir.
Un livre à mon sens destiné aux plus jeunes adolescents, voire aux enfant, qui ont envie de découvrir sans difficultés le monde de la littérature Fantasy.

 

Cette chronique de lecture est originellement parue le 28 avril 2012 dans Le petit monde de Naëlline, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Naëlline.


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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 13:46

Stardust.jpgStardust, de Neil Gaiman
J'ai Lu, Fantasy, 2010, 222 pages, ISBN 978-2-290-00597-2

Neil Gaiman (né le 10 novembre 1960 à Portchester) est un auteur britannique de romans et de scénarios de bande dessinée vivant aux États-Unis. Auteur prolifique et polyvalent, il a percé sur la scène du fantastique anglo-saxon grâce à sa série Sandman publiée par DC comics dans les années 1990.
Gaiman suit des études de journalisme après avoir été refusé par plusieurs éditeurs pour se créer des contacts pouvant l'aider, du moins l'espère-t-il, à être publié plus tard. C'est à cette époque qu'il écrit son premier livre, la désormais très recherchée biographie du groupe Duran Duran ainsi que de nombreux articles pour Knave magazine. Il collaborera avec Terry Pratchett sur De bons présages (Good Omens), à propos de l'imminence de l'apocalypse.
Gaiman commence à travailler sur des comic books après avoir lié amitié avec Alan Moore. Il écrit deux romans illustrés anglais avec son vieil ami et collaborateur favori Dave McKean : Violent Cases et Signal to Noise. Par la suite il travaille pour DC Comics qui publie L'orchidée noire.

Synopsis
D'un côté, il y a Wall, paisible village niché au sein d'une calme forêt anglaise.
De l'autre, le pays des fées, univers d'enchantements, de sorcières, de licornes et de princes sanguinaires.
Entre les deux, il y a le mur, l'infranchissable et épaisse muraille qui ceint le hameau et le sépare de Féerie. Infranchissable ? Pas tout à fait, puisque tous les neuf ans s'ouvre la foire des fées qui, durant un jour et une nuit, permet aux deux mondes de se rencontrer. Dans certaines circonstances, cependant, attendre si longtemps pour pénétrer en Féerie est impossible.
Car quand on s'appelle Tristan Thorn et que l'on a promis à sa belle l'étoile filante tombée du firmament de l'autre côté du mur, aucun obstacle ne saurait s'élever contre l'amour...

Mon avis
Voilà qu'un beau jour, je trainais sur un certain forum et qu'on parlait auteurs... Une certaine Lelf parlait d'un auteur nommé Neil Gaiman, ce nom inconnu titilla ma curiosité et j'ai donc été voir sa fiche sur ledit forum, certains de ces livres m'ont tapé dans l'œil et furent donc mis dans ma wishlist... Stardust étant le premier !
Pour trouver ce livre, la quête fut longue et éprouvante car je voulais absolument l'édition avec le petit lutin (qui finalement à un sourire effrayant ^^) que j'ai finalement trouvée lors de la rencontre des Livraddictiennes de Lorraine !
Le livre a donc traîné un petit moment dans ma PAL jusqu'à il y a quelques jours encore... Et là, regardons ce que j'en pense :

J'ai aimé/J'ai adoré
- L'écriture tout en douceur, très poétique, dans un style conte de fée de l'auteur (d'ailleurs le livre commence par « Il était une fois »).
- L'histoire poétique, romantique, magique... (enfin ce que vous voulez).
- La vitesse de lecture (en ce moment je lis par période de 30 min -1 h - 1 h 30 maxi et ça avançait super vite, je croyais que je commençais à peine un chapitre qu'il était déjà fini, bon certes, il n'y a que 10 chapitres et un épilogue).
- Les personnages attachants et mystérieux.
- Les décors : une forêt fantôme, un palais sale avec des « vieilles peaux » et un miroir qui reflète tout le contraire, un bateau volant pour chasser les foudres.
- La totalité du livre.

J'ai pas aimé/J'ai détesté
- Un petit soucis dans mon édition :  il manque des sauts de ligne à certains moments, donc quand on passe d'une situation à une autre, on est un peu perdu en l'absence de ce saut de ligne mais on s'en remet très vite :P

Je regrette
- « Non rien de rien, non je ne regretteuh rien ».

StardustFilm.jpgLe coin cinéma
J'avais entendu parler du film correspondant à ce livre, je me suis donc dit pourquoi ne pas le regarder !? Et par chance il était à la médiathèque, je l'ai donc emprunté et regardé (avant même d'avoir fini le livre).
J'avoue que le film est superbe, mais j'ai trouvé pas mal de divergences avec le livre :
- c'est qui ce type là ?
- il est où mon petit bonhomme poilu ?
- hein mais c'est pas comme ça dans le livre !
- euh nan il est comme ça lui ? O_o
- looooooooooooool j'aurais pas osé moi ^^
Et comme je n'avais pas lu la fin, j'ai cru me spoiler mais en fait que nenni ou presque, la fin dans le livre et la fin (la dernière demi-heure) du film sont 'totalement' différentes : en effet dans le film ça se finit comme dans un vrai conte de fées, dans le livre la fin est sans doute plus 'réaliste' (même si ça reste très conte de fées) mais j'ai trouvé que dans les deux cas ça ne gâchait en rien l'histoire !
 
En conclusion, le livre comme le film m'ont énormément plus (serait-ce un coup de cœur ?) et je pense que ma découverte de Neil Gaiman ne fait que commencer, car dans ma PAL se trouve déjà L'étrange vie de Nobody Owens. En tout cas, je conseille ce livre à tous ceux qui n'ont pas perdu leur âme d'enfant et les personnes fleur-bleue (si c'est pas romantique de vouloir rapporter une étoile à sa dulcinée ?). Et pour ma personne, je pense que je verrai les étoiles autrement maintenant ;)

Ce livre a aussi été lu dans le cadre du défi Littérature de l'imaginaire sur les 5 continents [mon second livre pour ce challenge].

Bonne lecture !
Bulle de Neige

Cette chronique de lecture est originellement parue le 22 septembre dans Bulle de livre, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Snow.

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 13:25

Enchantement.jpgEnchantement, d'Orson Scott Card
Points fantasy, 576 pages

Quatrième de couverture
Au cœur de la forêt ukrainienne, le petit Ivan découvre une jeune fille endormie sur un autel. Une présence inquiétante le pousse à s'enfuir. Des années plus tard, Ivan revient sur les lieux. Cette fois, il ose embrasser la belle... Et se retrouve précipité mille ans auparavant, dans un monde parallèle où la sorcière Baba Yaga fait peser une terrible menace. Une réinterprétation libre et magistrale de La Belle au bois dormant, par l'un des auteurs de fantasy les plus talentueux au monde.

Mon avis
Quelle excellente lecture, je me suis régalée et j'ai été tout simplement enchantée par ce livre. Certes le jeu de mot est facile mais tellement représentatif de mon ressenti après avoir refermé le livre !
L'auteur nous raconte le après « ils se marièrent et ils eurent beaucoup d'enfants ». Nous sommes à la fois proche et loin du conte classique de notre enfance.
Ce que j'ai trouvé absolument génial durant la lecture c'est que l'auteur, tout en gardant le côté conte de fée, a aussi apporté une note de modernisme.
En fin de compte nous avons là une histoire totalement cohérente à une époque moderne tout en gardant un côté féerique malgré tout.
Il y a aussi le côté très réaliste du monde de la princesse que j'ai beaucoup apprécié.
J'avais un peu l'impression lors de ma lecture que c'était la même histoire que je lisais lorsque j'étais petite, enfin bon la suite bien évidement, mais avec une écriture et un style adaptés à l'adulte que je suis devenue.
Mais ne nous y trompons pas, à mon humble avis, il faut avoir gardé une part d'enfance au fond de soi pour pouvoir apprécier ce livre.
Grâce à cette lecture, je sais enfin, même si je ne me suis pas spécialement posé la question, qu'elle était la vie de la sorcière ! Nous entrons dans son antre ! Et quelle méchante sorcière elle est !!! Aucune morale, une méchante une vraie, elle ne fait aucune concession, n'a aucune pitié, elle est cruelle, limite psychopathe, elle aime faire souffrir avant de tuer !!!
J'ai adoré la manière de passer d'un monde à l'autre, la découverte de la princesse par Ivan, la pointe d'humour qu'il y a dans ce livre, les surprises sur différents personnages.
Voilà, l'auteur nous surprend avec cette histoire, nous met des étoiles dans les yeux, nous fait peur comme lorsqu'on était petit et ça c'est jubilatoire !
Un livre à lire absolument parce qu'il est génial !!
Ma note 9/10

Cette chronique de lecture est originellement parue le 24 septembre dans Le boudoir des livres, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Sylvie.

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 12:20

LaRoute.jpgLa route est un roman de science fiction de Cormac McCarthy paru aux éditions de l'Olivier en janvier 2008 (245 pages, 21 €, ISBN 978-2-87929-591-6).

The Road (2006) est traduit de l'américain par François Hirsch.

Ce roman est disponible aussi en poche aux éditions Points (mai 2009, 251 pages, ISBN 978-2-75781-161-0).

 

Cormac McCarthy est né le 20 juillet 1933 à Providence (Rhode Island) et vit au Texas. Il a reçu le prix Pulitzer en 2007 pour La route.

Actes Sud : L'obscurité du dehors (1991), Un enfant de Dieu (1992), Méridien de sang (1998), De si jolis chevaux (premier volume de la Trilogie des confins, 1993)

L'Olivier : Le grand passage (1994), Des villes dans la plaine (1998)

 

Un homme et son fils sont sur la route, ils veulent aller vers le sud, ils traversent des forêts calcinées sans plus d'animaux et des villes en ruine couvertes de cendres où il n'y a plus âme qui vive, ou presque... Ils poussent un caddie dans lequel ils mettent ce qu'ils trouvent et qui peut leur être utiles, des couvertures, des vêtements, des ustensiles et heureusement un peu de nourriture et d'eau.

On ne connaît pas leur nom, l'homme est appelé « l'homme » et l'enfant « le petit ». On en sait pas exactement ce qui s'est passé, guerre, accident, catastrophe naturelle, nucléaire, mais en tout cas c'était radical.

LaRoutePoche.jpgPour survivre, ils avancent, connaissent la peur et voient l'horreur.

 

« Ils allaient vers le sud. » (page 10).

« Ils étaient sur la route. », « La route était déserte. » (page 11).

« Il faisait très froid. » (page 14).

« S'ils se faisaient mouiller sans doute qu'ils mourraient. » (page 19).

 

DefiSF2010.jpgJ'ai lu ce roman d'une traite et il m'a beaucoup impressionnée tant au niveau du thème qu'au niveau du style. Il est à la fois dépouillé et à la fois d'une grande profondeur. Un chef-d'œuvre de la SF que je mets avec plaisir dans mon défi Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents pour l'Amérique en plus du défi SF 2010.

 

Je ne vais rien dire de plus car il faut que vous le lisiez, que vous vous rendiez compte par vous-mêmes, que vous sachiez que c'est possible.

 

Je verrai sûrement un de ces jours le film réalisé par John Hilcot en 2009 avec Viggo Mortensen (le père), Kodi Smit-McPhee (le fils) et Charlize Theron (la mère qui n'apparaît pas dans le roman, sauf dans leurs souvenirs).

Le site officiel en anglais : http://www.theroad-movie.com/.

Le site officiel français : http://www.laroute-lefilm.com/.

 

Cette chronique de lecture est originellement parue le 26 juillet dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Catherine.

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 00:20

MosaiqueSarance1.jpgPour toi, Cher Lecteur Improbable, j'ai passé outre un débit Internet aussi rapide qu'un escargot cheminant sur des dos d'âne afin de poster ma note de lecture dans le cadre du défi des Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents.
Mais que ne ferais-je pas pour toi ! (comment ça fayote !!), voici donc...

La mosaïque de Sarance, de Guy Gavriel Kay
Buchet/Chastel, 2001
Tome 1 – Le chemin de Sarance, 427 pages, ISBN 2-283-01843-9
Tome 2 – Le seigneur des empereurs, 501 pages, ISBN 2-283-01852-8
Fantasy historique

L'auteur
Guy Gavriel Kay est né le 7 novembre 1954 au Canada.
En 1974, alors qu'il est étudiant en philosophie, il est engagé par C. Tolkien pour l'assister dans son travail sur le Silmarillion puis il reprend des études de Droit, en 1976, à l'université de Toronto où il réside toujours.
Il a ensuite été scénariste de la série The Scales of Justice (1982-1989), produite par la chaîne Radio-Canada. C'est à la même époque qu'il publie ses premiers romans, la trilogie fantastique La tapisserie de Fionavar (1 - L'arbre de l'été, 2 - Le feu vagabond / 3 - La voie obscure) dont le tome 2 reçoit le prix Casper (renommé prix Aurora depuis 1990) en 1987.
Il développe par la suite un univers plus personnel, souvent qualifié de fantastique historique.
Ses romans sont traduits dans le monde entier. Ils se sont vendus à plus d'un million d'exemplaires, ce qui fait de Guy Gavriel Kay l'un des auteurs canadiens les plus lus actuellement.
(source : Wikipédia)

MosaiqueSarance2.jpgL'histoire
Sarance est la cité d'or : sacrée aux yeux des fidèles, glorifiée par ses poètes, elle est un joyau universel, au cœur d'un empire.
Mais les fondations de cet empire s'élèvent sur les ruines d'un ordre plus ancien, aux confins de l'Ouest, et derrière la magnifique façade de la cité se cache un monde d'intrigues et de conspirations. L'empereur Valérius II de Sarance et sa brillante épouse doivent en même temps lutter contre les païens à l'Est, les tribus barbares de l'Ouest et du Nord, et faire face aux complots au sein même de leur cour.
Sagace autant qu'ambitieux, l'empereur cherche à reconquérir les territoires perdus. Il entreprend également la construction du sanctuaire le plus somptueux que le monde ait jamais connu. Dans le même temps, dans les profondes forêts de lointaines provinces, on continue de pratiquer des rites sauvages illégaux et hérétiques.
Apparaît alors Crispin. Il entreprend un long et périlleux voyage pour atteindre la cité des cités, ignorant si le véritable danger réside dans le voyage lui-même ou dans sa destination.
En effet, répondant à une assignation impériale, chargé d'un message secret, il voyage sous une fausse identité. D'autres hommes sont morts pour moins que ça. Et Crispin, avant d'atteindre Sarance, doit d'abord traverser les terres d'élection des rites païens par une sinistre matinée du jour des Morts...
(source : 4e de couverture du tome 1)

Mon avis
Voilà une saga Fantasy comme je les aime, quoique la mettre dans le genre Fantasy est presque limite, car il n'est point ici question de magie ou si peu...
C'est vraiment un récit historique, apparemment inspiré de l'empire Byzantin et de la vie de Justinien et Théodora (pour les nuls en Histoire comme moi, voir ici, et encore ici – vraiment très instructif).
Et pourtant, ce récit épique m'a tenue en haleine jusqu'au bout !
Les personnages y sont très bien décrits (y compris les personnages 'secondaires').
Ils ont de la profondeur et une présence indéniable.
Quant aux intrigues de la cour de Sarance et aux manigances politiques, elles font partie intégrante du récit et ne sont ni ennuyeuses ni trop lourdes.
Enfin, les descriptions de courses de chars valent le détour à elles seules !
En conclusion, ces deux livres sont très sympas, prenants et se lisent facilement.
Profitez-en dans votre transat !

À bientôt.
Et bonnes vacances à ceux qui y sont !

Cette chronique de lecture est originellement paru le 26 juillet dans Lucille a dit, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de LucilleAnne.

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 13:00

Et voici venu le temps d'une autre chronique de lecture pour le challenge Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents qui concerne le continent américain et plus exactement le Québec.

Et bien sache, Cher Lecteur Improbable, que si ma 1ère chronique m'a semblé relativement 'facile', j'ai, pour celle-ci, sué sang et eau !!
En effet, il y a maintenant plus de 10 jours que j'ai fini ce livre et depuis, impossible d'écrire quoi que ce soit de cohérent... À part bien sûr : « j'ai trop aimé ce bouquin ! » qui, comme je le sais, n'est pas une chronique recevable.

C'est donc après moults brouillons et arrachages de cheveux que je te propose la note ci-dessous. C'était ça ou je m'exilais dans la jungle péruvienne...

PaysMeres.jpgChronique du Pays des Mères, d'Élisabeth Vonarburg
Le Livre de Poche, collection Science-Fiction, 1996, 636 pages, ISBN 2-253-07187-0
Genre : SF post-apocalyptique

L'auteur
Élisabeth Vonarburg est née à la vie en 1947 (Paris, France), à la poésie en 1960, et à la science-fiction en 1964, vit à Chicoutimi (Québec) depuis 1973.
A enseigné la littérature et la création littéraire dans diverses universités du Québec (Chicoutimi, Rimouski, Laval). Agrégation de lettres modernes (1972, France), Ph.D. en Création littéraire (Laval, 1987), écrivaine à plein temps depuis 1990, collabore à la revue Solaris depuis 1974 (directrice littéraire).
Chansonnière, essayiste, animatrice radio, traductrice de nombreux romans de SF & F. Organisatrice de quatre congrès québécois Boréal de SF (Chicoutimi, 1979, 1982, 1988, 1999). Présidente (1996-2000) et membre (1994-2002) de l'Association professionnelle des écrivains de la Sagamie-Côte-Nord.
(source : http://www.noosfere.org/heberg/auteurstf3/biographie.asp?site=58 – site officiel de l'auteur)

L'histoire
La stupidité des hommes a jadis ruiné la planète Terre. La sensibilité des femmes permettra-t-elle de la réparer, ou plutôt de la laisser se réparer ?
C'est la question que se pose Lisbeï au cours d'une longue vie aventureuse qui va les mener du Pays des Mères, où les sexes vivent séparés, vers un avenir encore incertain où ils parviendront peut-être à se retrouver.
(source : 4e de couverture)

Mon avis

La première chose que l'on peut dire c'est que malgré la vie aventureuse de Lisbeï citée en 4e de couverture, ce n'est pas du tout un livre d'action.
Mais plutôt la description à plusieurs voix de l'évolution physique, psychique et émotionnelle de Lisbeï – que l'on suit de ses 5 ans environ jusqu'à sa mort – et donc en toile de fond de celle du Pays des Mères.
Dis comme ça, ce livre a l'air ennuyeux au possible, alors que c'est un vrai bonheur à lire ! On a du mal à le lâcher tant on veut savoir si Lisbeï trouve les réponses à ses questions...
Questions qui deviennent nôtres car nous n'en savons pas plus qu'elle et découvrons le Pays des Mères à travers ses yeux et ce que l'on veut bien lui en dire.

La seconde, c'est que ce n'est pas – toujours malgré ce que l'on pourrait croire en lisant la 4e de couverture – un livre sexiste du type les méchants hommes y ont tout cassé, heureusement qu'il y a les gentilles femmes pour tout réparer.
É. Vonarburg est tout à fait réaliste sur la violence des femmes – qui est peut être moins physique que celle des hommes, quoique le 'temps des Ruches' n'accrédite pas cette thèse – mais qui est tout aussi réelle et mortelle.
De même que leur soif de pouvoir, leurs petites mesquineries et autres (nan, j'suis pas un homme avec un pseudo de fille, mais alors !! :D).

[...] Et tout ce qu'elles ont su en faire, c'est une renégate. Ce sont elles qui l'ont tuée, aussi sûrement que si elles l'avaient poussée de ce toit. [...]
p. 100

Néanmoins, il est vrai qu'il est ici surtout question des différences de statut homme/femme (inverses à ce que l'on connaît aujourd'hui d'ailleurs... Ainsi, entre autres spécificités du vocabulaire, au niveau grammatical il + elle ≠ ils mais elles... ce qui est un peu déstabilisant à lire au début mais on peut se demander pourquoi...) puisque dans ce Pays des Mères, les hommes sont exclus de bien des manières
interdits de participation aux Jeux, aux assemblées, à certains métiers, etc. – mais celles-ci peuvent se rapprocher des conditions des Noirs dans certains pays, des Juifs à certaines époques, etc. J'y ai donc surtout lu une dénonciation de toute discrimination qu'elle soit sexuelle, raciale, sociale ou autre et un hymne à la différence.

[...] Pas possible, hein, admettre qu'il y ait les autres ! Toujours tout ramener à soi, c'est bien plus facile. [...] – p. 543
[...] ça te fait trop peur si j'existe trop, si je ne suis pas comme toi ? [...] – p. 544
[...] Et quand j’ai commencé à ne plus vouloir être toi... tu n'as plus voulu être avec moi. [...] – p. 545
[...] Non, nous sommes chacune, chacun, dans notre corps, et même quand les corps sont identiques, les personnes ne le sont pas. À plus forte raison, alors quand les corps ne sont pas identiques. Et tant mieux : comment pourrions nous toucher les unes les autres et exister quand même, sinon ? [...] – p. 614


Et de cette différence naît la complémentarité.
Mais c'est celle-ci qu'ont oubliée les femmes et les hommes du Pays des Mères - d'où leur souffrance

[...] c’étaient seulement des voix, des voix d'hommes [...] – p. 446
[...] ce jeune Mâle qui sanglote sans faire de bruit en revenant de la chambre de la Mère. Il a essayé, pourtant, il a essayé de lui faire plaisir comme il l'a appris, mais elle l'a repoussé avec violence, elle l'a regardé comme s'il était une sorte répugnante d'insecte [...] – p. 447
[...] qui entend en sortant de l'infirmerie la Médecine dire à son assistante : « celui-ci ne produit plus beaucoup, il sera fini bientôt. » Et c'est vrai, elle a raison, mais pas comme elle le pense [...] il ne peut plus. [...] Pas parce qu'il est stérile : parce qu’il est impuissant. – p. 447/448
[...] ce tout petit Vert qui pleure dans un coin obscur d'une garderie parce qu'il a appris que les garçons ont été punis par Elli. [...] – p. 448
[...] s'y était joint peu à peu, des voix de femmes [...] – p. 449
[...] « Ils ont la vie belle, ce ne sont pas eux qui les portent et qui s'en occupent, ce ne sont pas eux qui en meurent. » – Non, pas de la même façon... [...] – p. 449
[...] l'intonation de Cardèn [...] ce mélange de lassitude, de résignation, la seringue, l'attente, la déception-soulagement et « j’y retourne » [...] – p. 449


et qu'ils devront retrouver s'ils veulent avancer vers un futur meilleur.

Pour terminer, je dirais que ce livre est irrésumable et que la 4e de couverture ne rend pas hommage à la complexité de l'histoire.
Bref, un livre à lire absolument, ne serait-ce que pour se forger sa propre opinion.

Edit : en faisant mes recherches pour ma note de lecture, j'ai découvert qu'un autre livre de É. Vonarburg était en fait la pré-histoire du Pays des Mères.
Le Silence de la Cité
Ce livre apporte un angle de vue nouveau sur le Pays des Mères puisqu'il contient des informations que Lisbeï ne connaît pas mais qu'elle essaye de comprendre en tant qu'archéologue.
Il faut que je le trouve maintenant... Pfffff, les challenges rallongent la PàL d'une manière phénoménale !!

Voilà, Cher Lecteur Improbable.
J'espère que ce n'est pas trop brouillon.
À bientôt.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 27 juin dans Lucille a dit, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de LucilleAnne.

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 00:08

BorgesFictions.jpgFictions, de Jorge Luis Borges
Gallimard, Folio, 1974, 185 pages, ISBN 978-2070366149
Titre original : Ficciones, 1944
 
L'auteur
Jorge Francisco Isidoro Luis Borges Acevedo naît à Buenos Aires le 24 août 1899, dans une famille cosmopolite d'avocats et de professeurs. Sa famille voyage beaucoup après la Première Guerre Mondiale, et il poursuit ses études supérieures à Genève, Barcelone, Marjorque, Séville, Madrid... commençant ses premiers travaux poétiques et littéraires.
Il revient en Argentine en 1921, où il entreprend de multiples activités : création de revues, traduction, poésie, essais, polars, chansons... C'est à la fin des années 30 qu'il commence à se faire connaître, principalement grâce à ses contes et nouvelles, dans leur majorité d'inspiration fantastique.
Après une occultation officielle par le régime péroniste, il est nommé directeur de la Bibliothèque Nationale en 1955, date à laquelle il devient définitivement aveugle par le biais d'une maladie familiale. Sa recommée devient internationale dans les années 60, notamment par l'obtention de prix prestigieux, tels que le Prix Formentor en 1961, le Prix Cervantes en 1979, la Légion d'honneur en 1983...
BorgesJorgesLuis.jpgIl se marie une première fois en 1967, pour divorcer trois ans plus tard. Après la mort de sa mère en 1975, il voyage à travers le monde, et ce jusqu'à la fin de sa vie. Ses dernières années, il vit avec son assistante, Maria Kodama, avec laquelle il se marie en 1986. Il meurt d'un cancer à Genève quelques mois après.
 
L'œuvre (présentation de l'éditeur)
Sans doute y a-t-il du dilettantisme dans ces Fictions, jeux de l'esprit et exercices de style fort ingénieux. Pourtant, le pluriel signale d'emblée qu'il s'agit d'une réflexion sur la richesse foisonnante de l'imagination. Au nombre de dix-huit, ces contes fantastiques révèlent, chacun à sa manière, une ambition totalisante qui s'exprime à travers de nombreux personnages au projet démiurgique ou encore à travers La bibliothèque de Babel, qui prétend contenir l'ensemble des livres, existants ou non.
La multitude d'univers parallèles et d'effets de miroir engendrent un 'délire circulaire' vertigineux, une interrogation sur la relativité du temps et de l'espace. Dans quelle dimension sommes-nous ? Qui est ce 'je' qui raconte l'invasion de la cité dans La loterie de Babylone ? En mettant en vis-à-vis le Quichotte de Ménard et celui de Cervantès, lit-on la même chose ou bien la décision de redire suffit-elle à rendre la redite impossible ?
Il n'est pas certain que l'on ait envie d'être relevé du doute permanent qui nous habite au cours de cette promenade dans Le jardin aux sentiers qui bifurquent. On accepte volontiers d'être les dupes de ces Artifices, conçus comme le tour le plus impressionnant d'un prestidigitateur exercé. -- Sana Tang-Léopold Wauters


BorgesBibBabel.jpg 
Mon avis
Vous l'aurez compris, il s'agit là d'un recueil de nouvelles fantastiques pour le moins frappant. Il se compose de 17 récits, articulés en deux parties : Le jardin aux sentiers qui bifurquent (1941), plutôt axé sur les jeux littéraires et historiques, qui rapprochent à mon sens Borges des jeux oulipiens, et inversement, et Artifices (1944), sur des thèmes plus sombres et intimistes. Je ne vais pas commenter chacun d'eux, seulement dire deux ou trois mots des quelques-uns qui m'ont particulièrement frappé.
Beaucoup de récits sont des critiques d'auteurs ou de livres imaginaires, tels que Tlön, Uqbar, Orbis Tertius où un livre fictif devient réel au point de prendre le pas sur l'Histoire, L'approche d'Almotasim, Examen de l'œuvre d'Herbert Quain, ou l'excellentissime Pierre Ménard, auteur du Quichotte où Borges raconte la prouesse littéraire d'un auteur français, Pierre Ménard, qui a volontairement, et sans lire le texte original, réécrit à l'identique l'œuvre de Cervantès. Sans se départir d'un humour à froid génialissime, Borges en conclut que cette version moderne, qui bien que rigoureusement similaire, est supérieure à l'originale puisque si Cervantès s'exprime dans un langage commun pour un Ibère du siècle d'or, Pierre Ménard lui a opté pour un espagnol archaïsant pour son époque, dans une tentative de reconstruction historico-littéraire absolument unique.
La bibliothèque de Babel est quant à lui le récit autobiographique d'un bibliothécaire dans un monde étrange qui n'est qu'une gigantesque bibliothèque, superposition d'étages hexagonaux, sensée contenir tous les ouvrages possibles et imaginables. Se posent alors les questions métaphysiques liées à un tel monde : à quel dessein sont voués les bibliothécaires ? Se trouve-t-il un livre qui résume tous les autres ? Qu'en est-il des différents courants de pensée quant à sa recherche ? Sur un ton doux-amer, c'est une véritable parabole du mysticisme et de la vanité de l'existence qui s'articule devant nous. Il est à noter qu'on trouve une référence à cette nouvelle, sans doute la plus célèbre de Borges, dans le roman Le nom de la rose d'Umberto Eco dans la description de la bibliothèque octogonale du monastère, et ce jusqu'au bibliothécaire aveugle Jorge de Burgos...
Je conseille aussi l'étrange Les ruines circulaires sur un magicien qui cherche à créer un autre homme, Funes ou la mémoire sur un paraplégique doté d'une mémoire illimitée (pour les lecteurs de L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau), les nouvelles policières Thème du traître et du héros et La mort et la boussole, et enfin le subtil Trois versions de Judas qui en étonnera plus d'un. Si ce sont ces quelques nouvelles qui moi m'ont personnellement marqué, je pense que chacun peut y trouver une source de réflexion. Car c'est de cela qu'il s'agit : le fantastique de Borges n'est que prétexte à une réflexion intense et surprenante (à moins que cela n'en soit que le produit). Il détourne un aspect de notre monde ou crée un nouveau monde de toute pièce, mais aborde toujours cela sereinement, avec érudition et détachement (ce qui le mène tantôt à l'humour, tantôt au désespoir, tantôt au cynisme). Et au final c'est notre propre vision du monde qui change : Borges nous apprend à voir autrement. C'est un sage qui use de ses nouvelles comme des paraboles philosophiques ; et si, comme pour toute parabole, le message n'est pas clairement énoncé (il n'y a que très rarement de morale), on a malgré tout le sentiment d'avoir suivi une leçon d'un sage et d'en ressortir plus humain.

[Une chronique de lecture de Jeff]

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 13:26

SpinAng.jpgSpin, de Robert Charles Wilson

Denoël, Lunes d'encre, février 2007, 560 pages, ISBN 978-2207258040


Voici mon 6e billet avec, côté Canada, Spin de Robert Charles Wilson.


L'auteur

Né en 1953 en Californie mais vivant aujourd'hui à Toronto, Robert Charles Wilson s'est imposé comme l'une des têtes de file de la science-fiction canadienne avec des romans tels que Mysterium, BIOS, Darwinia, Les Chronolithes, Spin ou Axis qui lui ont valu de nombreux prix littéraires, dont le prestigieux prix Hugo.


Voici une lecture dont le souvenir n'est plus aussi frais que je l'aurais souhaité et sur laquelle j'ai passé beaucoup plus de jours que prévu, faute de temps (et de concentration surtout car j'ai dévoré ce livre jusqu'à au moins sa moitié, puis relâchement fatal qui a fait que je n'ai pu me replonger dedans que quasi un mois après...).


J'en retiendrai quelques grandes lignes :

- un frisson bien ressenti à l'idée que les étoiles puissent disparaître de notre champ de vision un jour (c'est un de mes petits cauchemars, car les étoiles me font vraiment triper - une nuit sans étoiles - bouuh !!)

- un plaisir de lecture lié à l'imagination de l'auteur quant à ce phénomène du Spin. J'hésite à en dire plus mais j'ai adoré l'idée que, dans le contexte imaginé par l'auteur, on puisse réussir à terraformer la planète Mars (pas d'inquiétude, faux spoiler) - ça paraissait vraiment d'une logique implacable, limite si ça donne pas envie que le Spin arrive pour de bon...

- une petite déception par contre à la révélation de ce qu'étaient les « Hypothétiques » (si c'est bien la traduction de « Hypotheticals ») - il faut dire que c'est ce qui m'a fait aller au bout de ce roman - l'idée est brillamment développée et exploitée, tout se tient, mais j'attendais autre chose... Quelque chose de moins tiré par les cheveux sur la fin aussi peut-être (vraiment dur de parler de ce livre sans en révéler de trop...).


SpinFR.jpgLes petites lignes qui m'ont amusée :

- les clins d'œil de l'auteur à En terre étrangère de Heinlein que j'ai lu il y a peu (je me suis sentie récompensée de l'avoir lu pour le coup )

- cette phrase de Wun avec laquelle je suis plutôt d'accord : « An honest book is almost as good as a friend. »


J'ai été moyennement séduite par contre par le style de l'auteur qui m'a semblé un peu froid, ou trop sérieux peut-être, le ton grave (bon, bien sûr, l'heure est grave dans cette histoire ), ne laissant pas vraiment la possibilité au lecteur de s'attacher aux personnages ou de palpiter à la lecture des événements.


L'intrigue est admirablement bien développée et consistante, réaliste, on est dedans, mais il m'a manqué ce petit plus entraînant de bout en bout. Cela m'a fait penser un peu à Chroniques des jours à venir de Ronald Wright à ce niveau.


L'histoire entre Diane et Jason m'a barbée quelque peu mais ce qui fait la force de ce récit, c'est qu'il ne s'agit justement pas simplement d'une intrigue science-fictive pure et dure, il y a une dimension humaniste très distincte qui ressort des différentes intrigues développées par l'auteur à travers ce roman, dans les rapports humains, dans les questions que l'humanité se pose et ses réactions très variées face à cette vraisemblable fin du monde imminente, qui renforce d'ailleurs cet aspect réaliste de l'histoire.


Plusieurs thèmes sont abordés, amour filial, fraternel, amours/amitiés, enjeux politiques, mouvements religieux, etc., comme si la toile de fond science-fictive n'était qu'un prétexte à la mise en scène de tous ces éléments - j'avoue que pour ma part, j'ai préféré la toile de fond au reste qui m'a paru juste trop - trop de sujets explorés dans le détail, non pas qu'on s'y perd, c'est même très bien traité et les intrigues se fondent les unes dans les autres, certaines sont même touchantes, mais ce n'était pas ce qui m'intéressait dans cette histoire.

La toile de fond était heureusement formidablement bien exploitée sous toutes ses coutures, pour ça, on n'est pas vraiment en reste, même si j'attendais autre chose sur le développement.


Très bon roman SF dans l'ensemble, un des meilleurs que j'aie lus ces dernières années par rapport aux idées explorées. Il n'y a quasiment rien à redire, simplement on adhère ou non. Il semblerait qu'il y ait une suite d'ailleurs mais ce tome me suffit à lui seul, pas dit que je me précipite donc.


Repéré il y a deux ans comme un coup de cœur SF potentiel chez Denis (PAL-1 ).


Cette chronique de lecture est originellement parue le 26 mai dans Lecture sans frontières, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'A Girl from Earth.

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 14:54

TrilogieMars.jpgRhâââ !! Enfin ! Après trois mois de lecture, je viens de terminer la trilogie martienne de Robinson dont voici la critique pour le défi de Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents.


La trilogie martienne : Mars la Rouge - Mars la verte - Mars la bleue, de Kim Stanley Robinson (2006)
Omnibus/SF (édition intégrale avec une préface de l'auteur), 1650 pages, ISBN2-258-07022-8

Traduit de l'américain par Michel Demuth et Dominique Haas (Red Mars, 1993), Michel Demuth (Green Mars, 1993) et Dominique Haas (Blue Mars, 1996)


L'auteur
 

 

Kim Stantley Robinson, né le 23 mars 1952 dans l'Illinois, suit des études de littérature et obtient son doctorat en lettres anglaises à l'Université de Californie de San Diego en 1982 avec une thèse très remarquée Les romans de Philipp K. Dick. Sa première œuvre de fiction, la trilogie des Trois Californie, pas entièrement traduite en français, est empreinte d'un profond souci d'écologie et de développement social et d'une documentation scientifique très poussée, thèmes qui marqueront toute son œuvre.

Il obtient la consécration dans les années 90 avec la Trilogie martienne, sur la terraformation de Mars dans les deux cent prochaines années, devenue un classique de la science-fiction, mais aussi S.O.S. Antartica (1997) et les Chroniques des Années Noires (2002). Marié et père de deux enfants, il réside actuellement à Davis en Californie, où il œuvre à sa nouvelle trilogie, consacrée aux catastrophes liées à un réchauffement climatique.


 Les romans


KSRobinson.pngMars la rouge (Prix Nebula et British S.F Award 1993) : 2026, cent colons sont envoyés sur Mars poser les bases de la colonisation. Cent scientifiques, aventuriers, ingénieurs, médecins – et un passager clandestin – en complète autarcie les vingt premières années, qui auront à affronter un monde vierge, hostile, et terriblement beau. La pression d'une Terre surpeuplée et de multinationales avides de profits poussent à la terraformation et les projets pharaoniques se succèdent : densification et réchauffement de l'atmosphère, adaptations génétiques à la vie sur Mars, construction de cités sous tente, installation d'un ascenseur spatial... Et alors que les Cent Premiers se déchirent dans des luttes d'influence et de pouvoir, d'autres colons s'installent. Mais l'assassinat de John Boone, légende vivante en tant que premier homme à avoir posé le pied sur Mars et figure emblématique de la marsification des esprits, et la pression démographique sur un monde encore inadapté à l'homme, poussera au Soulèvement de 2061, une révolte désorganisée et vite réprimée par la Terre, dans une violence inouïe.


Mars la verte (prix Hugo et Locus 1994) : une trentaine d'année après le Soulèvement, la colonisation industrielle a continué et les Cent Premiers, devenus hors-la-loi vivent en autarcie dans la calotte antarctique. Des premières générations autochtones émerge de nouveau le désir d'indépendance d'une Terre aux mains des Métanationales, conglomérats d'entreprises ayant les États à leur botte. Car le modèle capitaliste n'a pas cours sur la nouvelle Mars : un traitement contre la sénescence rendant presque immortel, une faible densité de population et un nouveau modèle économique contribuent à l'émergence d'une nouvelle société égalitaire. Guidés par les Cent Premiers survivants, les différentes factions révolutionnaires se liguent en 2128 dans une nouvelle révolution, pacifique cette fois, profitant de la viabilité à basse altitude sur leur planète et d'une catastrophe climatique qui chamboule les institutions terriennes. L'indépendance est accordée et une Constitution Martienne est adoptée.


Mars la bleue (prix Hugo et Locus 1997) : le dernier roman se déroule dans les cent années qui suivent l'indépendance, et suit les luttes de pouvoir sur Mars, qui s'isole dangereusement d'une Terre de plus en plus surpeuplée. Les gouvernants passent des alliances avec les autres colonies du système solaire – Mercure, Vénus, les astéroïdes, les lunes de Jupiter, Saturne et Uranus commençant en effet à être peuplés grâce à l'invention de fusées pulsées qui réduisent considérablement les distances. Les modérés assistent impuissants à cette fermeture de Mars, entraînant une immigration clandestine et des problèmes d'assimilation des migrants. Mais les Cent Premiers reviendront une dernière fois sur le devant de la scène, pour une troisième révolution, menant à la pacification du système solaire, tandis que les premiers colons intersidéraux sont envoyés vers le Alpha du Centaure...


Mon avis

 

« Demain. Cent pionniers s'envolent pour Mars. » Le décor est planté et commence une formidable épopée. Rares sont les œuvres de cette ampleur, les ouvrages de science-fiction si documentés et les anticipations si profondes (l'auteur a passé près de 17 années à ses recherches). L'auteur ne ménage pas le lecteur : il n'évite aucun domaine, n'écarte aucune conséquence de ses inventions, passant aisément de la physique à la biologie, de l'économie à la psychanalyse, de l'écologie à l'ingénierie ou des mathématiques à la philosophie. Certes le style est parfois un peu technique et les exposés didactiques qui se succèdent parfois un peu trop fréquemment peuvent lasser, mais ils participent d'une sensation unique une fois que le livre se referme, un mélange entre la satisfaction et le soulagement d'avoir terminé et la certitude d'avoir grandi par le voyage opéré. Les perspectives sont tout à fait crédibles, et je dois louer l'auteur en tant que scientifique, spécialiste en mathématiques et assez calé en physique et en biologie, car s'il spécule sur les découvertes et inventions futures, elles sont toutes franchement probables et « hypothétiquement sérieuses », d'autant plus crédibles que ses explications sont claires et pédagogiques, ce qui est remarquable dans un ouvrage tout public (et en tant que pédagogue, j'admire la qualité de la vulgarisation sur les sujet les plus techniques, tels que la théorie des cordes, l'épistémologie ou la neurobiologie).

L'auteur procède par le biais de l'alternance des personnages « points de vue » : chaque roman est divisé en une douzaine de chapitre, chacun narré à la troisième personne mais entièrement centré sur un personnage dont on explore régulièrement les états d'âmes, ce qui procède d'une universalité du propos et fait varier les domaines d'étude dont les personnages sont spécialistes. Robinson fait en outre varier le style en fonction de la psychologie du personnage : très technique, construit et curieux de tout pour Saxifrage Russell, le savant fer de lance de la terraformation, ou Art Randolph, transfuge des métanationales et habile politique et sociologue ; souple et passionné pour les femmes, qu'elles soient centrées sur l'Art et la tragédie comme Maya Tatoivna ou sur le désespoir de voir Mars la Rouge se transformer pour la géologue Ann Clayborne (mon Dieu la beauté terrifiante des descriptions des inondations géantes et glissements de terrain meurtrier à la fin de Mars la Rouge...) ; amical, centré sur l'humain, la communication, la joie de vivre, pour les martiens, John Boone, Nirgal et Zo Boone, régulièrement hallucinés selon leurs obsessions (respectivement la drogue, la course à pied et le sexe)... Je ne reprocherais qu'une chose à ce système, c'est de ne pas varier suffisamment à mon goût : en effet on revient souvent dans les deux derniers tomes sur les personnages de Sax, Maya, Ann et Nirgal, ce qui, bien que les personnages soient très forts et rudement bien marqués, nuit à mon sens à ce que j'ai appelé plus haut « l'universalité du propos » (puisque du coup j'ai eu l'impression de voir mes horizons se refermer : la partie sur Zo Boone, la seule sur un individu de la quatrième génération indigène, passionnante quand aux descriptions de l'évolution des mentalités humaines, était très courte, et on revient de suite aux Cent Premiers, sombres vieillards trop proches de nous).

Ce qui m'amène à un autre point fort du livre : les personnages en eux-même. Robinson sait les faire vivre avec intelligence et beaucoup d'émotion, dans un univers pourtant étouffant de technicité. Peu d'auteurs de S-F peuvent s'en vanter à mon avis (Herbert ou Asimov sont de ceux-là, et c'est bien un des défauts de Clarke) et c'est une vrai force de son œuvre, qui acquiert ainsi une extraordinaire humanité. Comme pour l'aspect pédagogique qui donne son cachet à l'aspect scientifique, la force des caractères, par lesquels on voit l'action, ne l'oublions pas, permet au lecteur de rentrer dans le nouveau monde martien. Il voit des humains, de véritables hommes et femmes, avec des obsessions semblables et donc compréhensibles, portés par l'histoire, et par identification adhère de toute son âme aux prospectives utopistes qui mènent la trame de fond historique de la trilogie.


Car un aspect des plus intéressants pour moi a été, en plus des extrapolations scientifiques, les thèses sur les crises historiques et les étapes du développement humain (de la féodalité au capitalisme puis du capitalisme à la démocratie), excessivement intéressantes. Loin de se cantonner aux seules sciences, l'auteur développe en effet de nouvelles branches des sciences politiques et de l'économie. Préoccupé par la place de l'homme dans la Nature et la Société, il construit sous nos yeux une utopie qui se développe de par la position exceptionnelle de Mars, devenant une nouvelle Amérique. Imaginant une humanité libérée du capitalisme, soucieuse d'un développement harmonieux, du bien-être des individus qui la compose, dans une économie d'échange et de partage, garantissant certains services liés aux droits fondamentaux, et ce contre la simple recherche de profit, Robinson cherche à montrer qu'il peut exister un monde meilleur que celui que nous proposent nos dirigeants actuels (et je ne parle pas que des dirigeants politiques, mais aussi de philosophes, économistes et patrons d'entreprises). C'est là œuvre d'humaniste, par un moyen unique, la science-fiction, qui se montre ainsi une fois de plus un des outils de prospective littéraire, scientifique, philosophique et politique de premier rang (il est grand temps que certains esprits l'admettent !!!). Donc un grand merci à monsieur Robinson pour cette œuvre que je classe dans les rangs des plus grands livres de S-F catégorie « Prospectives futuristes » (un mélange de Hard Science, d'anticipation à long terme et de Space Opera en général) que j'ai pu lire, tels que Les Seigneurs de l'Instrumentalité de Smith, le triple cycle Robot-Trantor-Fondation d'Asimov ou Demains les chiens de Simak.



Extrait

 

« L'objectif n'est pas de faire une autre Terre. Ni un autre Alaska, un autre Tibet, pas plus qu'un nouveau Vermont, une nouvelle Venise, un nouvel Antarctique. L'objectif est de faire quelque chose de neuf et d'étrange, quelque chose de martien.

En un sens, nos intentions ne comptent même pas. Même si nous essayons de fabriquer une autre Sibérie, un autre Sahara, ça ne marchera pas. L'évolution ne le permettra pas, et pour l'essentiel il s'agit d'un processus évolutif, d'un effort qui se situe au-dessous de l'intention, comme quand la vie a miraculeusement sauté hors de la matière, ou quand elle a rampé hors de la mer pour atteindre la terre.

Une fois encore, nous luttons dans la matrice d'un monde nouveau. Bien sûr, tous les gabarits génétiques de notre biote sont terrestres. Les esprits qui les ont conçus sont terrestres. Mais le terrain, lui, est martien. Et le terrain est un ingénieur généticien tout-puissant, qui détermine ce qui va croître ou pas, qui dirige les différenciation progressives, et donc l'évolution des espèces nouvelles. Et au fil des générations, tous les membres d'une biosphère évoluent ensemble, s'adaptant au terrain en une réponse commune et complexe, une capacité d'auto-adaptation créative. Ce processus, quelle que soit la mesure dans laquelle nous y intervenons, échappe pour l'essentiel à notre contrôle. Il y a mutation des gènes, évolution des créatures : une nouvelle biosphère émerge et, dans le même temps, une nouvelle noosphère. Et, à terme, les esprits des concepteurs, comme toute chose, auront été irréversiblement changés. » (Mars la verte).

 

[Une chronique de lecture de Jeff]

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 06:58
HeureLoup.jpgL'heure du loup, de Robert McCammon
Milady Poche, août 2008, 693 pages ISBN 2811200169

Résumé
Michael Gallatin est un as de l'espionnage, un séducteur, mais surtout un loup-garou. Capable de se transformer à la vitesse de l'éclair, de tuer silencieusement et avec une incroyable férocité, il a déjà donné un aperçu de ses talents en Afrique contre Rommel. Il doit maintenant s'acquitter de la plus dangereuse et de la plus délicate des missions : découvrir qui se cache derrière l'opération « Poing d'Acier », le mieux gardé des plans secrets nazis.

Avis
Enfin, c'est entre deux plages de révisions que j'ai terminé L'heure du loup. De but en blanc, autant dire que mon avis général demeure très, très mitigé. J'ai beaucoup de choses à dire, et pas que des bonnes. Dommage, pour un livre qui promettait un mélange d'espionnage et de fantastique et paraissait plutôt alléchant...

Dès le début, grosse déception, le bal s'ouvre sur un prologue tout ce qu'il y a de plus raté. Répétitions, phrases qui tournent en rond, vocabulaire peu renouvelé, phrases hachées, manque de pêche, des problèmes de concordance des temps, scènes téléphonées. Les moindres gestes des personnages sont relatés, les descriptions sont tout ce qu'il y a de plus banales, les dialogues artificiels. Les ellipses sont faites à grandes louches de « à présent » très maladroits, et, bingo, on a une scène de cul digne d'un roman de gare dès la deuxième partie de prologue. Ouais, tout ça. Avec ça, rentrer dans le récit n'a pas été des plus facile, sans compter une certaine crainte pour les 600 pages suivantes. Bref, une impression de début laissant un arrière-goût de déjà-vu, d'impersonnalité.

Bon, en levant le nez, je vois déjà un paragraphe de lynchage. Le prologue est certes catastrophique, mais le corps principal relève un peu le niveau. J'ai bien dit « un peu ». Mon lynchage n'est pas totalement fini. Oublions donc brièvement la piètre mise en bouche quelques instants. Le chapitre premier s'ouvre sur un champ plutôt intéressant, bien que connu : le cas typique de l'espion qui veut raccrocher mais auquel on demande d'effectuer une dernière mission. Le cadre est plutôt réussi, les personnages accrochent, et surtout, l'atmosphère laisse flotter une vague impression de malaise. Le contexte principal est plutôt bien choisi, à savoir, celui de la guerre de 39-45.

Presque rabibochée avec l'écriture, vlan !, le deuxième truc de travers arrive. Passé le premier chapitre, le deuxième s'ouvre sur... le passé du héros, Michael, espion britannique, mais dans sa jeunesse, fils cadet d'une famille aristocrate russe. D'emblée, le lecteur se demande où l'auteur veut en venir. Les chapitres passé/présent sont alternés, et l'on pourrait être en raison de croire que cela va nous mener quelque part. Je vous rassure tout de suite : il n'en est rien. On lâche brusquement les chapitres « passé », comme ça, et on a beau chercher, ils ne servent qu'à combler un autre truc de travers.

Tout au long du récit, McCammon peine grandement à mêler espionnage et loup-garou. L'action est molle, et le loup-garou n'est finalement rien de plus que le claquement de doigt, la solution de facilité, qui permet de sortir le héros d'une impasse. Alors forcément, il a fallu donner un peu plus au lecteur, d'où les chapitres rétrospectifs. Sauf qu'au final, on n'a droit qu'au passé sombre du pauvre, pauvre héros, qui tombe chez des loups-garous blasés qui le traitent, à huit ans, comme un adulte. On a aussi droit au cliché du type jaloux, du rival. Ouais, un type d'une trentaine d'année qui porte une haine sans explication à un môme de même pas dix ans. Et ce n'est que le début des caricatures et autres incrédibilités.

Pour enchaîner sur ces incrédibilités, autant vous dire qu'elles sont foison. On a droit à l'espion déguisé en colonel qui engueule un jeune lieutenant nazi, au type de la Gestapo qui, comme par hasard, connaît le village natal de la couverture de l'espion et qui lui pose des questions pièges. On a aussi la rivalité sans fondement qui devient amitié quand l'un sauve la vie de l'autre, les conquêtes féminines, of course, ainsi que les amis qui deviennent un peu encombrants, et à propos desquels le lecteur n'a pas à se poser dix mille questions : ils vont crever dans quelques pages. Michael, c'est un solitaire, un espion qui doit agir seul. Pas de bol, il faut croire qu'il est environné de pots de glu. Surtout féminins en fait. Et puis on ne parle pas non plus des phrases alakon du genre « Sous l'immense dôme bordé de statues de Pégase et d'Apollon à la lyre, la musique commandait, et non Hitler. ». Waow. Rajoutons à ça un anthropomorphisme flagrant. Oui, quand un serial killer apparaît chez des loups, qu'il est porté par une « haine immense » et qu'il « tue pour le plaisir », je sais pas vous, mais j'ai du mal à y croire.

Et que dire des nazis. Les vilains, les méchants nazis, donnent idéal pour l'incarnation du mal absolu. Ouhlala. Bon, je ne suis pas en train de les défendre, mais je pense que vous l'avez deviné, une fois de plus, le récit tourne à la caricature. Le méééchant colonel et son vilain assistant qui suivent Michael tout du long. On assiste même – gratuitement et ça fait encore un point de moins pour le récit – à une fête nazie dans un Ordensburg. Avec le viol d'une slave par un SS. Cool. Surtout quand on sait que la mystique SS interdisait à ses membres de gâcher leur semence avec des « sous-êtres ». C'te blague. Et puis j'allais aussi oublier cette piètre histoire de train. Ouais, parce que dans l'histoire, il y a aussi un vilain Américain à la solde nazie et qui enferme notre pauvre espion dans un train pour une chasse à l'homme. Le truc c'est que la raison invoquée se limite à une jalousie amoureuse. Cool. Tous les prétextes sont bons pour coller tous les clichés qui passent =_=

Bon, on va arrêter là le carnage. Quelques passages réussissent quand même, par moment, à faire monter la sauce pendant une poignée de pages, comme lorsque le petit Mikhaïl et sa meute de loups-garous se font chasser de leur forêt, où lorsque les parents du môme finissent tragiquement. Il y a même un clin d'œil à Stravinski, compositeur apprécié par Michael, à travers le nom du père du héros.

Malgré cela l'histoire demeure lourde et, même si le lecteur finit par se résigner à ne pas avoir un bon bouquin d'espionnage et à lire le tout comme un bouquin moyen mais sans prétention, reste qu'au final, L'heure du loup est une grande déception. Jamais l'auteur ne parvient totalement à faire décoller l'histoire. Même si le tout ne se lit pas de manière désagréable, l'accumulation des clichés, des maladresses et de la mollesse de la plupart des scènes d'action font que l'on tourne la dernière page avec une certaine amertume. Pour ma part, j'ai surtout eu l'impression de « lire un film ». Un film du même genre que « La grande vadrouille », les gags en moins. Et même si je n'ai pas détesté cette lecture, les personnages restant attachants malgré tous les défauts que j'ai pu énoncer, j'en attendais néanmoins beaucoup plus, et la déception n'en est que plus cruelle.

Pour conclure, L'heure du loup est un bouquin que j'aurais éventuellement pu recommander pour une « lecture pause » après un ouvrage ardu. Mais, même là, je m'en garderais bien. 200 ou 300 pages de merdouille, ça va encore. Mais en tartinage sur près de 700, c'est un peu trop prétentieux pour ce que c'est, et le temps finit par paraître un peu long. L'ensemble avait du potentiel mais le résultat n'est malheureusement pas à la hauteur...

Cette chronique de lecture est originellement parue le 27 février dans Le vallon fantastique, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Ryû.
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