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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 18:15

ContesMaghreb.jpgContes du Maghreb (collectif)
Safrat - Lire c'est Partir, 2003, 126 pages

Synopsis
Voici neuf contes traditionnels des pays du Maghreb dans lesquels tu découvriras un univers inattendu et merveilleux, peuplé d'ogresse, de singe malicieux, de princes et de princesses aux aventures périlleuses et de sultans redoutables.

Mon avis
Voilà un moment que ce minuscule livre trainait dans ma PAL et me rappelant que j'avais un challenge sur les 5 continents, je me suis dit qu'il faudrait peut-être un peu avancer (en effet j'ai découvert que le challenge s'arrêtait au 4 avril 2011) et que ça tombait bien, il me fallait un livre à lire en vraiment pas lontemps, parce que oui ça m'arrive d'avoir envie de lire qui se lise en pas longtemps ^^). Armée de mon livre, je monte dans le train pour un double voyage : aux pays des contes et sur les rails...

J'ai aimé/J'ai adoré
- découvrir des contes de cette contrée si proche mais si lointaine : un conte reste un conte mais les bonnes fées sont remplacées par des ogresses, les magiciens par de vieux sages, les princes charmants par des fils de sultans, mais la fin est toujours celle d'un conte ^^
- voir que je connaissais déjà un conte sur les neuf (Aïcha la cendrée)
- l'édition Lire c'est Partir qui nous permet de découvrir des choses intéressantes à tout petit prix : il faut donc en profiter ^^ (perso, je trouve leurs livres dans ma bouquinerie préférée au rayon jeunesse ^^ et j'aime beaucoup cette édition qui permet pour trois fois rien de faire découvrir la lecture aux plus jeunes !).

Je n'ai pas aimé/J'ai détesté
- un des contes parce qu'il ressemblait trop au conte du Chat Botté qui a bercé mon enfance (mais bon qui a copié sur qui ?).

Je regrette
- de ne pas avoir eu droit à plus de contes du Maghreb, j'aurais voulu découvrir encore d'autres contes typiques, avec des ogresses et grignoter des gateaux de semoule au miel en même temps ^^

Cette chronique de lecture est originellement parue le 20 mars 2011 dans Bulle de livre, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Snow.

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 23:23

JemeilJamla.jpgJemeil & Jamla est un album illustré de Patricia Musa et Salah El-Mur paru aux éditions Grandir en 2003 (28 pages, 16 €, ISBN 2-84166-225-X).

 

Patricia Musa est née en 1956. Elle a vécu en Afghanistan, en Égypte, au Liban et au Soudan : sa thèse portait sur les contes baggara et nouba du Soudan.

 

Salah El-Mur est né en 1966 à Khartoum (Soudan). Il est peintre, illustrateur, et ses œuvres ont été exposées dans de nombreux pays.

 

Deux enfants orphelins, Jemeil et sa sœur Jamla, vivent dans un campement avec des nomades. Ayant hérité de troupeaux (chameaux, vaches, moutons), ils sont riches. Mais sept jeunes hommes sont jaloux et manigancent de tuer Jemeil durant une chasse dans la savane. Deux fois, Jamla empêche son frère de se joindre aux méchants jeunes hommes mais à la troisième invitation, Jemeil est obligé d'y aller... Il se retrouve attaché durant plusieurs jours sur le dos d'une bête sauvage et survit par miracle. Sa vengeance sera terrible !

 

Jemeil & Jamla est un conte des éleveurs baggara du Soudan, recueilli (et traduit) par Patricia Musa à Ed Dilling (Soudan) en février 1989 auprès d'Alia El Acha. Il est illustré à l'encre sur papier par Salah El-Mur alors qu'il était à Nairobi (Kenya).

 

Les encres sont extraordinaires, surréalistes, mais le conte est cruel (vengeance et magnanimité).

 

J'avais dit que je lirais un conte pour Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents. Je termine donc ce défi avec ce conte du Soudan pour l'Afrique.

 

Cette chronique de lecture est originellement parue dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Catherine.

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 12:14

PorteBleue.jpgLa porte bleue, d'André Brink
Actes Sud, 2007, 114 pages, ISBN 978-2-7427-6858-5
Genre : récit allégorique (?)

L'auteur
André Brink est né le 29 mai 1935 à Vrede (Afrique du Sud), dans une famille afrikaner descendant de colons boers. Son père était magistrat et sa mère institutrice.
D'expressions afrikaans et anglaise, il effectue la première partie de ses études supérieures (1953-1959) à l'université de Potchefstroom où il obtient une licence, deux maîtrises et un diplôme d'aptitude à l'enseignement.
Il poursuit ses études en littérature comparée à Paris (France / 1959-1961), à la Sorbonne, où il rencontre pour la première fois des étudiants noirs traités sur un pied d'égalité sociale avec les autres étudiants. Il prend alors conscience des effets néfastes de l'apartheid sur ses concitoyens noirs.
Il revient ensuite en Afrique du Sud, où il devient assistant, maître-assistant puis maître de conférences en littératures afrikaans et hollandaise, à l'université Rhodes à Grahamstown.
À l'occasion d'un second séjour en France, de 1967 à 1968, il durcit sa position contre la politique d'apartheid.
En 1975, il devient Docteur ès lettres de Rhodes University, puis en 1985 Docteur ès lettres (honoris causa) de l'Université du Witwatersrand à Johannesburg.
De 1980 - année où il obtient le prix Médicis étranger pour son roman Une saison blanche et sèche qui lui vaut une reconnaissance mondiale mais est censuré en Afrique du Sud - à 1990, il fut professeur d'anglais à Rhodes.
Depuis 1991, il est professeur d'anglais à l'Université du Cap.
(source : http://fr.wikipedia.org/wiki/André_Brink)

L'histoire
David se trouve devant la porte de son atelier. Alors qu'il s’apprête à entrer, cette porte bleue s'ouvre soudain sur le visage radieux d'une femme noire et de deux enfants métis. Effaré par cette inexplicable intrusion, David comprend dans l'instant que ces trois personnes font partie de sa vie. Mais il ne les connaît pas.
David est sud-africain, il est marié depuis très longtemps avec une femme blanche. Ils n'ont jamais eu d'enfant. Une porte jaune clôt l'entrée de leur appartement.
(source : 4e de couverture)

Mon avis
Ce livre m’a laissé perplexe...
Pourtant, le récit est court, bien écrit et facile à lire.
En fait, je n'ai pas du tout accroché à l'histoire qui m'a laissé une impression bizarre... Le terme n'est pas très littéraire mais je ne sais comment qualifier mon ressenti.
J'ai eu la sensation de lire le script d'un épisode de la 4e dimension certes sympathique mais sans rien de transcendant ni d'original... Et en même temps, j'avais le net sentiment de passer complètement à côté du sens profond du bouquin...
Comme une ombre que l'on aperçoit du coin de l'œil mais que l'on arrive pas à voir en face quelque soit la rapidité avec laquelle on tourne la tête, j'ai attendu tout au long des pages une révélation que je discernais sans jamais avoir réellement su la saisir.
Bref, je sors de cette lecture plutôt frustrée...
J'essaierai peut-être de le relire un jour, pour voir...

Alors, Cher Lecteur Improbable, si tu l'as lu, n'hésite pas à me dire ce que tu en as pensé... Et si tu ne l'as pas lu, ben c'est le moment... Comme ça, tu pourras me dire ce que tu en penses... ;D

À bientôt.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 12 septembre dans Lucille a dit, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de LucilleAnne.

[Lien vers le nouveau blog de LucilleAnne]

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 00:10
LifeGhosts.jpgMy life in the bush of ghosts (1954), d'Amos Tutuola (1920-1997)
Belfond, Littérature étrangère, décembre 1988                   
Réédition 10/18, 1993
ISBN 2-7144-2118-0
Traduction : Michèle Laforest
Ces deux éditions sont épuisées.
(Couverture française introuvable)

Porté au théâtre à Avignon, mis en scène par Guy Lenoir, avec Isaach de Bankolé.

Un album de Brian Eno et David Byrne paru en 1981 porte également ce titre.

Né à Abeokuta au Nigeria, son père, Charles, était fermier. Tutuola entend son premier conte en yoruba à l'âge de 7 ans. À la mort de son père en 1938, il doit quitter le Salvation Army primary school définitivement et s'occuper de l'exploitation familiale. La vie de fermier ne lui convient pas et, en 1940, il part pour Lagos où, durant la Seconde guerre mondiale, il travaillera pour la R.A.F. Le conflit terminé, il fera de nombreux petits boulots.


En 1946 paraît son premier livre The Palm-Wine Drinkard. Amos Tutuola, Nigérien, écrit dans un anglais proche de l'oral. En 1954 paraît My Life in the bush of ghosts, l'histoire d'un enfant de huit ans échappant à un raid de marchands d'esclaves pour se retrouver seul dans une brousse peuplée d'esprits et de fantômes, une brousse au cœur de la forêt tropicale, un lieu résistant aux assauts du « progrès ». Ainsi que resterait-il en nous de ce que nous sommes vraiment si comme cet enfant nous étions confrontés à des croyances que nous pensons extérieures, lointaines, oubliées peut-être ?

AmosTutuola1.JPGBien sûr ce livre remonte à plus d'un demi-siècle, une autre époque pour bien des gens, mais il nous permet de mettre entre parenthèse la réalité technologique de notre temps pour nous ramener à un âge où rêves et terreurs se mêlent et viennent d'un temps que nous croyons enfoui si profondément qu'il est destiné à rester inaccessible. Du point de vue du lecteur je dirais que le plaisir est d'autant plus grand de retrouver des émotions enfantines, spontanées, sans être puérile au sens benêt du terme, qu'il est possible de fermer le livre, lu pour le défi des Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents, pour le rouvrir plus tard.

Sympa d'épouser une fantôme (ça arrive dans la réalité !), d'être transformé en vache (no comment !), en tronc-chantant (à ne pas confondre avec un étron-chantant...), d'être enfermé dans une amphore et embarqué... Le lecteur, lui, est entraîné bien loin de son quotidien, et, franchement, ça fait du bien. Alors laissez-vous prendre par l'imaginaire, vous m'en remercierez, un peu, et serez redevable à Amos Tutuola de nous ouvrir à la culture yoruba. Passez de la Ville-sans-Nom à la Ville-sans-Espoir jusqu'à la Vallée de la Perte ou du Gain, qui sait ce que vous garderez de votre rencontre avec Superlady... Un seul regret, devoir lire, écouter serait tellement mieux !

AmosTutuola2.jpg
Raymond Queneau traduisit L'ivrogne dans la brousse en 1953, certains crurent qu'il en était l'auteur sous un pseudonyme. La littérature africaine, à l'époque, semblait improbable.

Le mot du jour
Célibataire : L'ajourné de la femme !

Cette chronique de lecture est originellement parue le 8 mars dans Lire au nid, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Lee Rony.

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 23:33
Adamastor.jpgAdamastor, d'André Brink
Stock, 1993, 158 pages, ISBN 978-2234025325

Voilà déjà un bon moment que je n'avais pas posté dans le cadre d'un des nombreux challenges auxquels je me suis inscrit. On va donc continuer avec le défi Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents, après l'Océanie et l'Europe, c'est au tour de l'Afrique d'y passer.

Pour l'Afrique, j'avais choisi le conte fantastique Adamastor d'André Brink, publié chez Stock en 1993. Avant de présenter l'histoire du livre, je vais d'abord parler (un peu) d'Adamastor. C'est un géant protecteur du Cap de Bonne Espérance, qui d'après le poète portugais Camoens, s'est dressé devant Vasco de Gama pour l'empêcher d'avancer. Partant de là, André Brink suppose qu'il y a eu un Adamastor qui a inspiré Camoens et que cette créature ou cet esprit, etc. ait survécu au fil des siècles.

Ce livre nous raconte donc l'histoire de T'Kama (qui serait pour Andre Brink celui qui a inspiré la légende d'Adamastor) le chef d'une tribu africaine. La première des tribus qui a vu les hommes blancs débarquer en Afrique. En guise de représailles à la fourberie des navigateurs blancs, T'Kama capture une femme blanche dont il s'est épris. Ce geste va attirer bien des malheurs sur la tribu, qui se retrouve contrainte à fuir à travers l'Afrique du Sud...

Mon avis
Personnellement j'ai bien aimé ce petit conte (150 pages en gros, ça se lit vite ^^) même si je pense que ça ne plaira pas à tout le monde, puisque l'histoire est assez particulière (ça parle beaucoup du sexe de T'kama - décrit comme un oiseau -, lequel ne cesse de grandir).
Malgré ça, c'est intéressant pour le folklore africain, avec leurs mythes, leurs croyances, leurs remèdes, etc. Beaucoup de termes tribaux viennent émailler le conte (du coup le lexique à la fin est appréciable, même si on devine généralement ce que ça veut dire) puisque toute l'histoire est racontée par T'Kama, qui se remémore sa première vie, laquelle s'est déroulée il y a des siècles de ça.
En bref, bien qu'assez déroutant au début, ce conte s'avère finalement très sympathique et raconte une jolie histoire, pleine d'aventures et d'amour.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 9 février dans Les lectures de Mr. Zombi, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Johan.
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 00:08
Éthiopiques (1956) de Léopold Sédar Senghor
Lu dans Œuvres poétiques aux éditions du Seuil
ISBN 978-2-02-086092-5 - Illustr. Daniel Bohbot
 
L'auteur (présentation de l'éditeur)
Né à Joal, au Sénégal, le 9 octobre 1906, Léopold Sédar Senghor vient à Paris terminer ses études, au lycée Louis-le-Grand et à la Sorbonne. Agrégé de grammaire en 1935, il enseigne à Tours puis à Saint-Maur des Fossés. Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier en juin 1940, réformé pour maladie en janvier 1942, et participe à la Résistance dans le Front national universitaire. L'année 1945 marque le début de sa carrière politique. Élu député du Sénégal à plusieurs reprises, membre de l'assemblée consultative du Conseil de l'Europe, il est, en outre, plusieurs fois délégué de la France à la conférence de l'UNESCO et à l'assemblée générale de l'ONU. Secrétaire d'État à la présidence du Conseil, il devient maire de Thiès au Sénégal, en novembre 1956. Ministre-conseiller du gouvernement de la République française en juillet 1959, il est élu premier Président de la République du Sénégal, le 5 septembre 1960. Il sera réélu à cette fonction en 1963, 1968, 1973, 1978, avant de se démettre de ses fonctions le 31 décembre 1980. Il se retire alors de la vie politique et s'installe en Normandie. Considéré comme le plus grand poète noir d'expression française, chantre de la négritude et très proche d'Aimé Césaire, Senghor a reçu de très nombreuses distinctions et prix littéraires. Il fut docteur honoris causa de trente-sept universités, élu à l'Académie française le 2 juin 1983 et continua à publier des poèmes et à développer sa pensée sur la négritude et le métissage culturel, jusqu'à sa mort le 20 décembre 2001, à Verson.

Le recueil
J'imagine que choisir comme première œuvre un recueil de poésie peut paraître curieux, mais l'intitulé de 'littératures de l'imaginaire' peut couvrir tellement de choses que je n'ai pu m'empêcher d'y inclure la poétique. Éthiopiques est le troisième recueil de Senghor, après Chants d'ombre (1945, sur sa vie d'étudiant) et Hosties noires (1948, sur la guerre et la condition du soldat de l'armée coloniale), et il y développe une poésie incantatoire, hautement symboliste, sur des thèmes issus de ses racines sénégalaises, en quatre parties : divers poèmes, Chaka (long dialogue sur la révolte), Épitres à la Princesse et enfin D'autres chants.

« Je te nomme Soir, ô Soir ambigu, feuille mobile je te nomme.
Et c'est l'heure des peurs primaires, surgies des entrailles d'ancêtres.
Arrière inanes faces de ténèbre à souffle et mufle maléfiques !
Arrière par la palme et l'eau, par le Diseur-des-choses-très-cachées !
Mais informe la Bête dans la boue féconde que nourrit tsétsés stégomyas
Crapauds et trigonocéphales, araignées à poison caïmans à poignards.
Quel choc soudain sans éclat de silex ! Quel choc et pas une étincelle de passion. » (L'homme et la bête)

Comme on peut le voir sa parole est haute et se base sur le rythme. Admirateur de Saint John Perse, il utilise la magie des mots de cette langue propice à l'abstraction qu'est le français pour stimuler l'imaginaire, y propulsant du concret par le biais de l'association libre (dans la lignée du surréalisme donc).

« Il m'a dépêché un cheval du Fleuve sous l'arbre des palabres mauves. » (Messages)

« Mais le poème est lourd de lait et le cœur du Poète brûle un feu sans poussière. » (L'absente)

Le recueil se clos sur une postface, Comme les lamantins vont boire à la source, où Senghor prend la défense du mouvement de la poésie nègre et en profite pour préciser deux ou trois choses quant à la sienne propre : « Tel reproche à Césaire de le lasser par son rythme de tam-tam, comme si le propre du zèbre n'était pas de porter des zébrures. » Il défend son paradoxe de poète noir qui écrit d'abord pour son peuple, et pourtant écrit dans la langue de l'envahisseur : « Parce que nous sommes des métis culturels, parce que, si nous sentons en nègres, nous nous exprimons en français, parce que le français est une langue à vocation universelle, que notre message s'adresse aussi aux Français de France [...] Le français, ce sont les orgues qui se prêtent à tous les timbres, à tous les effets, des douceurs les plus suaves aux fulgurances de l'orage. Il est, tour à tour ou en même temps, flûte, hautbois, trompette, tam-tam et même canon. »

Voilà de la grande et belle poésie, hermétique sur le sens, mais si belle quand on la récite à voix haute, et je ne résiste pas à un ultime envol :
« Ce soir Sopé, ton visage est un ciel de pluie que traversent furtifs les rayons de tes yeux.
Oh ! Le barrit des lamantins vers Katamague hô ! quand il ébranlait les villages nocturnes.
Le poulet blanc est tombé sur le flanc, le lait d'innocence s'est troublé sur les tombes
Le berger albinos a dansé par le tann, au tam-tam solennel des défunts de l'année.
Les Guélowârs ont pleuré à Dyakhâw mais quel prince est parti pour les Champs-Méridiens ?
Comment dormir ce soir sous ton ciel qui se ferme ? Mon cœur est un tam-tam détendu et sans Lune. »

Une chronique de Jeff.
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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 10:55
Aux États-Unis d'Afrique, d'Abdourahman A. Waberi
Actes Sud (Babel), 187 p., ISBN 978-2742775170, 2008

L'auteur
Né en 1965 à Djibouti, Abdourahman A. Waberi est l'auteur d'une oeuvre saluée par la critique, récompensée par de nombreux prix et traduite en plusieurs langues. Il a notamment publié Le Pays sans ombre (Le Serpent à plumes, 1994), Cahier nomade (Le Serpent à plumes, 1996), Balbala (Le Serpent à plumes, 2000) et Transit (Gallimard, 2003).

Présentation de l'éditeur

« Dans ce monde qui aurait pu être le nôtre, le continent africain est un pays de cocagne organisé en une florissante fédération d'États, un modèle inaccessible pour le reste du globe ravagé par les maladies, la famine, les guerres et l'enténèbrement des consciences. Des millions d'émigrants venus d'Euramérique risquent leur vie pour gagner cet Eldorado qui entoure de prévenance intellectuels, scientifiques, hommes d'affaires, artistes... mais ne peut accueillir toute la misère de la Terre.
Née en Normandie, la blanche Maya a grandi à Asmara, capitale fédérale de l'Érythrée, dans la chaleureuse affection de Docteur Papa, le médecin humanitaire qui l'a adoptée. Ce roman raconte son histoire faite de bonheur, d'inquiétude, d'amour, d'art, de deuil... et d'un retour aux sources oubliées.
Entre récit de politique-fiction, parabole malicieuse et conte voltairien, Aux États-Unis d'Afrique dénonce les injustices et les préjugés de notre monde tristement réel. Dans un style poétique au lyrisme exubérant, mêlant humour et gravité, Abdourahman A. Waberi récuse la notion de fatalité en illustrant la réversibilité de l'histoire. »

Un thème qui m'a attirée pour son originalité, celui d'un monde où l'Afrique aurait été ZE puissance mondiale et l'Eldorado des émigrants d'Euramérique, cette autre partie du monde où la vie est beaucoup moins rose.
« La faculté de rêver n'appartient pas seulement aux peintres, aux poètes et aux conteurs qui en font une profession », et Aboudarahman A. Waberi est assurément un grand conteur, pour preuve ce roman qui se déroule comme un rêve nourri des fantasmes de l'auteur !

Idée originale donc mais dont j'attendais peut-être un peu plus qu'une simple transposition de la réalité actuelle de façon inversée. J'étais un peu déçue qu'il n'y ait pas vraiment d'imaginaire élaboré autour de ce contexte. Les Noirs dominent le monde, ce sont les faits, mais l'auteur ne crée pas un monde de toute pièce qui les crédibiliseraient (disons que pour moi il manquait un arrière-plan historique car si notre monde est ce qu'il est aujourd'hui, c'est qu'il y a toute une histoire avec un grand H derrière). En fait c'est comme si, dans son imaginaire, au lieu de s'appeler les USA, les USA s'appelaient les États-Unis d'Afrique, se situaient dans l'hémisphère sud et étaient évidemment dominés par les Noirs. Il se base simplement sur la réalité et la transpose juste en prenant le meilleur et le pire de chaque continent pour les répartir de façon à avoir cette Afrique dominante économiquement, politiquement et technologiquement, tout en gardant le meilleur de son identité africaine, et le pire des pays du tiers-monde transposé côté Occident (famine, guerres, etc.) tout en gardant le pire de l'identité occidentale pour à la fois justifier leur situation dans cet univers imaginaire, et illustrer en même temps tous les points négatifs de leur politique actuelle dans notre réalité, une politique quelque peu déshumanisée qui se défend entre autres de ne pouvoir accueillir toute la misère de la Terre.
On ne découvre donc rien de neuf ni d'original vraiment, et en plus il y a quelque chose de très caricatural dans cette vision de la réalité, où tout est tout blanc ou tout noir, sans entre-deux.

Par ailleurs, j'ai eu du mal à accrocher au style, un rien onirique, un peu lyrique, trop érudit pour moi peut-être dans la forme. Il s'en dégage quelque chose d'abstrait qui fait qu'on a encore plus de mal à croire et à rentrer dans l'univers proposé par l'auteur, et même à s'intéresser à l'histoire de Maya/Malaïka, cette Blanche recueillie par des humanitaires africains.

Par certains aspects, j'avais l'impression, cela dit, que l'auteur s'amusait beaucoup plus qu'il ne se prenait au sérieux, pour preuve certains titres de ses chapitres, par exemple « De la dernière trouvaille de l'auteur pour divertir son lecteur », et comme s'il se réjouissait d'une bonne farce dont il est prêt à assumer les conséquences, il avertit  son lecteur qu'il aura peut-être du mal à suivre ses « délires » : « Il est possible que cette histoire familiale, ressassée, convulsive, racontée dans le désordre vous donne du fil à retordre. »

C'est aussi un joli voyage à travers l'Afrique que nous propose l'auteur, à travers sa cuisine, ses cultures, et il fait également honneur aux grands noms de l'histoire, de la littérature et de la culture africaine tout le long de son récit.
Par ailleurs, dans cette réalité de la suprématie occidentale transposée et réadaptée dans un contexte africain, il y a quelques bonnes trouvailles, que j'ai trouvées plutôt amusantes et qui sont de jolis clins d'oeil de l'auteur. Ainsi, dans son imaginaire, certains stéréotypes « remontent au moins à Mathusouleyman », on y trouve la colline de Haile Wade (pour Hollywood), les salons de café Sarr Mbock, l'enseigne McDiop, le célébrissime sourire de Mouna Sylla, la glace crémeuse Hadji Daas, etc.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 15 juin dans Lecture sans frontières, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'A Girl from Earth.
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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 08:31
Contes du centre algérien : contes de Kabylie / Youssef Nacib
Publisud, 86 pages, 1986

Ce livre contient 10 contes : Le corbeau - Le chacal maquillé - La montagne verte - Les quarante ogres - Ali, le garçon aux mille épreuves - Le demi-coq - La tête - Les fils du roi - L'oiseau des airs - La danse des castagnettes.

Mon avis
J'ai bien aimé la lecture de ces contes d'Afrique du nord.
Ayant lu les contes les uns derrière les autres, je me suis lassée après avoir lu, disons les 6 premiers. C'est un peu toujours les mêmes personnages : ogres, ogresses, chacal ou situations qui reviennent mais comme les contes ne sont généralement pas fait pour les lires les uns après les autres, je ne peux pas en tenir rigueur.
C'est assez plaisant de découvrir des contes d'un autre continent, de voir ce qui peut faire peur ou rire des enfants d'une culture différente mais qui pourraient tout autant réjouir les enfants du monde entier.
Les contes sont universels.
Ma note 7/10

Cette chronique de lecture est originellement parue le 7 juin dans Le boudoir des livres, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Sylvie.
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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 06:01
Aux États-Unis d'Afrique / Abdourahman A. Waberi
Actes Sud (Babel), 187 p., ISBN 978-2742775170, 2008

Et si l'Allemagne était sortie victorieuse de la Seconde Guerre Mondiale, comment serait le monde dans lequel nous vivons ?

Parfois, c'est à cette question que les auteurs de science-fiction ont souhaité répondre...

Dans ce livre d'Abdourahman A. Waberi, il n'est pas question de ceci !

Et pourtant ce livre est un petit bijou d'uchronie...

Et si l'Afrique était la première puissance mondiale ?

Et si les autres continents étaient rongés par la maladie, la guerre ?

Et si l'Afrique était pour les Blancs un eldorado ?

Par une histoire très sobre, l'auteur pose un regard aiguisé sur notre société actuelle.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 19 mai dans Livres etc., blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Bilbi.
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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 15:29
Algérie
Hamou BELHALGAOUI, Youssef NACIB

Burkina Faso

Alain-Joseph SIASSAO « Contes du pays des Moose »


Cameroun

Séverin Cécile ABEGA (Contes du Cameroun, des Pygmées...)


Congo

Alain MABANCKOU « Mémoires de porc-épic »


Côte d'Ivoire

Ahmadou KOUROUMA « En attendant le vote des bêtes sauvages »


Égypte

L. N. NOOR (Anthologie Utopiae, SF)


Ghana

Kojo LAING


Niger

Amos TUTUOLA


En Afrique

Cet auteur est Français, il compte donc pour l'Europe : Le sang des lions, de Loïc Le Borgne.


Les contes et les légendes d'Afrique. Et plus (à venir...). Merci aux personnes qui me contactent pour me donner des informations et aux lecteurs qui laissent des commentaires avec des noms d'auteurs et des titres.

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