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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 06:59
JeuAnge.jpgLe jeu de l'ange, de Carlos Ruiz Zafón
Robert Laffont, 20 août 2009

Attention, ceci est un
coup de cœur : critique élogieuse et mal construite en vue !

Et si...

Et si ce livre était le meilleur livre de sa catégorie que j'ai jamais lu ? C'est une question rhétorique, bien évidemment. Ce livre EST le meilleur livre fantastique que j'ai jamais lu !

Déjà parce qu'il n'est pas que fantastique. Il est aussi policier, historique, noir... Grâce à eux, nous pouvons croire en la réalité, ou du moins le censé, de tout le roman, y compris les événements irréels. C'est un très beau tour de force de Carlos Ruiz Zafón de rendre ainsi l'irréel réel. Bien meilleur que ce que j'ai lu jusqu'à présent qui essayait d'atteindre le même but. Je me suis posé cette question à plusieurs moments, celle que nous nous posons tous en lisant une fiction : « Et si tout était vrai ? ».

Ensuite il ne faut pas dénigrer le fantastique lui-même. À travers lui, Carlos Ruiz Zafón nous peint un monde sombre ancré dans les années 1920 de Barcelone, de toute manière pas très joyeuse non plus, où la corruption, l'égoïsme et le meurtre font force de loi. L'irréel est incarné dans une seule personne : Andreas Corelli. Un homme étrange qui se fait passer pour un éditeur français mais qui devient très vite une figure insaisissable du roman. Tout ce qui l'entoure est étrange : son papier à lettre d'un autre temps, les lieux auxquels il invite Martín, le narrateur, plein de faste mais qui redeviennent des lieux abandonnés dès le lendemain, son contrat signé avec le narrateur qui doit écrire un livre qui crée une religion, le peu d'informations qui l'entourent (à commencer par l'époque à laquelle sa maison d'édition est évoquée : un siècle plus tôt), son lien avec l'ancien propriétaire de la maison de Martín, elle aussi très étrange, la quasi-résurrection de Martín qu'il effectue, l'épilogue dans lequel il apparaît... Et si ce personnage fantastique nous manipulait comme il manipule Martín vers et dans la réalité sombre qui est la nôtre, Barcelonais ou pas ?

À côté de l'histoire de ce personnage avec David Martín, écrivain méconnu et narrateur de ce roman, il y a la vie réelle de notre narrateur. Son mentor, Vidal, qui le lance dans l'écriture, son métier de journaliste qu'il abandonne bientôt pour se consacrer à l'écriture, son enfance, son amour déçu pour Christina, sa maladie, son enquête pour découvrir le secret de sa maison, Isabella son amie de toujours, Sempere un vieux libraire qu'il connaît depuis l'enfance et considère comme un père... Tout se mêle dans ce roman, notamment les événements (on pourrait ajouter les genres, les personnages, les lieux...). Ainsi, la maladie de Martín peut expliquer ses étranges visions et son décalage avec le reste du monde, l'enquête qu'il mène est étrangement en lien avec Corelli, le récit qu'il écrit pour celui-ci ressemble à un million d'autre, tous rassemblés dans un cimetière des livres fascinant que Sempere lui fait découvrir, Christina se retrouve victime de Corelli, Isabella devient l'élève de Martín comme celui-ci l'était de Vidal... La construction est complexe mais nous sommes très rarement perdus, sauf quand l’auteur de ce récit veut que nous soyons perdus. Et si tout était parfaitement bien mené ?

On sent beaucoup de lyrisme dans ce roman noir fantastique. Chaque mot sonne juste et fait appel à notre sensibilité. Ainsi, si on prend n'importe quelle phrase du roman, disons la cinquième de la page 120 prise au hasard parmi les 537 pages, soit « Je contemplais ce chœur de hyènes et songeai que, dans d'autres circonstances, ce moment m'aurait paru d'une exquise ironie », elle me paraît belle. Les expressions « chœur de hyènes » et « exquise ironie » me plaisent beaucoup, la première étant une métaphore comparant les éditeurs et leur secrétaire à un « choeur de hyènes », la deuxième relevant pour moi presque de l'oxymore avec en plus une assonance du son -i-. Tout cela m'est apparu comme bien poétique. Et il en va ainsi de la première phrase de la première page à la dernière phrase de la dernière page. Et si la plume de ce romancier était aussi fantastique que le récit qu'elle nous conte ?

Le style, l'intrigue, le mélange des genres, le réalisme du fantastique et la noirceur qui se dégage sont autant de critères qui m'ont fait adorer ce livre que je conseille à tous.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 30 janvier dans Petites lectures entre amis, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Constance.
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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 14:34
EnfantsVolcan2.jpgLes enfants du volcan, de Bernard Simonay
France Loisirs, 526 pages

Lu pour le défi Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents - Europe

Quatrième de couverture (source pressedelacite.com)
« Une angoisse sourde s'était emparée de Noï-Rah. Elle adressa une vibrante prière à Gaenha pour que le sorcier ne reconnût pas en elle la fille de la prophétie. »
La chaîne des puys, en Auvergne, il y a environ huit mille ans... Noï-Rah, dont le nom signifie « celle-qui-apporte-la-lumière », a dix ans et vit dans un village de pasteurs agriculteurs. À sa naissance, une prophétie l'a désignée comme devant accomplir de grandes choses. Enlevée, torturée puis bannie par une tribu ennemie, la jeune fille vit de multiples aventures. Dotée d'une remarquable intelligence, elle va même découvrir les secrets de l'écriture. Mais, surtout, un lien étrange la relie à un volcan, l'impressionnant Pa'hav, dont tous redoutent les colères. Cette relation singulière fera d'elle une femme hors du commun, appelée à devenir la mère de tout un peuple.

Mon avis
J'ai beaucoup aimé Noi-Rah une héroïne que l'on renconte lorqu'elle n'est encore qu'une fillette. Elle deviendra une jeune fille et une femme au caractère bien trempé.
Il lui arrivera maintes péripéties, elle subira l'humiliation, la loi injuste des hommes de sa tribu mais sera protégée par sa chevelure rousse, marque du dieu volcan.
EnfantsVolcan1.jpgQuelqu'un veillera aussi sur elle, Ar'Ham, le beau et fort Ar'Ham, un Grand personnage avec un grand G parce qu'il est un peu le Prince Charmant comparé aux rustres qui l'entourent. Il est quelqu'un de droit, d'intègre, celui sur qui on peut compter.
Nous sommes au cœur du pays des volcans, la belle Auvergne il y a environ sept millénaires. Les paysages sont superbes et grandioses, de grandes étendues sauvages, les forêts et bien sûr les imposants, effrayants et majestueux volcans.
Ce que j'ai aimé aussi dans ce livre, ce sont tous les autres personnages, bons ou mauvais ils ont tous des caractères bien particulers à chacun, forts et bien ciselés.
Il ne faut pas oublier le côté historique même si cela remonte à un passé très lointain !
Quelques notes en bas de page (peu nombreuses ne vous inquiétez pas !) sont là pour nous rappeler les vérités historiques.
C'est un dépaysement total, une histoire prenante, des personnages attachants ou franchement haïssables.
C'est bien écrit, agréable à lire, une fois le livre commencé, difficile de le poser.
Le seul petit regret que j'ai concerne le prologue qui enlève, du moins pour moi, le suspense que j'aurais aimé avoir en tout début de livre. Cela n'enlève en rien sur le fait que j'ai passé un excellent moment avec les enfants du volcan.

Ma note
8/10

Cette chronique de lecture est originellement parue le 29 janvier dans Le boudoir des livres, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Sylvie.
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 00:55
Voici le dixième bilan de ce blog et du défi.

Le blog
65 articles (dont 5 en janvier) ; 13 participants (10 filles et 3 gars) ; 13 liens
5 articles pour l'Afrique, 7 pour l'Amérique, 10 pour l'Asie (dont un divisé en 6 articles), 12 pour l'Europe (dont un hors-défi) et 8 pour l'Océanie (dont un divisé en 3 articles)
10 pages
478 visiteurs ont vu 938 pages et ont posté 17 commentaires ; 4 inscrits à la newsletter
Provenances des visiteurs : 37 % provenance directe, 8 % communauté plateforme, 14 % provenance externe, 41 % moteurs de recherche - (Les nouveaux pays sont en rouge) Algérie, Allemagne, Angleterre, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Belgique, Bénin, Bolivie, Botswana, Brésil, Bulgarie, Burkina Faso, Cameroun, Canada, Chine, Colombie, Congo/Kinshasa, Corée du Sud, Côte d'Ivoire, Croatie, Cuba, Danemark, Djibouti, Égypte, Espagne, États-Unis, Finlande, France (dont Guadeloupe, Guyane Française, Martinique, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Réunion), Grèce, Haïti, Hong Kong, Hongrie, Irlande, Israël, Italie, Japon, Liban, Luxembourg, Maroc, Maurice (île), Moldavie, Monaco, Nigéria, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Pays-Bas, Pologne, Porto Rico, Portugal, Roumanie, Russie, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovaquie, Suède, Suisse, Tchèque (République), Thaïlande, Tunisie, Turquie, Ukraine, Uruguay...

Le blogrank
Il navigue entre 35 et 59.

Les pays choisis
Afrique : 1. Nigéria - 2. Cameroun, Djibouti, Sénégal - 3. Afrique du Sud, Algérie, Congo/Brazzaville, Côte d'Ivoire
Amérique : 1. États-Unis - 2. Argentine, Canada
Asie : 1. Japon - 2. Corée du Sud - 3. Inde
Europe : 1. Angleterre - 2. France - 3. Allemagne, Espagne
Océanie : 1. Australie - 2. Nouvelle-Zélande

Les auteurs les plus choisis
1. Haruki Murakami (Japon) par 5 participantes
2. Amos Tutuola (Nigéria) par 4 participants
3. Jin-kyeong Kim (Corée du Sud) et Sara Douglass (Australie) par 3 participantes

Les titres les plus choisis
1. L'école des chats (Corée du Sud) et la trilogie d'Axis (Australie) par 3 participantes
2. Le clan des Otori (Australie), Aux États-Unis d'Afrique (Djibouti), Ma vie dans la brousse des fantômes (Nigéria), La fin des temps (Japon), Kafka sur le rivage (Japon), Jennifer gouvernement (Australie) par 2 participants

Ce qui est le plus consulté
Page Genres et sous-genres
Page Modalités du défi
Article Quelques auteurs de l'imaginaire pour l'Europe
Article Jeff présente Éthiopiques, de Léopold Sédar Senghor
Catégorie Amérique
Article Quelques auteurs de l'imaginaire pour l'Amérique - 2
Page Auteurs et titres pour l'Afrique
Catégorie Europe
Article Jeff présente La souris qui rugissait, de Leonard Wibberley
Catégorie Afrique
Article Gaspara, une participante italienne
Catégorie Asie
Page Auteurs et titres pour l'Océanie
Article Sylvie présente Contes du centre algérien : contes de Kabylie, de Youssef Nacib
Catégorie Océanie

Lorsque vous m'envoyez un article, n'oubliez pas de dire dans quelle communauté vous souhaitez qu'il soit placé. Pour vous faire une idée du contenu de ces communautés, vous pouvez consulter Sur les communautés et voir leurs spécificités (SF, fantastique, contes...).

Merci à tous ceux qui ont soutenu ce défi en 2009 !
Bonne continuation du défi en 2010 !
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 06:05
MouseThatRoared.jpgLa souris qui rugissait, de Leonard Wibberley
The mouse that roared, 1955
Publié en français en 1955 aux éditions Fasquelle
Traduit de l'anglais par J.M. Daillet - Illustré par Siné
 
L'auteur

Leonard Francis Wibberley est un écrivain irlandais, né en 1915 à Dublin, ayant aussi publié sous les pseudonymes de Leonard Holton, Patrick O'Connor ou Christopher Webb. Son œuvre se partage principalement entre le journalisme, la littérature enfantine et des romans moralistes, dans lesquels il traite avec un humour fin de sujets politiques ou éthiques. Sa plus célèbre création demeure le Duché du Grand-Fenwick, contrée imaginaire typiquement britannique vivant au XXe siècle comme en plein Moyen-Âge, cadre de cinq romans : The mouse that roared (1955), Beware of the mouse (1959), The mouse on the moon (1962), The mouse on Wall Street (1969), Mouse that saved the West (1981) (les deux premiers seulement ont été traduits en français). Ses ouvrages les plus célèbres ont été publié en français aux éditions Fasquelle ; on retiendra Feu l'indien de Madame (1957), Passez-moi le président (1958), Vers une île lointaine (1960) ou Le dernier safari (1971). Leonard Wibberley est mort en 1983.
 
Le livre
Le duché du Grand-Fenwick est un petit État indépendant créé au cœur des Alpes en 1370 par une bande d'archers anglais menée par le téméraire chevalier Roger Fenwick. Peu peuplé et étalé sur trois vallées, il n'attira jamais les convoitises de ses voisins et développa son économie autour du Pinot Grand-Fenwick, un vin prisé des connaisseurs. Mais une formidable expension démographique (de 4000 âmes en 1900 à 6000 en 1950) met en péril l'indépendance financière du pays, qui se divise en deux partis : ceux qui soutiennent le baptême du Pinot, afin d'augmenter le volume à vendre, et les anti-dilutionnistes, farouches conservateurs. La duchesse Gloriana XII tranchera en faveur d'un plan audacieux : déclarer la guerre aux États-Unis, qui ont la curieuse tendance à faire la fortune de leurs ennemis vaincus. Mais, par un concours de circonstance pour le moins burlesque, l'armée d'invasion du Grand-Fenwick débarquera à New York pour une bataille aussi courte qu'épique et dérobera la bombe Q, la plus fantastique arme nucléaire, capable de pulvériser un continent entier. Devenant ainsi la plus puissante nation du monde, le Duché imposera la paix universelle et le désarmement général.
 
WibberleyLeonard.jpgMon avis
J'ai parcouru ce livre avec ce sourire de délectation que seuls les humoristes anglais savent faire naître. Certes on n'est pas au niveau de PG Wodehouse ou de Pratchett, mais la bouffonnerie développée, avec en fond une critique sociale à la limite du cynisme, rappelle ces films anglais des années 50 tels que Passeport pour Pimlico ou Noblesse oblige (un film a d'ailleurs été tiré de ce roman, avec Peter Sellers !). L'histoire est délicieusement amusante et les détails sont savoureux ; tout le monde passant au crible de l'humour de Wibberley : les grandes nations qui imposent leurs guerres aux petites, les petites qui arrivent enfin à faire entendre leur voix, les Américains qui deviennent des paranos ridiculisés par des chevaliers du XIVe... Je conçois ce court roman comme un petit bijou voltairien, un conte philosophique invitant, par le biais des aventures d'une contrée imaginaire, au pacifisme en pleine Guerre Froide. Et comme d'habitude un peu d'intelligence en ce bas monde fait toujours du bien, surtout quand ça ne se prend pas au sérieux.
 
Extrait
« Le comte Mountjoy avait espéré qu'il serait inutile d'envoyer les troupes au-delà des murs, et pensait qu'une déclaration de guerre suffirait. On pourrait la faire suivre immédiatement d'un appel au monde entier, puis d'une reddition rapide, et le miraculeux relèvement par le dollar pourrait commencer.
Mais la déclaration de guerre avait été suivie de quatre semaines d'un silence injurieux. N'importe quelle réponse des États-Unis eût été la bienvenue. N'en recevoir aucune était intolérable. [...] Comme il n'y avait pas de représentant américain au Grand-Fenwick, il obtint finalement la permission de la duchesse de se rendre à Lyon, où se trouvait le plus proche consulat des États-Unis en France, afin d'exiger une réponse en bonne et due forme.
Tout le personnel avait paru prendre la chose pour une plaisanterie. La réaction officielle des États-Unis à la déclaration de guerre solennelle du Grand-Fenwick avait été un gros rire du consul, qui avait reconduit Mountjoy à la porte avec une bonne claque dans le dos et cette question pour le moins humiliante :
- Vous connaissez celle de l'éléphant qui rencontre une souris ? »
 
[C'était une chronique de Jeff].
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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 16:03
JonathanStrange.jpgJonathan Strange & Mr Norrell, de Susanna Clarke
Robert Laffont, 2007 - Le Livre de Poche (n° 30955), 2008
ISBN 978-2-253-1283-9
Traduction : Isabelle D. Philippe (2004)
Couverture : Portia Rosenberg
 
Sur le fond historique d'une Angleterre en guerre contre Napoléon 1er, un magicien entre dans la danse pour faire pencher la balance du côté de la perfide Albion. Ainsi en quelques jours notre ennemi de toujours voit-il la fortune lui sourire, il fallait bien cela pour que cette contrée triomphe.

À York existe une société de magiciens, ces messieurs se réunissent le troisième mercredi du mois et devisent de choses et d'autres sans rien faire de plus. Arrive un gentilhomme du nom de John Segundus, qui, prenant la parole lors d'une réunion de ses pairs, s'interroge sur le fait que les magiciens fussent-ils nombreux et fort diserts, nul fait de magie n'était plus visible nulle part. On lui répondit que connaître la magie n'impliquait pas l'aptitude à l'exercer. Inutile de dire que sa question lui apporta peu de sympathie, sinon celle de Mr Honeyfoot avec lequel il entreprend de redonner son lustre à leur art. Ainsi finissent-ils par rencontrer Mr Norrell, vieux sorcier ermite et secret, à qui ils demandent conseils... C'est lui qui ménera l'offensive contre l'Empereur !

Ainsi commence le roman de Susanna Clarke, roman magistorique donc, volumineux, comme c'est souvent le cas dans ce genre de littérature, riche en personnages et en descriptions de ceci, cela, et même du reste. Ce livre était depuis un moment sur mon bureau, caché, puisqu'il me fut offert pour Noël, 2008 ! Sans le défi Littérature de l'imaginaire sur les 5 continents, je doute m'être jamais attaqué à lui, les 1140 pages du volume m'ayant rebuté sur le moment. Non que je regrette maintenant de l'avoir lu mais sans une incitation je l'aurais laissé gésir sous un voile de poussière.

Avançons, rapidement, dans la lecture : après son succès Mr Norrell rencontre à Londres un jeune magicien, Jonathan Strange ; associés, ils vont faire démonstration de leur art. Ainsi se confirme une ancienne prophétie affirmant que deux magiciens rétabliraient le rôle de la magie dans le pays.

Bien sûr l'affrontement est inévitable, le jeune, et curieux, Strange (un nom éculé s'il en est !) n'a pas la sagesse pantouflarde de son partenaire, plus âgé, l'impétuosité de la jeunesse le pousse à céder à l'appel du côté obscur représenté par le Roi Corbeau, roi-elfe mythique et détenteur d'une puissance inégalée...
L'élève se dresse contre le maître, le mal affronte le bien, de l'inédit !

SusannaClarke.jpgL'intérêt de l'ouvrage réside dans son écriture, sa construction, l'historicité de son cadre, on y croise Lord Byron, on assiste à Waterloo, les héros sont à la fois mystérieux et profonds, le bien est imparfait et le mal non démuni de qualité bien que parfois je me pris à désirer taper sur l'épaule de l'un ou de l'autre pour lui dire : « Regarde, c'est juste devant toi ! ».

Surfant sur le succès de Harry Potter le livre, encadré par un marketing implacable, connaît un grand succès, eut-il été débarrassé des pages inutiles qu'il m'eut plu davantage, avec une fin différente... Pourquoi Susanna ne m'a-t-elle pas demandé mon avis ? Un miroir magique permet pourtant tellement de choses.
Au final un bon livre, couronné par de multiples prix, dont le Hugo 2004, les amateurs ne seront pas déçus. Un film devrait venir, réalisé par Christopher Hampton, j'en ignore encore la distribution, nous en entendrons parler le moment venu, j'en profiterai pour rallonger cet article, j'irai probablement le voir tant l'histoire se prête à la mise en images comme une espèce de Potterie pour adultes. Dix ans auraient été nécessaire à Susanna Clarke pour mener son entreprise à bien, mis à part sa longueur je ne lui vois pas de défaut, et même, après coup, c'est un moyen de rester plus longtemps en compagnie de ses héros.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 21 janvier dans Lire au nid, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Lee Rony.
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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 00:08

LeeRonyAprès avoir participé au défi concernant la littérature policière, il semblait logique que je m'inscrive à celui concernant les littératures de l'imaginaire tant mon enfance et mon adolescence furent emplies de celles-ci, principalement le fantastique mais aussi la fantasy et la SF.


Ne pourrions-nous considérer que les contes « enfantins » en relèvent aussi ?


Vous aurez compris que LEE Rony est un pseudo bien qu'il me semble maintenant être plus moi que mon patronyme. Sur mon blog, outre ce que j'ai lu, vu, entendu, bu, non, cette rubrique manque, pour l'instant, vous trouverez mes nouvelles, poèmes, romans, aphorismes et autres maux d'esprit. J'y accueille également des SBF (*) désirant offrir leurs œuvres à un lectorat restreint, peut-être, mais de qualité...


La liste des romans que je présenterai est la suivante :

Afrique : Amos Tutola - Ma vie dans la brousse des fantômes

Amérique : H.P. Lovecraft - La couleur tombée du ciel

Asie : Masamune Shirow - Ghost in the shell (攻殻機動隊)

Europe : Susanna Clarke - Jonathan Strange & Mr Norrell

Océanie : Greg Egan - Téranésie


Note de Catherine

(*) SBF = Sans Blog Fixe

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 07:49
DrapeauItalien.gifBonjour,
 
Je me présente : je suis Gaspara, je suis Italienne, j'aime beaucoup, beaucoup lire, je n'ai toujours pas de blog, en revanche je connais bon nombre de blogueurs français, soit parce que je lis leurs blogs avec plaisir soit parce que je les ai rencontrés personnellement lors du grand et merveilleux jeu Books and the city !

Je lis tout (romans et autres) et même comme romans : tout, des classiques au polar et j'ai participé au défi Littérature policière sur les 5 continents (et je l'ai terminé, en fin d'année j'ai envoyé mon dernier commentaire !).

J'ai 63 ans, je suis retraitée mais mon dernier travail était comme bibliothécaire et je suis encore bénévole dans « ma » bibliothèque et aussi dans une autre :-)). J'organise, depuis quelques mois, un petit groupe de lecteurs : on se rencontre une fois par mois et on raconte ce qu'on lit.
 
Mon français est « discret », je peux lire en français comme en italien (tandis que l'anglais est toujours une langue étrangère pour moi), écrire c'est autre chose, pardonnez-moi mes fautes !

Je n'ai pas encore choisi ma liste mais certainnement, je lirai T. Pratchett pour l'Europe (je l'aime vraiment et pour Noël, j'ai offert quelques livres à mon fils) et pour l'Afrique pas de problème, en Italie pas facile trouver les livres dont vous parlez mais j'ai un très beau livres de contes !
 
À bientot avec une liste plus définie,
Gaspara

*****

Voici ma liste (provisoire) :

Afrique : Nigéria : Amos Tutuola - My life in the bush of ghosts (Fantastique/fantômes)

Amérique : États-Unis : P.J. Farmer - L'autre voyage de Philéas Fogg (SF et fantastique)

Asie : Japon : Murakami Haruki - Kafka sur le rivage (Fantastique)

Europe : Angleterre : Terry Pratchett - Mécomptes de fées (douzième livre des Annales du Disque-monde), Streghe all’estero, Witches Abroad (Parodies de contes)

Océanie : Australie : Max Barry - Logo land / Jennifer Government (SF/dystopie)
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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 00:05

GenesisBeckett.jpgPour le défi Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents, il me fallait un roman pour l'Océanie et paraît Genesis, un roman de SF en provenance de Nouvelle-Zélande. Parfait, voilà ce qu'il me fallait ! Peut-être comptera-t-il aussi pour le défi SF 2010 ? En tout cas, il fait aussi partie des romans de la rentrée littéraire 2009.

 

Genesis est un roman de Bernard Beckett paru le 8 octobre 2009 aux éditions Gallimard Jeunesse (186 pages, 11,50 €, ISBN 978-2-07-062209-2). Genesis (2006) est traduit de l'anglais (néo-zélandais) par Lætitia Devaux.

 

Bernard Beckett est né en 1967 du côté de Wellington où il a étudié l'anglais, les mathématiques et le théâtre. Il est enseignant à la Hutt Valley High School à Lower Hutt. Genesis a reçu en 2007 l'Esther Glen Award et le New-Zealand Post Book Award pour les jeunes adultes (Genesis est publié en France dans une collection jeunesse, mais ce romancier néo-zélandais est considéré dans son pays comme un auteur pour jeunes adultes).

Du même auteur : les romans Lester (1999), Red cliff (2000), Jolt (2002), No alarms (2002), 3 plays : Puck, Plan 10 from outer space, The end of the world as we know it (2003), Home boys (2003), Malcolm and Juliet (2004), Deep fried – avec Clare Knighton – (2005) et l'essai Falling for science (2006).


« Quand la philosophie est au cœur du suspense... Que signifie être un HUMAIN ? »

 

Dans le passé... 2032 : nombreux attentats, 2041 : changements accélérés du climat et tempêtes de poussière, 2047 : émeutes d'indépendance, 2050 : conflit mondial, 2051 : instauration de la République de Platon, dès 2052 : épidémies... Des humains isolés sur l'île d'Aoteraoa ne sont pas touchés et grâce à leur Grande Barrière Maritime de la République achevée en 2051, ils empêchent tous les survivants d'accoster. Afin de créer « une société fondée sur l'ordre et la stabilité », la population est « divisée en quatre classes, selon le génome de chacun : Ouvriers, Soldats, Techniciens et Philosophes », les enfants sont séparés définitivement de leurs parents, « soumis à une éducation stricte, aussi bien physiquement qu'intellectuellement » puis chacun est « testé et affecté à une classe, ou éliminé ».

 

De nos jours (je pense que c'est en 2100 et quelques)... Anaximandre est étudiante en histoire et elle est fascinée par Adam Forde (2058-2077), un soldat qui n'a pas hésité à tuer son coéquipier pour sauver une jeune fille sur une embarcation. Adam a évidemment été condamné mais au lieu d'être exécuté, il a servi de cobaye pour tester Art, un androïde créé par le Philosophe William. Le professeur d'Anax, Périclès, l'a bien préparée à l'examen : la voici devant les trois Examinateurs et elle a cinq heures pour les convaincre. Va-t-elle entrer à l'Académie ? Ou sa vision différente – hérétique ? - va-t-elle lui nuire ?

 

Je suis sous le choc... Une telle société... Dans le futur, aura-t-on encore le droit de penser et de s'exprimer ? Ou sera-t-on éliminé comme les réfugiés (ils risquent de contaminer la population d'Aoteraoa) et ceux qui n'entrent pas dans le moule ? Un roman découpé en quatre actes : quatre heures devant le jury, entrecoupées chacune d'une pause durant laquelle Anax se pose encore plus de questions créant un suspense insoutenable.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 4 janvier 2010 dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Catherine.

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Published by Catherine - dans Océanie
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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 16:24
Voici le neuvième bilan de ce blog et du défi.

Le blog
60 articles (dont 5 en décembre) ; 11 participants (9 filles et 2 gars) ; 12 liens
4 chroniques pour l'Afrique, 6 pour l'Amérique, 9 pour l'Asie (dont une divisée en 6 articles), 9 pour l'Europe (dont une hors-défi) et 6 pour l'Océanie (dont une divisée en 3 articles)
10 pages
424 visiteurs ont vu 780 pages et ont posté 16 commentaires (c'est plus que le mois précédent) ; 4 inscrits à la newsletter
Provenances des visiteurs : 26 % provenance directe, 15 % communauté plateforme, 14 % provenance externe, 45 % moteurs de recherche - (Les nouveaux pays sont en rouge) Algérie, Allemagne, Angleterre, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Belgique, Bénin, Bolivie, Botswana, Brésil, Bulgarie, Cameroun, Canada, Chine, Colombie, Congo/Kinshasa, Corée du Sud, Côte d'Ivoire, Croatie, Cuba, Danemark, Djibouti, Égypte, Espagne, États-Unis, Finlande, France (dont Guadeloupe, Guyane Française, Martinique, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Réunion), Grèce, Haïti, Hong Kong, Hongrie, Irlande, Israël, Italie, Japon, Liban, Luxembourg, Maroc, Maurice (île), Moldavie, Monaco, Nigéria, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Pays-Bas, Pologne, Porto Rico, Portugal, Roumanie, Russie, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovaquie, Suède, Suisse, Tchèque (République), Thaïlande, Tunisie, Turquie, Ukraine, Uruguay...

Le blogrank
Stable la première quinzaine entre 40 et 50, il a malheureusement chuté après le 17 et stagne à 35...

Les pays choisis
Afrique : 1. Cameroun, Djibouti, Nigéria, Sénégal - 2. Algérie, Congo/Brazzaville, Côte d'Ivoire - Nouveau pays choisi : Afrique du Sud
Amérique : 1. États-Unis - 2. Argentine, Canada
Asie : 1. Japon - 2. Corée du Sud - 3. Inde
Europe : 1. Angleterre - 2. France - 3. Allemagne
Océanie : 1. Australie - 2. Nouvelle-Zélande

Les auteurs les plus choisis
1. Haruki Murakami (Japon) par 4 participantes
2. Jin-kyeong Kim (Corée du Sud) et Sara Douglass (Australie) par 3 participantes
3. Nix Garth et Lian Hearn (Australie), Andreas Eschbach (Allemagne), Abdourahman A. Waberi (Djibouti) et Amos Tutuola (Nigéria) par 2 participants

Les titres les plus choisis
1. L'école des chats (Corée du Sud) et la trilogie d'Axis (Australie) par 3 participantes
2. Le clan des Otori (Australie), Aux États-Unis d'Afrique (Djibouti), La fin des temps (Japon), Kafka sur le rivage (Japon) par 2 participants

Types de documents choisis
: à part le manga choisi par A Girl from Earth, les autres livres choisis sont des romans (ou recueil de contes), Johan innove donc en choisissant un manga, une BD (australienne) et un comic !

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J'espère que ce défi va continuer en 2010 !
Je vous souhaite de passer de bonnes fêtes de fin d'année !

Et pour finir l'année en beauté, voici un nuage de mots 2009 avec Wordle :
Nuagemots2009.jpg
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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 08:06
Bonjour !

En digne lycéenne que je suis (j'ai 17 ans et je suis en 1ère Littéraire), je change tout le temps de goût ! Et ces temps-ci, je me suis rendue compte que je rejetais un peu trop la littérature fantastique et fantasy qui m'a donnée cette passion de la lecture (avec Harry Potter et Les aventuriers de la mer) et que je restais hermétiquement fermée à la science-fiction (sauf 1984 de Orwell et Fahrenheit 481 de Bradbury, les incontournables) pour me concentrer sur la littérature contemporaine (challenge du 1 % de la rentrée littéraire, Goncourt des lycéens...). La création de mon blog, Petites lectures entre amis, et la découverte de ce challenge sont l'occasion idéale pour me réconcilier avec la littérature de l'imaginaire. En plus, je suis presque autant ancrée sur la littérature française que sur la littérature contemporaine, alors que ce challenge impose un livre par continent, c'est encore mieux !

Ma liste (elle va évoluer, je n'ai pas fait tous mes choix) :
Océanie : Apocalypse, de John Marsden (SF horreur - Australie)
Europe : Le jeu de l'ange, de Carlos Ruiz Zafón (fantastique - Espagne)
Amérique : Fondation, d'Isaac Asimov (SF - États-Unis) ou Serre du faucon argenté, de R.E. Feist (Fantasy - États-Unis)
Asie : Le pays des marées, d'Amitav Gosh (fantastique - Inde)
Afrique : Contes et sagesse d'Afrique, de Souleymane Mbodj (contes - Sénégal)
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Published by Constance - dans Les participants
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