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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 18:18

Voici le quinzième bilan de ce blog et du défi.

Le blog
98 articles (dont 7 en juin) ; 18 participants (14 filles et 4 gars) ; 18 liens
7 articles pour l'Afrique, 13 pour l'Amérique, 13 pour l'Asie (dont un divisé en 6 articles), 18 pour l'Europe (dont un hors-défi) et 12 pour l'Océanie (dont un divisé en 3 articles)
11 pages
294 visiteurs ont vu 707 pages et ont posté 11 commentaires ; 4 inscrits à la newsletter

Provenances des visiteurs : 50 % provenance directe, 3 % communauté plateforme, 15 % provenance externe, 32 % moteurs de recherche - Algérie, Allemagne, Angleterre, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Bénin, Bolivie, Botswana, Brésil, Bulgarie, Botswana, Burkina Faso, Cameroun, Canada, Chili, Chine, Colombie, Congo/Kinshasa, Corée du Sud, Côte d'Ivoire, Croatie, Cuba, Danemark, Djibouti, Égypte, Espagne, États-Unis, Finlande, France (dont Guadeloupe, Guyane Française, Martinique, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Réunion), Grèce, Haïti, Honduras, Hong Kong, Hongrie, Irlande, Israël, Italie, Japon, Liban, Luxembourg, Maroc, Maurice (île), Mauritanie, Moldavie, Monaco, Niger, Nigéria, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Pays-Bas, Pérou, Pologne, Porto Rico, Portugal, Roumanie, Russie, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovaquie, Suède, Suisse, Tchèque (République), Thaïlande, Tunisie, Turquie, Ukraine, Uruguay...

Le blogrank
En dents de scie, entre 12 et 32...

Les pays choisis
Afrique : 1. Nigéria - 2. Cameroun, Djibouti, Sénégal - 3. Afrique du Sud, Algérie, Congo/Brazzaville, Côte d'Ivoire
Amérique : 1. États-Unis - 2. Canada - 3. Argentine
Asie : 1. Japon - 2. Inde - 3. Corée du Sud
Europe : 1. Angleterre - 2. France - 3. Allemagne, Espagne
Océanie : 1. Australie - 2. Nouvelle-Zélande

Les auteurs les plus choisis
1. Haruki Murakami (Japon) par 7 participantes
2. Amos Tutuola (Nigéria) par 5 participants
3. Sara Douglass (Australie) par 4 participantes

Les titres les plus choisis
1. La trilogie d'Axis (Australie) par 4 participantes
2. L'école des chats (Corée du Sud) par 3 participantes
3. Le clan des Otori (Australie), Aux États-Unis d'Afrique (Djibouti), Ma vie dans la brousse des fantômes (Nigéria), La fin des temps (Japon), Kafka sur le rivage (Japon), Jennifer gouvernement (Australie) par 2 participants


Bonne continuation du défi et belles vacances estivales à tous !

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 22:58

KiwisLelfAxiomatique.jpgAxiomatique, de Greg Egan
Le Livre de Poche, octobre 2009, 496 pages, 7,50 €

Axiomatique est un recueil de 18 nouvelles de science-fiction, écrites par Greg Egan, auteur australien très remarqué ces dernières années. En France, son recueil Océanique vient de recevoir le prix du Cafard Cosmique après avoir obtenu le prestigieux Prix Hugo et le Prix Locus en 1999. Greg Egan est spécialisé en Hard Science, ses nouvelles sont empruntes des connaissances scientifiques actuelles, utilisées pour expliquer des sociétés futuristes.


Axiomatique, où l'on trouve des assassins marchant entre les mondes parallèles, des artistes fous prêts à tout pour faire vivre l'Art, un cristal qui permet l'immortalité, des implants qui modifient les convictions profondes, des vortex temporels instables ou encore des savants qui jouent au Tout-Puissant.


De la hard-science au service d'une réflexion sur la condition humaine


La plongée dans ce recueil n'est pas des plus aisée, le style de Greg Egan étant très poussé, notamment dans la théorie scientifique. Physique, chimie, biologie ou mathématiques sont les supports des nouvelles et l'auteur se sert de connaissances avérées pour imaginer les évolutions et dérives possibles de ces sciences. Le lecteur scientifique reconnaîtra ainsi du vocabulaire et des principes connus, mais que les non-scientifiques se rassurent, il n'est pas facile, quoi qu'il en soit, de suivre la pensée de l'auteur. Néanmoins, selon les nouvelles la théorie est accessible ; et même en renonçant à une compréhension totale le message passe bien et l'aventure est un plaisir à suivre.
La science sert de prétexte à une profonde réflexion sur l'humain. L'auteur soulève notamment de nombreuses questions d'éthique (eugénisme, tests pharmaceutiques, définition d'une entité intelligente, les scientifiques qui jouent au Tout-Puissant...), ainsi que sur la nature profonde de l'Homme (où commence et s'arrête la liberté, comment définir une personnalité – notamment si on la copie, qu'est-ce qui définit un couple et sa longévité...). Ces interrogations philosophiques sont relativement poussées et abordées de différentes façons, certains textes se faisant parfois écho entre eux. La science-fiction est le moyen idéal pour soulever ces thématiques et Greg Egan l'utilise de manière subtile, proposant différents niveaux de lecture, le lecteur n'étant pas obligé de voir toutes ces analyses derrière l'aventure, mais la percevant néanmoins.


Des récits d'aventure riches


Côté intrigue, le suspense est de mise. Les héros sont souvent amenés à faire des choix dont les conséquences bouleversent leur quotidien, ou celui de leur entourage immédiat, voire celui de la société entière. Le déroulement est parfois prévisible, ce qui n'entache pas vraiment l'intérêt de la lecture, étant donné la profondeur de réflexion qu'il est possible de développer. Le petit détail amusant à souligner est le décor évoqué : l'Australie. Il est assez inhabituel de parcourir les rues des villes de ce pays ou d'avoir des histoires qui utilisent ses caractéristiques (comme par exemple dans Eugène, où l'on apprend que les gens choisissent d'avoir la peau noire, ce qui est plus pratique au soleil et fait chuter le taux de cancers de la peau).

Quelques nouvelles appréciées, plus en détail :
Lumière des événements : Les hommes reçoivent le journal de leur vie à l'avance, écrit par leur moi futur. Quelle place reste-t-il pour l'imprévu, ne peut-il y avoir de mensonges et comment peut-on s'écarter de cette route toute tracée ?
Le coffre-fort : Une conscience qui passe de corps en corps, habitant les gens pour 24 h. Plutôt comique au départ et intéressant de voir cet homme projeté dans des inconnus et s'approprier leur vie.
En apprenant à être moi : Pour prévenir la dégradation du cerveau et garantir l'immortalité de la conscience, les hommes ont tous un cristal qui enregistre une copie de leur cerveau. Cristal et cerveau sont-ils une seule personne ou deux entités qui pourraient se différencier et qui cohabitent ? Une belle question d'identité, des réponses qui pourraient bien faire froid dans le dos.
Orbites instables dans la sphère des illusions : Un couple marche entre les bulles d'attractions qui renferment des croyances. S'ils s’approchent de trop près d'une de ces bulles, ils pourraient malgré eux adopter la croyance qui la caractérise et ne plus jamais repartir. J'ai une petite affinité personnelle pour la réflexion qu'elle propose, autour de la définition de liberté. Même quand on se croit en liberté, l'est-on vraiment. Quand on se rebelle et refuse les sentiers battus, ne suit-on pas également un chemin établi par avance. Jusqu'à quel point est-on libre de ses choix et de ses mouvements ? La prise de conscience suffit-elle à changer cet état ? De bons souvenirs de philo en somme, et une nouvelle qui conclut bien le recueil.

En bref, Axiomatique est un bon recueil, une bonne surprise de retrouver toute cette réflexion éthico-philosophique et de voir les sciences utilisées de manière aussi pointue. Mais c'est également une lecture un peu exigeante. Avis aux amateurs.

Ce livre a été lu en LC, retrouvez les chroniques des autres blogueurs : Guillaume44, Anudar, Valunivers, Cachou, Charmante Lova, Nadège.

Axiomatique constitue également la deuxième étape de mon tour des 5 continents en nouvelles et en imaginaire, pour l'Océanie.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 25 juin dans Imaginelf, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Lelf.

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Published by Lelf - dans Océanie
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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 00:08

BorgesFictions.jpgFictions, de Jorge Luis Borges
Gallimard, Folio, 1974, 185 pages, ISBN 978-2070366149
Titre original : Ficciones, 1944
 
L'auteur
Jorge Francisco Isidoro Luis Borges Acevedo naît à Buenos Aires le 24 août 1899, dans une famille cosmopolite d'avocats et de professeurs. Sa famille voyage beaucoup après la Première Guerre Mondiale, et il poursuit ses études supérieures à Genève, Barcelone, Marjorque, Séville, Madrid... commençant ses premiers travaux poétiques et littéraires.
Il revient en Argentine en 1921, où il entreprend de multiples activités : création de revues, traduction, poésie, essais, polars, chansons... C'est à la fin des années 30 qu'il commence à se faire connaître, principalement grâce à ses contes et nouvelles, dans leur majorité d'inspiration fantastique.
Après une occultation officielle par le régime péroniste, il est nommé directeur de la Bibliothèque Nationale en 1955, date à laquelle il devient définitivement aveugle par le biais d'une maladie familiale. Sa recommée devient internationale dans les années 60, notamment par l'obtention de prix prestigieux, tels que le Prix Formentor en 1961, le Prix Cervantes en 1979, la Légion d'honneur en 1983...
BorgesJorgesLuis.jpgIl se marie une première fois en 1967, pour divorcer trois ans plus tard. Après la mort de sa mère en 1975, il voyage à travers le monde, et ce jusqu'à la fin de sa vie. Ses dernières années, il vit avec son assistante, Maria Kodama, avec laquelle il se marie en 1986. Il meurt d'un cancer à Genève quelques mois après.
 
L'œuvre (présentation de l'éditeur)
Sans doute y a-t-il du dilettantisme dans ces Fictions, jeux de l'esprit et exercices de style fort ingénieux. Pourtant, le pluriel signale d'emblée qu'il s'agit d'une réflexion sur la richesse foisonnante de l'imagination. Au nombre de dix-huit, ces contes fantastiques révèlent, chacun à sa manière, une ambition totalisante qui s'exprime à travers de nombreux personnages au projet démiurgique ou encore à travers La bibliothèque de Babel, qui prétend contenir l'ensemble des livres, existants ou non.
La multitude d'univers parallèles et d'effets de miroir engendrent un 'délire circulaire' vertigineux, une interrogation sur la relativité du temps et de l'espace. Dans quelle dimension sommes-nous ? Qui est ce 'je' qui raconte l'invasion de la cité dans La loterie de Babylone ? En mettant en vis-à-vis le Quichotte de Ménard et celui de Cervantès, lit-on la même chose ou bien la décision de redire suffit-elle à rendre la redite impossible ?
Il n'est pas certain que l'on ait envie d'être relevé du doute permanent qui nous habite au cours de cette promenade dans Le jardin aux sentiers qui bifurquent. On accepte volontiers d'être les dupes de ces Artifices, conçus comme le tour le plus impressionnant d'un prestidigitateur exercé. -- Sana Tang-Léopold Wauters


BorgesBibBabel.jpg 
Mon avis
Vous l'aurez compris, il s'agit là d'un recueil de nouvelles fantastiques pour le moins frappant. Il se compose de 17 récits, articulés en deux parties : Le jardin aux sentiers qui bifurquent (1941), plutôt axé sur les jeux littéraires et historiques, qui rapprochent à mon sens Borges des jeux oulipiens, et inversement, et Artifices (1944), sur des thèmes plus sombres et intimistes. Je ne vais pas commenter chacun d'eux, seulement dire deux ou trois mots des quelques-uns qui m'ont particulièrement frappé.
Beaucoup de récits sont des critiques d'auteurs ou de livres imaginaires, tels que Tlön, Uqbar, Orbis Tertius où un livre fictif devient réel au point de prendre le pas sur l'Histoire, L'approche d'Almotasim, Examen de l'œuvre d'Herbert Quain, ou l'excellentissime Pierre Ménard, auteur du Quichotte où Borges raconte la prouesse littéraire d'un auteur français, Pierre Ménard, qui a volontairement, et sans lire le texte original, réécrit à l'identique l'œuvre de Cervantès. Sans se départir d'un humour à froid génialissime, Borges en conclut que cette version moderne, qui bien que rigoureusement similaire, est supérieure à l'originale puisque si Cervantès s'exprime dans un langage commun pour un Ibère du siècle d'or, Pierre Ménard lui a opté pour un espagnol archaïsant pour son époque, dans une tentative de reconstruction historico-littéraire absolument unique.
La bibliothèque de Babel est quant à lui le récit autobiographique d'un bibliothécaire dans un monde étrange qui n'est qu'une gigantesque bibliothèque, superposition d'étages hexagonaux, sensée contenir tous les ouvrages possibles et imaginables. Se posent alors les questions métaphysiques liées à un tel monde : à quel dessein sont voués les bibliothécaires ? Se trouve-t-il un livre qui résume tous les autres ? Qu'en est-il des différents courants de pensée quant à sa recherche ? Sur un ton doux-amer, c'est une véritable parabole du mysticisme et de la vanité de l'existence qui s'articule devant nous. Il est à noter qu'on trouve une référence à cette nouvelle, sans doute la plus célèbre de Borges, dans le roman Le nom de la rose d'Umberto Eco dans la description de la bibliothèque octogonale du monastère, et ce jusqu'au bibliothécaire aveugle Jorge de Burgos...
Je conseille aussi l'étrange Les ruines circulaires sur un magicien qui cherche à créer un autre homme, Funes ou la mémoire sur un paraplégique doté d'une mémoire illimitée (pour les lecteurs de L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau), les nouvelles policières Thème du traître et du héros et La mort et la boussole, et enfin le subtil Trois versions de Judas qui en étonnera plus d'un. Si ce sont ces quelques nouvelles qui moi m'ont personnellement marqué, je pense que chacun peut y trouver une source de réflexion. Car c'est de cela qu'il s'agit : le fantastique de Borges n'est que prétexte à une réflexion intense et surprenante (à moins que cela n'en soit que le produit). Il détourne un aspect de notre monde ou crée un nouveau monde de toute pièce, mais aborde toujours cela sereinement, avec érudition et détachement (ce qui le mène tantôt à l'humour, tantôt au désespoir, tantôt au cynisme). Et au final c'est notre propre vision du monde qui change : Borges nous apprend à voir autrement. C'est un sage qui use de ses nouvelles comme des paraboles philosophiques ; et si, comme pour toute parabole, le message n'est pas clairement énoncé (il n'y a que très rarement de morale), on a malgré tout le sentiment d'avoir suivi une leçon d'un sage et d'en ressortir plus humain.

[Une chronique de lecture de Jeff]

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 17:39

FemmeLimace.jpgEt oui, Cher Lecteur Improbable, voici venu le temps de ma première note de lecture pour le défi Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents.

Pour rappel, tu trouveras ici ma liste de livres.
Étant fan du genre, j'avais déjà pas mal de bouquins à mon actif.
Je n'ai donc choisi que des auteurs que je ne connaissais pas pour que cela soit aussi une découverte.

La femme Limace, de Junji Ito
Tonkam, septembre 2009, 230 pages, ISBN 978-2-7595-0093-2
Manga publié dans son sens original
Recueil de 7 nouvelles écrites entre 1987 et 1995
Fantastique/Horreur

L'auteur
Junji Ito est considéré comme l'un des maîtres du manga d'horreur.
En 1987, il publie son premier manga, Tomié, qui remporte un grand succès. En 1990, il fait désormais partie d'un magazine grand public, Big Comic Spirit.
Dès 1998, il s'attelle  à sa nouvelle série horrifique, Spirale. Pourtant, c'est son projet suivant, Gyo qui consacre définitivement Junji Ito comme un mangaka incontournable.
(source bedetheque.com)

Mon avis
Ce que l'on peut dire en premier lieu – une fois passé le moment de flottement que me procure toujours la lecture de droite à gauche - c'est que vouloir lire ces récits en dégustant le maxi-sandwich que l'on vient de se préparer est une très mauvaise idée...
En effet, ces histoires sombres et glauques à souhait m'ont plus souvent dégoûtée que terrifiée et sont, de plus, d'une qualité vraiment inégale.

Au niveau du dessin, il n'y a rien à redire sur les 6 premières nouvelles.
Le trait est fin, précis et détaillé. Classique d'un manga de qualité comme j'en ai déjà lu et apprécié.
Mais pour la dernière du livre (qui est en fait la plus ancienne - La maison bio - 1987), c'est tout le contraire...
Un extrait pour comparer : La maison bio (1987) – La femme Limace (1994).

FemmeLimace2.jpg FemmeLimace3.jpg


En ce qui concerne les récits, je les classerais comme suit :
- mes préférés : Moisissures (n° 3 - 1991), Frissons de froid (n° 4 - 1991) et La tuyauterie gémissante (n° 6 – 1993). Les histoires sont originales, abouties et la tension est vraiment là.
- ceux que j'ai appréciés mais qui m'ont laissé un goût d'inachevé : La femme Limace (n° 1 – 1994) et L'épave (n° 2 – 1995). Elles auraient, je pense, mérité un approfondissement du thème. Pourquoi cette transformation de la jeune fille ?... D’où vient ce monstre aquatique ?... etc.
- ceux qui ne m'ont pas plu : L'auberge (n° 5 – 1991) et La maison bio (n° 7 – 1987). Histoires sans intérêt ou trop 'gore' pour moi.

En conclusion, je noterais ce recueil 7/10.
Je pense que cet auteur est à connaître pour qui apprécie ce genre littéraire et j'espère pouvoir bientôt lire Spirale ou Tomié dont le thème devrait mieux me correspondre.

Voilà, Cher Lecteur Improbable.
Ici ce termine cette trop longue (?) chronique que j'ai eu beaucoup de plaisir à écrire malgré le stress du 'bien-faire', et je comprends mieux l'engouement des nombreux lecteurs-blogueurs pour cet exercice.
Allez, je file, d'autres livres m’attendent...

À bientôt.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 16 juin dans Lucille a dit, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de LucilleAnne.

[Lien vers le nouveau blog de LucilleAnne]

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 17:21

Otori1.jpgLe clan des Otori, de Lian Hearn
Gallimard Jeunesse
Tales of Otori, traduit de l'anglais (Australie) par Philippe Giraudon
 
L'auteur
Gillian Rubinstein est née en 1942 à Potten End en Angleterre et partagea son enfance entre ce pays et le Nigéria. Diplômée en littérature de l'université d'Oxford, elle a travaillé comme critique de cinéma et éditeur d'art à Londres, avant de s'installer en Australie avec son mari en 1973. Son œuvre se constitue de huit pièces de théâtre, de nouvelles et articles, et de plus de trente romans, littérature fantastique pour la jeunesse dans sa majeure partie (Space Demons, Foxspell, Galaxy-Arena...). Son intérêt pour la civilisation et la langue japonaise a trouvé son apogée dans la publication en 2002 du Clan des Otori, publié sous pseudonyme afin qu'il soit jugé pour sa qualité et non d'après sa renommée d'auteur.


Les romans


Tome 1 : Le silence du rossignol (Across the Nightingale Floor, 2002) : le jeune Takeo grandit au sein d'une communauté paisible qui condamne la violence, mais elle est massacrée par les hommes d'Iida, chef du clan des Tohan. Takeo, sauvé par sire Shigeru, du Clan des Otori, se trouve plongé au cœur de luttes sanglantes entre les seigneurs de la guerre. Il doit suivre son destin. Mais qui est-il ? Paysan, seigneur ou assassin ? D'où tient-il ses dons prodigieux ? Lorsqu'il rencontre la belle Kaede, un amour fou naît entre les deux jeunes gens : devra-t-il choisir entre cet amour, sa dévotion à sire Shigeru et son désir de vengeance ? Sa quête le mènera jusqu'à la forteresse d'Inuyama, lorsqu'il marchera sur le 'parquet du Rossignol'. Cette nuit-là, le rossignol chantera-t-il ?


Otori2.jpgTome 2 : Les neiges de l'exil (Grass for his Pillow, 2003) : Takeo, désormais héritier du puissant clan des Otori, s'est engagé à rejoindre les rangs criminels de la Tribu, reniant ainsi son éducation pacifique, abandonnant ce qui lui revient de droit, territoire, fortune et pouvoir, renonçant aussi à son amour pour Kaede. Mais la Tribu peut-elle éloigner Takeo de son destin ? Le chemin qu'il choisit le conduira au paroxysme du danger, de l'épreuve et du sacrifice, au cœur des montagnes glacées du Pays du Milieu. Kaede, pion utile dans le jeu des seigneurs de la guerre, devra quant à elle mettre en œuvre toute son intelligence, sa beauté et sa ténacité pour s'imposer dans le monde des hommes tout-puissants et garder son précieux secret.


Tome 3 : La clarté de la Lune (Brilliance of the Moon, 2004) : « Tu conquerras la paix en cinq batailles : quatre victoires et une défaite. » Takeo parviendra-t-il à apporter la paix sur les Trois Pays comme l'annonce la prophétie ? Après leur union secrète au temple de Terayama, Takeo et Kaede sont plus résolus que jamais à prendre possession de leur héritage et venger sire Shigeru. Tandis que le jeune homme tente de rallier à sa cause le pirate Fumio Terada, Kaede est victime d'un chantage diabolique. Lorsque enfin la lune se lève sur la dernière et terrible bataille, l'issue est plus que jamais incertaine...
 
Mon avis
Avis aux amoureux du Japon (dont je suis) : ce livre est un petit bijou. Tout y est brillant et la passion de l'auteur pour le pays du Soleil Levant transparaît à chaque ligne, ce qui ne peut que ravir les nippophiles. Attention ce n'est pas pour autant œuvre japonaise, mais bien un roman d'Occidental se déroulant dans une région fictive du japon médiéval. Tout y est, du cerisier printanier aux torrents de montagne, en passant par les temples taoïstes et les sociétés secrètes ; l'exotisme est imparable et la retranscription d'un mode de pensée médiéval impeccable. Car c'est sans conteste le point fort de cette série : la fidélité à une culture médiévale non occidentale. Les personnages, pensent, vivent, travaillent différement.
Otori3.jpgLeur sens de l'honneur et leur idée de la destinée semblent parfois décalés. Sous des dehors laqués, pronant le calme, la poésie (quelques haïkus parsèment le texte), la peinture, la sagesse, ils sont terribles, violents, passionnés, tiraillés par des besoins obsessionnels terrifiants. Et quand le vernis lache, gare à vous ! J'ai été marqué par cette scène du père de Kaede, rendu fou par la déchéance financière, qui retourne sa haine contre sa propre fille et tente de la violer, après avoir partagé un thé des plus serein. Car la recherche de la sérénité, au sens large et entier du terme, n'est pas une gageure : c'est un combat de tous les instants, et toutes les ambiguités de la lutte pour la survie sont posées. Le paradoxe de la guerre pour atteindre la paix, de la révolte nécessaire à l'obtention de la liberté, de la blessure avant le repos, transparaît pleinement. La quête est loin d'être de tout repos.
Mais les codes sont tous prêts à se briser : c'est le système tout entier que notre héros est appelé à briser en détruisant sa famille, la révolte des femmes dans cette société terriblement mysogine est incarnée par la belle Kaede qui en impose à bien des personnages masculins sans caractère... Et en fond transparaît l'inexorable marche de l'Histoire : la fin du pouvoir des Seigneurs de la Guerre et l'unification des provinces, la centralisation de l'administration à la cour impériale, l'arrivée des échanges avec l'Occident (par le biais des pirates et des armes à feu, qui bouleversent l'ordre guerrier), l'influence religieuse des Invisibles, dans lesquels on reconnaît clairement les chrétiens... C'est toute la mélancolie d'un passé glorieux mais injuste s'effaçant devant une ère prospère mais moins mystérieuse qui s'étale, attitude fondamentalement japonaise.

 

Extrait
« Je pensai à elle, endormie contre sa mère, forcée de choisir entre mourir de faim ou subir un véritable esclavage. Je pensai aussi à la famille de Furoda, chassée de sa maison aussi délabrée que confortable, à l'homme que j'avais tué dans son champ secret, au village qui allait mourir par ma faute.
Personne ne se souciait de ces choses, c'était le cours normal du monde - mais elles me hantaient. Et bien sûr, comme toutes les nuits je me mis à examiner les pensées qui m'avaient habité secrètement pendant le jour.
Yuki attendait un enfant de moi. Il serait élevé par la Tribu, et je n'aurais sans doute même pas l'occasion de le voir une fois en ma vie.
Les Kikuta avaient tué mon père pour avoir enfreint les règles de la Tribu et ils n'hésiteraient pas à faire de même avec moi.
Je ne décidais rien, je ne concluais rien, au cours de ces longues nuits sans sommeil. Je restais simplement étendu dans la nuit, seul avec mes pensées semblables à des cailloux noirs que j'aurais tenus dans ma main pour les regarder. ».


[Une chronique de lecture de Jeff]

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 22:42

LucilleAnne.jpg

 

Bonjour,

Je me nomme LucilleAnne, j'ai presque 40 ans et suis maman (en congé parental) de 3 enfants.
J'ai un blog - Lucille a dit - mais qui est, pour l'instant, essentiellement consacré à mes travaux d'aiguille et à ma petite famille.

Car, s'il est vrai que je suis une lectrice assidue depuis mon enfance - surtout de Fantasy, Thriller, Science-F et autres « horreurs » (comme diraient certains, « spa d'la littérature ça ma bonne dame !! » ), que ça soit sous forme de roman ou de BD (mais ne suis fermée à aucun genre même si j'ai un peu de mal avec les « classiques »...), en revanche, je n'ose jamais parler de mes lectures (que ce soit dans la vie réelle ou sur le Web) alors de là à les « chroniquer » !!

Mais quand je suis tombée, lors de mes pérégrinations wouebesques, sur le post proposant ce challenge, je me suis dit que je n'avais pas le choix... Je devais sauter le pas et me lancer !

Me voici donc en route pour mon 1er défi - en espérant que mes notes de lecture ne seront pas trop ridicules - avec la liste suivante (celle-ci ne correspond pas à tout ce que je vais lire... quoique... mais plutôt à ce que je sais être à la Bibliothèque mais ne sachant trop ce que vais réellement pourvoir emprunter) :


Afrique : Afrique du Sud

La porte bleue - André Brink

Amérique : Québec

Chroniques du Pays des Mères - Élisabeth Vonarburg

La mosaïque de Sarance - Guy Gavriel Kay

Asie : Japon
La femme Limace - Junji Ito
Crossfire - Miyabe Miyuki
La traversée du temps - Tsutsui Yasutaka

Europe : France
Le réveil des dieux - Fabrice Colin

Océanie
: Nouvelle-Zélande

La voleuse sans ombre - Emily Gee
Sœur des Cygnes - Juliet Marillier

À bientôt.

 

[La présentation du défi sur Lucille a dit]

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 13:26

SpinAng.jpgSpin, de Robert Charles Wilson

Denoël, Lunes d'encre, février 2007, 560 pages, ISBN 978-2207258040


Voici mon 6e billet avec, côté Canada, Spin de Robert Charles Wilson.


L'auteur

Né en 1953 en Californie mais vivant aujourd'hui à Toronto, Robert Charles Wilson s'est imposé comme l'une des têtes de file de la science-fiction canadienne avec des romans tels que Mysterium, BIOS, Darwinia, Les Chronolithes, Spin ou Axis qui lui ont valu de nombreux prix littéraires, dont le prestigieux prix Hugo.


Voici une lecture dont le souvenir n'est plus aussi frais que je l'aurais souhaité et sur laquelle j'ai passé beaucoup plus de jours que prévu, faute de temps (et de concentration surtout car j'ai dévoré ce livre jusqu'à au moins sa moitié, puis relâchement fatal qui a fait que je n'ai pu me replonger dedans que quasi un mois après...).


J'en retiendrai quelques grandes lignes :

- un frisson bien ressenti à l'idée que les étoiles puissent disparaître de notre champ de vision un jour (c'est un de mes petits cauchemars, car les étoiles me font vraiment triper - une nuit sans étoiles - bouuh !!)

- un plaisir de lecture lié à l'imagination de l'auteur quant à ce phénomène du Spin. J'hésite à en dire plus mais j'ai adoré l'idée que, dans le contexte imaginé par l'auteur, on puisse réussir à terraformer la planète Mars (pas d'inquiétude, faux spoiler) - ça paraissait vraiment d'une logique implacable, limite si ça donne pas envie que le Spin arrive pour de bon...

- une petite déception par contre à la révélation de ce qu'étaient les « Hypothétiques » (si c'est bien la traduction de « Hypotheticals ») - il faut dire que c'est ce qui m'a fait aller au bout de ce roman - l'idée est brillamment développée et exploitée, tout se tient, mais j'attendais autre chose... Quelque chose de moins tiré par les cheveux sur la fin aussi peut-être (vraiment dur de parler de ce livre sans en révéler de trop...).


SpinFR.jpgLes petites lignes qui m'ont amusée :

- les clins d'œil de l'auteur à En terre étrangère de Heinlein que j'ai lu il y a peu (je me suis sentie récompensée de l'avoir lu pour le coup )

- cette phrase de Wun avec laquelle je suis plutôt d'accord : « An honest book is almost as good as a friend. »


J'ai été moyennement séduite par contre par le style de l'auteur qui m'a semblé un peu froid, ou trop sérieux peut-être, le ton grave (bon, bien sûr, l'heure est grave dans cette histoire ), ne laissant pas vraiment la possibilité au lecteur de s'attacher aux personnages ou de palpiter à la lecture des événements.


L'intrigue est admirablement bien développée et consistante, réaliste, on est dedans, mais il m'a manqué ce petit plus entraînant de bout en bout. Cela m'a fait penser un peu à Chroniques des jours à venir de Ronald Wright à ce niveau.


L'histoire entre Diane et Jason m'a barbée quelque peu mais ce qui fait la force de ce récit, c'est qu'il ne s'agit justement pas simplement d'une intrigue science-fictive pure et dure, il y a une dimension humaniste très distincte qui ressort des différentes intrigues développées par l'auteur à travers ce roman, dans les rapports humains, dans les questions que l'humanité se pose et ses réactions très variées face à cette vraisemblable fin du monde imminente, qui renforce d'ailleurs cet aspect réaliste de l'histoire.


Plusieurs thèmes sont abordés, amour filial, fraternel, amours/amitiés, enjeux politiques, mouvements religieux, etc., comme si la toile de fond science-fictive n'était qu'un prétexte à la mise en scène de tous ces éléments - j'avoue que pour ma part, j'ai préféré la toile de fond au reste qui m'a paru juste trop - trop de sujets explorés dans le détail, non pas qu'on s'y perd, c'est même très bien traité et les intrigues se fondent les unes dans les autres, certaines sont même touchantes, mais ce n'était pas ce qui m'intéressait dans cette histoire.

La toile de fond était heureusement formidablement bien exploitée sous toutes ses coutures, pour ça, on n'est pas vraiment en reste, même si j'attendais autre chose sur le développement.


Très bon roman SF dans l'ensemble, un des meilleurs que j'aie lus ces dernières années par rapport aux idées explorées. Il n'y a quasiment rien à redire, simplement on adhère ou non. Il semblerait qu'il y ait une suite d'ailleurs mais ce tome me suffit à lui seul, pas dit que je me précipite donc.


Repéré il y a deux ans comme un coup de cœur SF potentiel chez Denis (PAL-1 ).


Cette chronique de lecture est originellement parue le 26 mai dans Lecture sans frontières, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'A Girl from Earth.

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 23:08

Voici le quatorzième bilan de ce blog et du défi.

Le blog
91 articles (dont 3 en mai) ; 17 participants (13 filles et 4 gars) ; 16 liens
7 articles pour l'Afrique, 11 pour l'Amérique, 12 pour l'Asie (dont un divisé en 6 articles), 18 pour l'Europe (dont un hors-défi) et 10 pour l'Océanie (dont un divisé en 3 articles)
11 pages
381 visiteurs ont vu 1 325 pages et ont posté 14 commentaires ; 4 inscrits à la newsletter
Le premier mai est la journée record avec 646 pages vues (je ne sais pas ce qui s'est passé pour que ce jour-là voit pratiquement la moitié des pages du mois).

Le blog a été accepté dans une nouvelle communauté : Fantasy et science-fiction.

Provenances des visiteurs : 50 provenance directe, 3 % communauté plateforme, 4 % provenance externe, 43 % moteurs de recherche - Algérie, Allemagne, Angleterre, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Bénin, Bolivie, Botswana, Brésil, Bulgarie, Botswana, Burkina Faso, Cameroun, Canada, Chili, Chine, Colombie, Congo/Kinshasa, Corée du Sud, Côte d'Ivoire, Croatie, Cuba, Danemark, Djibouti, Égypte, Espagne, États-Unis, Finlande, France (dont Guadeloupe, Guyane Française, Martinique, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Réunion), Grèce, Haïti, Honduras, Hong Kong, Hongrie, Irlande, Israël, Italie, Japon, Liban, Luxembourg, Maroc, Maurice (île), Mauritanie, Moldavie, Monaco, Niger, Nigéria, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Pays-Bas, Pérou, Pologne, Porto Rico, Portugal, Roumanie, Russie, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovaquie, Suède, Suisse, Tchèque (République), Thaïlande, Tunisie, Turquie, Ukraine, Uruguay...

Le blogrank
Il navigue entre 33 et 58 (chute à 17 à la fin du mois...).

Les pays choisis
Afrique : 1. Nigéria - 2. Cameroun, Djibouti, Sénégal - 3. Afrique du Sud, Algérie, Congo/Brazzaville, Côte d'Ivoire
Amérique : 1. États-Unis - 2. Canada - 3. Argentine
Asie : 1. Japon - 2. Inde - 3. Corée du Sud
Europe : 1. Angleterre - 2. France - 3. Allemagne, Espagne
Océanie : 1. Australie - 2. Nouvelle-Zélande

Les auteurs les plus choisis
1. Haruki Murakami (Japon) par 6 participantes
2. Amos Tutuola (Nigéria) par 5 participants
3. Sara Douglass (Australie) par 4 participantes

Les titres les plus choisis
1. La trilogie d'Axis (Australie) par 4 participantes
2. L'école des chats (Corée du Sud) par 3 participantes
3. Le clan des Otori (Australie), Aux États-Unis d'Afrique (Djibouti), Ma vie dans la brousse des fantômes (Nigéria), La fin des temps (Japon), Kafka sur le rivage (Japon), Jennifer gouvernement (Australie) par 2 participants

(Pas de nouveau participant, pas de changement dans les choix).


Depuis le 1er mai, vous visitez le blog avec le nouveau design :

qu'en pensez-vous, est-ce qu'il vous plaît ?

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 16:54

LogoLand.jpgLogo land / Jennifer Government, de Max Barry
2003 en Australie (Penguin/Abacus)
2004 en Italie (Piemme) et en France (Calmann-Lévy)


Un jour. On ne sait pas quand.

En Europe. Il y a des lois, des gouvernements, des taxes [droit public].

Mais partout ailleurs c'est « États Unis », « America » : « Avec le mot America, on désigne le plus grand groupe de nations libres dans le monde. Dans les pays européens comme la France, les gens doivent payer des taxes et faire ce que veut le gouvernement. Ici, au contraire, on respecte le droit privé et chacun fait ce qu'il veut... L'État empêche que les gens volent ou se fassent du mal avec l'aide de compagnies privées qui sont beaucoup plus efficaces ».

Une jeune étudiante d'une école MacDonald dans les territoires australiens des États Unis.

Et bientôt, une étudiante tuée pour une « campagne publicitaire » un peu hard.

JenniferGovernment.jpgLe monde est tellement dominé par les grandes marques que personne n'a de nom : nous connaissons comme ça Healey MacDonald (comme le sponsor de son école), Hack Nike, John Nike, Bill Bechtel qui devient Billy NRA (car il ne travaille plus à Bechtel mais avec NRA), et Jennifer Government qui, naturellement travaille pour le gouvernement.

Dans ce monde-là, tout est permis aux Grandes Marques, campagnes publicitaires avec snippers, sabotages informatiques, attentats aux Présidents des pays, intrusion dans le Parlement... Mais Jennifer Government arrivera à vaincre l'ennemi (aussi personnel ?).

SF genre 1984 ou Fahrenheit 451, dans l'ensemble agréable, ça fait réfléchir mais c'est certainement plus faible  que les deux grands exemples.

[Une chronique de lecture de Gaspara]

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 00:03

JanuaVera.jpgKiwisLelf.pngJanua Vera, de Jean-Philippe Jaworski
Folio SF, février 2009, 488 pages, 8,20 €

8 nouvelles, 8 destinées. Au cœur du Vieux Royaume évoluent des personnalités bien différentes. Prêtre d'un vieux culte, barbare au combat, paysanne, assassin, copiste, chevalier ou roi, tous sont confrontés aux affres de la vie médiévale. Quand certains se trouvent mêlés à des intrigues politiques, d'autres tentent de survivre à de rudes combats ou courent après des chimères.


Un univers médiéval

 

Janua Vera, bien plus qu'un simple livre de fantasy, est un véritable volume historique. Ce monde moyenâgeux est décrit avec soin. Barbare et rude, loin des visions romantiques de certaines séries, il est d'une grande crédibilité. Les protagonistes souffrent, subissent le froid et la faim, vivent tranquillement, complotent ou plus simplement travaillent. L'aspect fantasy s'exprime de façon très légère, surtout au travers ce royaume inconnu, mais aussi par l'apparition de certaines formes de magie ou de créatures quelque peu différentes, qui s'intègrent discrètement aux nouvelles. Les textes se terminent par des chutes intelligentes et bien amenées, souvent lourdes de sens, parfois attendues mais sans pour autant provoquer la frustration, simplement peut-être parce qu'elles sont inévitables.


Des nouvelles un peu longues, servies par un style splendide

La difficulté principale du recueil vient de la longueur des nouvelles et du détail du texte qui nécessitent une bonne disponibilité de lecture pour bien entrer dans l'histoire (à ne pas lire deux pages par jour en somme). L'appel émotionnel ne fonctionne pas à tous les coups, mais quel bonheur de se retrouver à rire, pleurer ou angoisser devant ce livre lorsque Jaworski réussit à entraîner à sa suite !

 Le grand point fort du recueil réside dans la qualité du langage et la capacité de l'auteur à intégrer une multitude de détails et de vocabulaire précis sans alourdir son style. La plume de Jean-Philippe Jaworski est un vrai plaisir de maîtrise et d'ambiance. Elle rend vivant les personnages et donne réellement consistance aux décors, le lecteur arrivant à percevoir l'humidité, le froid ou le poids d'une arme à leur simple évocation. Un tour de force impressionnant qui permet au Vieux Royaume de se dessiner sans effort sous les yeux du lecteur, qui s'attachera sans souci à cet univers médiéval.


Petit détail par nouvelles

Janua Vera – Évoque un Roi-Dieu en proie à un cauchemar, s'apparentant à un mythe évoquant Gilgamesh. La chute est bien amenée, mais la nouvelle reste une des plus « faibles » du recueil.

Mauvaise donne – Permet de suivre un assassin de profession : Benvenuto. Ce texte, prélude au roman Gagner la guerre, présente un intérêt à la fois pour son côté « bas-fonds » dans la première partie, et dans la seconde pour le côté politique très intelligent et intéressant. La chute annonce le roman à la perfection.

Le service des dames – Fait penser aux romans de courtoisie grâce à ce chevalier joutant verbalement avec une châtelaine et un duel d'honneur. Il y a beaucoup de jeu de paroles, fiel derrière des mots de miel. Le paysage est particulièrement réussi ici. Et encore une belle chute.

Une offrande très précieuse – Décrit une bataille avec un héros pas très malin qui le sait, loin des clichés de fantasy. Le texte présente un aspect onirique en seconde partie, des longueurs au milieu, mais se révèle émouvant grâce à son héros. Le cœur se serre à l'évocation de son histoire.

Le conte de Suzelle – La nouvelle la plus émouvante suit le parcours d'une jolie fillette un peu rêveuse et attachante à qui le lecteur ne peut que souhaiter une belle vie. Il la verra grandir et passer les ans, jusqu'à la chute, poignante. Une nouvelle qui émeut et laisse au bord des larmes.

Jour de guigne – Dans un style purement pratchettien, Jaworski choisit le burlesque et le grotesque, arrivant à faire bien sourire pour une nouvelle bien décalée au ton léger appréciable. Maître Calame est un beau guignol, victime d'une malédiction.

Un amour dévorant – Une très longue nouvelle où des fantômes du passé hantent un bois pour le malheur de ceux qui les approchent de trop près. Sympa pour le décor et les anecdotes des habitants, un peu angoissante. Je l'ai moyennement appréciée, mais la lecture hachée n'aide pas ici.

Le confident – Un prêtre a choisi de s'enfermer dans le noir absolu et s'explique. Il est intéressant de voir son parcours et d'apprendre à connaître son culte. La chute m'a un peu laissée de marbre alors qu'elle se serait bien prêtée à quelque chose de poignant.

En résumé : un très bon recueil qui vaut surtout pour la qualité de l'écriture, mais aussi pour quelques beaux moments d'émotions. Une lecture parfois difficile à cause des longueurs, mais qui laisse une impression très positive.

Une lecture commune avec Le Cercle d'Atuan.  Chroniques des membres : El Jc, Olya, Vert, Tigger Lilly, Daenerys, Arutha, Ryuuchan.

CercleAtuan.jpg
Première lecture des défis Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents et Nouvelles sur les 5 continents pour l'Europe !

Nouvelles.jpg


Cette chronique de lecture est originellement parue le 8 mai dans Imaginelf, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Lelf.

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  • : Ce blog consacré au défi 'Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents', regroupe les notes de lecture des participants qui veulent partager leur amour des littératures de l'imaginaire (SF, anticipation, fantastique, fantasy, conte...).
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