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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 17:55

Crossfire.jpgCeci est ma dernière note de lecture pour le challenge Littérature de l'imaginaire sur les 5 continents. Celui-ci est maintenant terminé. Retrouvez toutes les chroniques sur la page dédiée.

Crossfire, de Miyuki Miyabe
Éditions Philippe Picquier, 2008, 568 pages, ISBN 2-8097-0045-9
Genre : Policier fantastique

L'auteur
Miyuki Miyabe est née en 1960 à Tokyo.
Elle devient un des auteurs phare de la littérature policière nippone en publiant Une carte pour l'enfer (titre original « Kasha » – 1992), roman le plus lu jusqu'à aujourd’hui de l'archipel. Celui-ci lui permet d'obtenir en 1993 l'équivalent du prix « Goncourt du policier ».
La même année paraît au Japon La librairie Tanabe, recueil de nouvelles narrant les aventures de M. Iwa et de son neveu, propriétaires d'une librairie et détectives amateurs.
Crossfire, quant à lui, est édité (au Japon) en 1998 puis ce fut Du sang sur la toile en 2001. Ces romans reposent tous sur les ingrédients : enquête classique, thriller psychologique, romance amoureuse sur fond de récit fantastique et de critique sociale.
Mais en 2004, la romancière décide d'élargir son horizon et sort la trilogie de Brave story relevant plus du genre fantasy. Celle-ci a d'ailleurs fait l'objet d'une adaptation en une série de 19 volumes par le dessinateur Yôichiro Ôno la même année et en film d'animation deux ans plus tard. (Source : site Nautiljon).

L'histoire
La jeune et jolie Aoki Junko possède un don extraordinaire, celui de déclencher le feu à volonté. Elle commence à utiliser son pouvoir pour rendre la justice et punir les criminels violents. Ses exécutions attirent l'attention des Anges Gardiens, une organisation de vigilance secrète qui voudrait l'enrôler. Et le service des incendies criminels de la police de Tôkyô se met à sa recherche.
Au fil de son enquête, l'inspecteur Ishizu Chikako, une femme patiente et déterminée, voit sa vision du monde bouleversée. Tandis que Junko, poursuivant ses raids fiévreux et brutaux sur Tokyo, se pose de plus en plus de questions sur le bien-fondé de sa croisade contre le mal...
(source : 4e de couverture)

Mon avis
Bien sûr, pour les fans de Stephen King comme moi, on ne peut lire ce roman sans penser à Charlie. D'ailleurs, la romancière y fait allusion par un « clin d'œil » lors d'un dialogue entre Ishizu Chikako et son adjoint :
« - Soit. Mais si par exemple, parce que ça me vexe de vous voir rire de moi, je vous fixe d'un regard hostile et que j'enflamme vos cheveux...
Il vira du rire à la franche colère :
- Arrêtez, on dirait un roman de Stephen King ! ».
Mais, si on retrouve ici le côté paranormal ainsi que les manigances pouvant atteindre les plus hautes instances, à travers l'organisation des Anges Gardiens, on est quand même loin de l'ambiance « thriller angoissant » des romans de ce dernier.
En fait, Crossfire est un policier de facture très classique, bien écrit et prenant mais où la part « fantastique »  n'est pas mise plus en avant que les autres thèmes du livre que sont la condition des femmes japonaises, le portrait sociologique du Japon contemporain ou encore le débat sur la peine de mort.
C'est, du reste,  ces derniers qui m'ont le plus interpellée dans cette histoire.
Connaissant très peu le Japon, j'ai découvert ici une société très codée, hiérarchisée ou la maîtrise de soi est une aptitude obligatoire... Mais, derrière cette « façade » se cache bien souvent une grande violence. Chez les « voyous », bien sûr, mais aussi chez les « justiciers » et jusque dans le quotidien bureaucratique de l'inspecteur Ishizu.
Rien que pour essayer de comprendre ce Japon-là, le livre vaut le détour.
Quant à l'intrigue, si elle ne m'a pas paru des plus originales (bon, c'est vrai qu'après tous les S. King, il est plus difficile de trouver une histoire de paranormal originale :D ), elle n'en est pas moins très intéressante et ce livre se dévore sans problème d'une traite.
En tout cas, j'ai apprécié de découvrir la littérature japonaise par un autre biais que les mangas même si ce genre me plaît aussi.
Il y a d'ailleurs, sur le même thème du « justicier » aux pouvoirs absolus qui cherche à éradiquer le mal et en devient une part importante, Light Yagami, le jeune héros de Death Note que j'ai beaucoup aimé.
Bonne lecture et à bientôt.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 4 avril 2011 dans Lucille a dit, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de LucilleAnne.

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Published by LucilleAnne - dans Asie
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commentaires

nicolas 30/05/2011 19:51



Bravo et félicitations. Ton univers est magique, virevoltant, avec des infos utiles et articles concis et parcutants. Les jaquettes donnent autant envie de se plonger dans un monde foisonnant où
l'imaginaire flirte avec la fantasy pour le meilleur. Bonne continuation, je reviendrai... Un échange de liens serait-il possible ?
http://nicolas.garcia.over-blog.com/



Catherine 01/06/2011 08:27



Bonjour Nicolas, t'adresses-tu à LucilleAnne (dans ce cas, il vaut mieux la contacter sur son blog) ? Ou à ce blog qui regroupe - depuis plus de 2 ans - les notes de lectures des participants au
défi Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents ?



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