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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 00:10
LifeGhosts.jpgMy life in the bush of ghosts (1954), d'Amos Tutuola (1920-1997)
Belfond, Littérature étrangère, décembre 1988                   
Réédition 10/18, 1993
ISBN 2-7144-2118-0
Traduction : Michèle Laforest
Ces deux éditions sont épuisées.
(Couverture française introuvable)

Porté au théâtre à Avignon, mis en scène par Guy Lenoir, avec Isaach de Bankolé.

Un album de Brian Eno et David Byrne paru en 1981 porte également ce titre.

Né à Abeokuta au Nigeria, son père, Charles, était fermier. Tutuola entend son premier conte en yoruba à l'âge de 7 ans. À la mort de son père en 1938, il doit quitter le Salvation Army primary school définitivement et s'occuper de l'exploitation familiale. La vie de fermier ne lui convient pas et, en 1940, il part pour Lagos où, durant la Seconde guerre mondiale, il travaillera pour la R.A.F. Le conflit terminé, il fera de nombreux petits boulots.


En 1946 paraît son premier livre The Palm-Wine Drinkard. Amos Tutuola, Nigérien, écrit dans un anglais proche de l'oral. En 1954 paraît My Life in the bush of ghosts, l'histoire d'un enfant de huit ans échappant à un raid de marchands d'esclaves pour se retrouver seul dans une brousse peuplée d'esprits et de fantômes, une brousse au cœur de la forêt tropicale, un lieu résistant aux assauts du « progrès ». Ainsi que resterait-il en nous de ce que nous sommes vraiment si comme cet enfant nous étions confrontés à des croyances que nous pensons extérieures, lointaines, oubliées peut-être ?

AmosTutuola1.JPGBien sûr ce livre remonte à plus d'un demi-siècle, une autre époque pour bien des gens, mais il nous permet de mettre entre parenthèse la réalité technologique de notre temps pour nous ramener à un âge où rêves et terreurs se mêlent et viennent d'un temps que nous croyons enfoui si profondément qu'il est destiné à rester inaccessible. Du point de vue du lecteur je dirais que le plaisir est d'autant plus grand de retrouver des émotions enfantines, spontanées, sans être puérile au sens benêt du terme, qu'il est possible de fermer le livre, lu pour le défi des Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents, pour le rouvrir plus tard.

Sympa d'épouser une fantôme (ça arrive dans la réalité !), d'être transformé en vache (no comment !), en tronc-chantant (à ne pas confondre avec un étron-chantant...), d'être enfermé dans une amphore et embarqué... Le lecteur, lui, est entraîné bien loin de son quotidien, et, franchement, ça fait du bien. Alors laissez-vous prendre par l'imaginaire, vous m'en remercierez, un peu, et serez redevable à Amos Tutuola de nous ouvrir à la culture yoruba. Passez de la Ville-sans-Nom à la Ville-sans-Espoir jusqu'à la Vallée de la Perte ou du Gain, qui sait ce que vous garderez de votre rencontre avec Superlady... Un seul regret, devoir lire, écouter serait tellement mieux !

AmosTutuola2.jpg
Raymond Queneau traduisit L'ivrogne dans la brousse en 1953, certains crurent qu'il en était l'auteur sous un pseudonyme. La littérature africaine, à l'époque, semblait improbable.

Le mot du jour
Célibataire : L'ajourné de la femme !

Cette chronique de lecture est originellement parue le 8 mars dans Lire au nid, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Lee Rony.

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Published by Lee Rony - dans Afrique
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commentaires

gaspara 11/03/2010 18:14


moi aussi j'avais choisi ce livre ( a vrai dire il y avait aussi l'autre titre avec) je l'ai empruntè a la bibliotheque, mais après 2 semaine de repos sur ma table je l'ai renvoyè se reposer la
bas
maintenant j'y vais re penser, peut etre :-)))


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  • : Ce blog consacré au défi 'Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents', regroupe les notes de lecture des participants qui veulent partager leur amour des littératures de l'imaginaire (SF, anticipation, fantastique, fantasy, conte...).
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